"Notre objectif est d’intervenir sur les fauteurs de troubles, pas sur les manifestants": les manifestations étudiantes ont mené à plusieurs arrestations à Mons et Charleroi

La police hennuyère a renforcé ses effectifs en ce début de semaine pour faire face à la mobilisation des élèves. C’est à Mons et Charleroi que ces jeunes ont été les plus mobilisés avec, dans la cité du Doudou, un cortège de plus de 300 étudiants qui ont défilé bruyamment, la plupart du temps sans incident. "On est peut-être des enfants mais on est aussi conscients que les adultes des enjeux des réformes", affirme Michaël devant l’Athénée Vauban à Charleroi.
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Objectif de la police : écarter les fauteurs de troubles
A Mons, le cortège de plus de 300 élèves a parcouru le centre-ville via les différentes écoles, au départ de St Luc, en passant par Jean d’Avesnes et les autres écoles du centre. Sauf que, parmi les élèves pacifiques, quelques groupes d’individus masqués ont mis le feu à des poubelles et à des trottinettes partagées. La police, dont le mot d’ordre est "d’encadrer plutôt que de sanctionner" a bien été obligée d’intervenir pour extraire les fauteurs de troubles du lot de manifestants. C’est ainsi que huit arrestations administratives ont eu lieu, dont quatre jeunes mineurs d’âge. Trois de ces incendies ont mené à un dossier judiciaire pour dégradation volontaire.
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"Notre objectif est d’éviter l’amalgame pour permettre à la manifestation de se dérouler calmement", explique Bruno Lheureux, chef de la police montoise. "On ne va pas aller chercher la petite jeune qui a pris son parlophone pour dire qu’ils ne sont pas contents. Ça, ils ont le droit". Madalena, devant l’athénée Vauban est sur la même longueur d’ondes : "Nous, on ne veut pas qu’il y ait des poubelles brûlées. On ne veut pas la guerre civile. Ça va décrédibiliser la cause. On n’est pas des casseurs, nous ! On est pacifistes. On est juste là pour dire qu’on n’est pas d’accord". Elle explique ses motivations devant l’athénée Vauban : "On se bat pour nos droits parce qu’on trouve que c’est totalement injuste. Ce sont les personnes les plus pauvres qui vont souffrir de ces réformes, comme la hausse du minerval, ou l’augmentation des abonnements de bus".
On ne veut pas la guerre civile. Ça va décrédibiliser la cause.
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Quand on est dans le réactif, c’est comme ça qu’on a des accidents
Reste que ce genre de manifestation, même pacifiste est plus compliqué à gérer pour les forces de l’ordre et les services de secours. "L’absence d’encadrement, d’organisateur, cela augmente les risques", raconte Bruno Lheureux, le chef de zone, qui explique avoir craint à un moment que les jeunes n’envahissent le ring de Mons, avec le danger que cela représente. "Quand on est dans le réactif, c’est comme ça qu’on a des accidents", analyse-t-il. Sans compter que ce genre de manifestation mobilise de nombreux effectifs policiers qui ont d’autres missions à effectuer. "Vers 11h30, on leur a expliqué qu’il était temps de mettre fin à l’action, que notre seuil de tolérance avait nettement baissé et qu’on n’allait pas pouvoir continuer comme ça jusque 15 heures", reconnaît Bruno Lheureux. Les manifestants se sont alors dispersés.
Différents incendies ont été répertoriés © Charlotte Legrand
Les batteries des trottinettes incendiées peuvent exploser
Le capitaine des pompiers de la zone Hainaut Centre Benoît Filippii mesure lui aussi le danger de ce type d’intervention. Et cela pour deux raisons principales. D’abord, si les pompiers sont amenés à intervenir sur plusieurs feux de poubelles simultanés, cela mobilise plusieurs autopompes, venues de différentes casernes de la zone, ce qui les rend indisponibles en cas d’important incendie ailleurs. Si un incendie se déclarait à La Louvière alors que l’autopompe est mobilisée sur un feu de poubelle à Mons, cela pourrait poser problème. Ensuite, il pointe le fait que les feux de trottinettes sont loin d’être anodins. "Cela peut être dangereux car les batteries, sous l’effet de la chaleur, montent très vite en température et peuvent exploser, projetant des débris tout autour. Il faut faire très attention aux feux de trottinette", rappelle le professionnel.
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