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Thursday, October 15, 2026

À 2 200 °C au retour, le bouclier d’Orion séparait les astronautes d’Artémis II de la désintégration. Il n’a eu que 9 zones abîmées, contre 103 lors d’Artémis I

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La NASA a publié son analyse détaillée du bouclier thermique d’Orion après la mission Artémis II. Elle y relève neuf zones de perte de matière, contre 103 après le vol inhabité d’Artémis I en 2022.

Voilà un formidable motif de satisfaction pour la NASA : le bouclier thermique de la capsule Orion a parfaitement joué son rôle, au moment de ramener sain et sauf les quatre astronautes de la mission Artémis II. Mieux que ça : cette protection ne s’est pas seulement comportée comme prévu, elle a aussi montré une bien meilleure résistance qu’avec Artémis I.

C’est le constat partagé par l’agence spatiale américaine, dans un bilan mis en ligne ce jeudi 15 octobre. Après analyse, la NASA a noté dix fois moins de fissures et d’arrachements de matière sur le bouclier utilisé lors du retour d’Artémis II en avril 2026, par rapport à la mission précédente organisée en 2022, et qui n’avait aucun équipage.

C’est heureux : pour les quatre astronautes qui ont fait le tour de la Lune (les trois Américains Reid Wiseman, Victor Glover et Christina Koch, ainsi que le Canadien Jeremy Hansen), cette demi-sphère était l’unique protection contre la chaleur infernale de la rentrée atmosphérique. Sans cette pièce critique, la capsule se serait désintégrée.

Source : Montage Numerama
Le retour d’Artémis II. // Source : Montage Numerama

Pourquoi une telle attention portée sur ce bouclier thermique ? Parce qu’à la suite d’Artémis I, les ingénieurs avaient retrouvé un bouclier criblé de cavités. La surface est faite en avcoat, un matériau hérité des capsules Apollo et dit ablatif, c’est-à-dire conçu pour se consumer lentement et emporter la chaleur avec lui.

Le problème, c’est que des morceaux entiers s’étaient détachés pendant la rentrée vers la Terre. En décembre 2024, la NASA a finalement identifié la cause : l’avcoat n’était pas assez perméable, et les gaz produits pendant la chauffe restaient piégés à l’intérieur jusqu’à faire sauter la couche carbonisée.

Il y avait cependant un souci de taille : le bouclier d’Artémis, fait avec le même matériau, était déjà fabriqué et fixé sur la capsule. Pas le temps d’en créer un nouveau, sauf à accepter un remplacement qui aurait forcément retardé Artémis II (on parle d’un décalage de dix-huit mois au minimum). Dès lors, la NASA a préféré jouer sur un autre paramètre.

Elle a modifié la trajectoire de la capsule durant son retour sur Terre. Orion a parcouru une distance plus courte entre son entrée et son amerrissage dans le Pacifique, avec un « rebond » bien moins marqué qu’en 2022. L’objectif était de limiter le temps passé dans la plage de température où les dégâts d’Artémis I étaient apparus.

bouclier thermique orion artémis
Le bouclier, en vue sous-marine. // Source : US Navy

Neuf zones abîmées au lieu de 103

Le pari a payé. Lors de la rentrée du 10 avril, Orion a atteint 39 fois la vitesse du son et encaissé plus de 2 200 °C à l’extérieur. Dans la cabine, la température est restée autour de 24 °C. Le bouclier compte 186 blocs d’avcoat. Les ingénieurs n’y ont relevé que neuf zones de perte de matière, de tailles variables, contre 103 après Artémis I !

Le reste de la capsule a lui aussi tenu. La coque arrière, couverte de 1 300 tuiles en céramique, ne montre aucun signe de surchauffe, y compris autour des hublots et de l’écoutille. La trajectoire, enfin, a été suivie de près : Orion est entrée dans l’atmosphère à moins de 60 mètres du point visé et a amerri à moins d’un kilomètre de la zone prévue, au large de San Diego.

Il s’agit cependant d’un bilan d’étape. Les ingénieurs comparent encore les scans laser réalisés après le vol aux mesures prises avant le départ, pour chiffrer l’épaisseur de matériau consumée. Des prélèvements d’échantillons commencés en août se poursuivent. On le comprend : une marque blanche vue sur le bouclier avait relancé les doutes lors de l’amerrissage.

Malgré la bonne tenue du bouclier thermique d’Artémis II, la NASA a prévu des ajustements pour Artémis III. La capsule Orion sera protégée par des blocs d’avcoat modifiés pour être plus uniformes et plus perméables et ainsi moins sujets à des arrachements soudains de matière. Il a été fixé sur la capsule début juillet au centre Kennedy, en Floride.

La mission Artémis III est prévue en 2027, et aura lieu en orbite basse. Randy Bresnik, Frank Rubio, Andre Douglas et l’Européen Luca Parmitano y testeront des rendez-vous avec des prototypes d’atterrisseurs de Blue Origin et de SpaceX. Quant au premier alunissage, il est prévu avec Artémis IV en 2028, sauf report de calendrier.

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