MediaTek dévoile la puce la plus fine jamais produite, juste avant Qualcomm

MediaTek dégaine la première puce pour smartphone gravée en 2 nanomètres, une semaine avant le grand raout de Qualcomm. Au programme : de l’autonomie récupérée et une IA format XXL qui se passe du cloud.
Le calendrier des puces mobiles ressemble chaque année à une rentrée des classes : MediaTek ouvre le bal en septembre, Qualcomm réplique dans la foulée, et les constructeurs chinois s’arrachent les premiers exemplaires avant Noël. L’édition 2026 respecte la tradition, avec une nuance de taille.
Officialisé le 15 septembre, le Dimensity 9600 Pro devient la première puce pour smartphone (hors Apple) annoncée en gravure 2 nanomètres, produite par le fondeur taïwanais TSMC. Les premiers téléphones équipés sont attendus d’ici la fin du trimestre.
Qualcomm attendu au tournant, MediaTek tire le premier
L’agenda donne du sel à l’annonce : Qualcomm tient son sommet annuel du 22 au 24 septembre, où le Snapdragon 8 Elite Gen 6 doit prendre la relève en haut de gamme. En dévoilant sa puce une semaine avant, MediaTek s’offre le titre symbolique de premier arrivé sur le 2 nanomètre et laisse son rival jouer les seconds.
Sous le capot, huit cœurs répartis en trois étages, dont deux C2-Ultra cadencés à 4,55 GHz, pour des gains annoncés de 17 % en monocœur et 15 % en multicœur. Le chiffre le plus parlant se cache pourtant ailleurs : à performances comparables, la consommation multicœur fondrait de 61 %. Cette ligne pèse plus lourd qu’un record de puissance, car elle se convertit en heures d’autonomie plutôt qu’en points dans les classements.
Le passage au 2 nanomètre agit comme un déménagement dans un appartement mieux isolé : la même vie quotidienne, avec une facture de chauffage allégée. Les joueurs récupèrent au passage un processeur graphique crédité de 27 % de performances supplémentaires et d’un plafond à 185 images par seconde (de quoi voir venir, même sur les écrans les plus véloces).
Une IA de 30 milliards de paramètres dans la poche, pour quoi faire ?
Le morceau de bravoure se joue côté intelligence artificielle. La puce embarque deux unités de calcul dédiées et un moteur conçu pour les agents, ces assistants qui enchaînent les tâches sans supervision humaine. Au-delà de surfer sur la vague des agents IA dont on entend parler sans cesse depuis le début de l’année, MediaTek promet l’exécution locale de modèles allant jusqu’à 30 milliards de paramètres, une catégorie qui réclamait hier encore un PC bien garni ou un serveur distant.
Un assistant de ce calibre tournerait donc dans votre poche sans expédier vos données vers le cloud, sans abonnement et sans connexion (les adeptes du mode avion apprécieront). La mémoire suit le mouvement, avec la prise en charge des standards LPDDR6 et UFS 5.0, encore absents des téléphones actuels. Une déclinaison assagie, le Dimensity 9600M, accompagne l’annonce pour irriguer le haut de gamme plus abordable.
Ces chiffres restent des promesses de constructeur, mesurées face à la génération précédente et invérifiables avant les premiers tests. L’autre inconnue concerne directement le lecteur français : MediaTek n’a cité aucun client, et les fleurons Dimensity équipent d’abord des marques chinoises qui les réservent souvent à leur marché domestique. La fiche technique fait rêver, encore faut-il pouvoir la glisser dans sa poche.
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