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Saturday, October 3, 2026

Au Brésil, l'influence du crime organisé sur l'élection présidentielle dans les favelas de Rio

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Au Brésil, les électeurs sont appelés aux urnes dimanche pour le premier tour de la présidentielle qui oppose notamment le sortant Lula à Flavio Bolsonaro, fils de l'ex-président d'extrême droite. Une élection sous l'influence du crime organisé, entre candidats en lien avec des groupes mafieux ou criminels, achats de votes, ou encore pressions sur les électeurs, comme dans les favelas de Rio de Janeiro.

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Avec notre correspondante à Rio de Janeiro, Sarah Cozzolino

Dans la favela de Maré, Matheus Euzebio a déjà été abordé par plusieurs groupes, de gauche comme de droite. Député régional, sénateur, gouverneur… Ils lui donnent une liste de candidats pour qui voter. « On doit remplir un formulaire en donnant notre nom, nos numéros d’identité, de carte électorale, notre bureau de vote… Je ne sais pas vraiment pourquoi ils demandent tout ça », glisse l'habitant du quartier.

Matheus affirme que certains prouvent leur vote en prenant une photo ou vidéo face à l’urne électronique. Si lui continue de voter dans sa favela, beaucoup de bureaux de vote ont été déplacés cette année pour éviter les pressions sur les habitants. Dans la favela de la Cité de Dieu, Caia Mendes observe le même phénomène : « Une fois qu’ils ont voté, les habitants reçoivent une bombonne de gaz, ou un panier alimentaire, 100 reais… Ça dépend de la négociation qui a été faite. »

Professeure en sciences politiques, Thais Alves remarque que les élections sont aussi un moyen pour les milices, ces organisations mafieuses liées à d'anciens militaires ou agents des forces de l'ordre reconvertis dans la sécurité privée, d’entrer en politique. « Il y a des candidats qui font campagne dans des territoires dominés par des milices, explique l'universitaire. Ils ont souvent des liens proches avec des dirigeants d’organisations criminelles. » Même si les habitants des territoires connaissent ces liens, ils sont difficiles à prouver et à dénoncer aux autorités.

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