Turquie: Fatma Betül Sayan Kaya, ex-ministre du parti au pouvoir, démissionne après un scandale financier

Une ex-ministre turque et cadre dirigeante de l’AKP, le parti du président Recep Tayyip Erdoğan, a démissionné après avoir été mise en cause dans un scandale financier. Cette affaire, liée à des fonds d’investissement représentant quelque 17 milliards de dollars, aurait touché près d’un demi-million d’investisseurs. Son impact ne cesse de s’étendre, malgré les mesures prises par le gouvernement pour tenter de calmer les marchés.
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C’est la première conséquence politique d’un immense scandale financier qui secoue la Turquie depuis deux semaines. Fatma Betül Sayan Kaya, ancienne ministre de Recep Tayyip Erdogan, est accusée d’avoir gagné 1,3 milliard de livres, soit environ 23 millions d’euros, grâce à des opérations boursières effectuées juste avant que la crise n’éclate. Mise en cause par l’opposition, elle a démissionné de son poste de vice-présidente du parti présidentiel, l’AKP, rapporte notre correspondante à Ankara, Anne Andlauer.
La crise a débuté quand l'Autorité des marchés de capitaux de Turquie (SPK) a publié, le 28 août, des directives ordonnant aux fonds d'investissement de ne plus placer leurs actifs sur une seule action et de diversifier leurs placements. Pour s'y conformer, ils ont commencé à vendre des actions et les investisseurs à se retirer. Certains fonds ont alors déclaré n'être pas en mesure de liquider leurs actifs assez rapidement.
L’autorité de régulation des marchés a ordonné la liquidation de 131 fonds impliqués dans le scandale, dont les actifs seraient évalués à environ 15 milliards d'euros. Le gouvernement a depuis promis de retrouver les sommes englouties et de rembourser les 455 000 petits épargnants lésés. L’enquête a déjà conduit à la détention d’une cinquantaine de personnes.
Délits d'initiés
L’affaire est désormais politique : l’opposition accuse des personnalités proches du pouvoir d’avoir profité d’informations privilégiées et revendu leurs actions avant que la crise ne devienne publique. En clair, d’avoir commis des délits d’initiés. La démission de cette ancienne ministre met donc le pouvoir turc encore davantage sous pression.
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