La sucrerie de Fontenoy (Antoing) produit 20% de son gaz elle-même à partir de la pulpe de betteraves

Vous allez commencer à croiser des camions de betteraves sur les routes. La "campagne sucrière", comme on l’appelle, vient de commencer. Trois mois de récolte pour fabriquer du sucre.
Dans les sucreries, comme beaucoup d’autres secteurs d’activité, les entreprises avancent vers la décarbonation, la réduction progressive des énergies fossiles.
A Antoing, la sucrerie Iscal Sugar produit désormais 20% de l’énergie qu’elle utilise à partir de biogaz. Et cela, grâce à un produit disponible sur place : la pulpe des betteraves elles-mêmes.
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Les betteraves défilent sur la bande de transport. 500 camions par jour, 1.200.000 tonnes en 3 mois et demi.

Guillaume Iweins, directeur agronomique de la sucrerie de Fontenoy. "C’est un moment très important pour nous. C’est le début de la campagne betteravière". Elles vont être transformées en sucre dans les heures qui viennent. Une opération très énergivore. "Ça demande énormément d’énergie parce qu’une betterave, c’est essentiellement de l’eau. Donc il faut extraire cette eau". Ce qui reste après ce processus, c’est de la pulpe. Elle est vendue aux éleveurs comme alimentation pour le bétail. Mais désormais, une partie est utilisée autrement. "Il y a une petite partie qu’on garde ici en interne pour nos digesteurs pour produire du biogaz", explique le directeur agronomique.
Dans de grandes cuves circulaires, la pulpe de betterave, en se décomposant, produit du méthane. 20% de l’énergie de la sucrerie est désormais issue de ce procédé.

Lucas Contino, le directeur financier y voit aussi une opération rentable : "Tout ce qu’on peut produire en interne est toujours ça de pris, vu sur tous les prix d’énergie pour l’instant sur le marché", précise-t-il. "On va réduire notre consommation de gaz et en plus de ça, on produit en interne pour vraiment essayer d’optimiser cette consommation de gaz".
Le groupe Iscal a déjà investi dans trois digesteurs et compte en installer trois autres. Près de 15 millions investis pour la décarbonation. C’est l’équivalent par an de 30 millions de kilomètres en voiture. Et ce procédé permet aussi à la sucrerie de faire des économies d’énergie à hauteur de 2 millions d’euros par an.
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