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Wednesday, October 28, 2026

Hope : la scène d'action la plus époustouflante de l'année est dans ce film de science-fiction présenté à Cannes

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Dix ans après "The Strangers", Na Hong-jin revient dans les salles et confirme son statut de prodige du cinéma coréen avec "Hope", film de science-fiction dont la première heure est un déluge d'action qu'il sera difficile de surpasser en 2026.

Ça parle de quoi ?

Les renforts sont partis maîtriser des feux de forêt et toutes les communications sont coupées. Au poste de police de Hope, Bum-seok et Sung-ae se démènent pour défendre leur village à la population vieillissante. Pendant ce temps, Sung-ki et ses amis partent à la poursuite de la bête dans la montagne mais se retrouvent eux-mêmes pris pour cible. Le malheur émane de l’ignorance. Après des avis divergents, il se transforme en une catastrophe qui touche l’univers entier.

Hope, Hope, Hope ? Hourra !

Dix ans d'absence, c'est extrêmement long pour un cinéaste de la trempe de Na Hong-jin qui, en l'espace de trois longs métrages (The Chaser, The Murderer et The Strangers), s'était imposé comme l'un des grands noms du cinéma coréen doublé d'un maître de la tension jamais avare d'une surprise pour les spectateurs, à qui il a indéniablement manqué pendant cette décennie au cours de laquelle Bong Joon-ho a remporté une Palme d'Or et un Oscar avec Parasite, et Park Chan-wook a navigué entre petit (Little Drummer Girl, The Sympatizer) et grand écran (Decision to Leave, Aucun autre choix).

À chaque début de printemps, lorsqu'approchait l'annonce de la sélection du Festival de Cannes, la rumeur de son grand retour aux affaires bruissait. Car son quatrième long métrage, dont on ne connaissait alors que le titre synonyme d'espoir pour les cinéphiles du monde entier, s'était tourné entre juillet 2023 et mars 2024, et sa place sur la Croisette était toute indiquée, Na Hong-jin y ayant présenté tous ses films jusqu'ici. Il aurait fallu patienter jusqu'en 2026, et quelques mois supplémentaires pour celles et ceux qui vont le découvrir en salles, mais c'est peu dire que l'attente est récompensée.

Et Na Hong-jin ne perd pas son temps pour nous rappeler, si besoin était, pourquoi on aime autant son cinéma. Car il nous embarque immédiatement pour ce qui s'impose sans mal comme la scène d'action la plus folle de cette année cinéma 2026 : une séquence d'une heure, qui allie spectacle, horreur et science-fiction, avec un brin de mystère et une gestion redoutable du hors-champ, ou encore l'introduction d'un personnage (la policière jouée par Jung Ho-yeon, vue dans Squid Game) qui compte parmi ce que l'on a vu de plus cool dernièrement.

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Un mélange des genres à l'image du cinéma coréen, qui semble même jouer avec les codes de blockbusters hollywoodiens avec lesquels il rivalise sans mal, à tel point que beaucoup, pendant le dernier Festival de Cannes où il était présenté en Compétition, ont vu en lui un candidat évident pour le Prix de la Mise en Scène, finalement remis à La Bola Negra et Fatherland, pendant qu'Hope repartait bredouille. Une petite injustice pour un opus légèrement remonté depuis (mais les changements sont mineurs), l'un des plus enthousiasmants vus cette année au cinéma, et qui a d'ores et déjà marqué l'Histoire de son pays.

"C'est bien le film le plus cher de l'Histoire du cinéma coréen [sa production aurait coûté entre 70 et 100 millions de wons, soit 46 à 75 millions de dollars, ndlr]", nous confirmait Na Hong-jin, à quelques heures de la séance officielle de Hope. "C'est la compagnie Plus M qui l'a financé, mais il n'a pas été facile d'en arriver là, donc je n'en suis que plus reconnaissant que le film existe". Et nous donc ! Mais ces difficultés peuvent se comprendre, tant Hope ne ressemble pas au tout-venant des projets et que, malgré la réputation de Na Hong-jin, sa manière de mélanger les genres et tons peut aussi bien être la force que la faiblesse d'un résultat, trop indescriptible pour le grand public.

"C'est le film le plus cher de l'Histoire du cinéma coréen"

Ce n'est heureusement pas le cas, car sa manière de prendre, régulièrement, des virages à 180 degrés, fait partie du plaisir que l'on éprouve en tant que spectateur. Pendant la première heure, ou la dernière, elles aussi complètement folle, ou face à cette fin totalement inattendue, qui accentue l'ampleur de ce que nous venons de voir, alors qu'on se demande comment un tel projet a pu naître : "Tout était dans ma tête", répond le réalisateur en riant. "Je plaisante, mais j'ai poussé un peu plus loin la réflexion entamée avec The Strangers, autour des raisons qui expliqueraient tout ce qu'il se passe dans le monde actuellement. Mais je ne me suis pas arrêté à la Terre, j'ai élargi jusqu'à l'univers, et c'est ce qui a fait naître Hope."

"S'il a fallu dix ans pour que le film voie le jour, les tensions entre les Corée du Nord et du Sud ou encore le Covid n'ont pas eu d'impact sur le film et ma vision du monde qu'il illustre. J'ai davantage été influencé par les guerres que l'on connaît aujourd'hui, et la situation politique de mon pays à l'époque [et notamment le scandale de corruption entourant la présidente Park Geun-hye, contrainte de démissionner en décembre 2016, ndlr]." Moins virulent et satirique que ses compatriotes Bong Joon-ho et Park Chan-wook (Président du Jury à Cannes cette année), Na Hong-jin rappelle lui aussi la force de la Corée lorsqu'il s'agit de mêler cinéma de genre et regard sur la société.

Le tout, ici, en nous offrant un long métrage dont certaines images vont nous rester en tête pendant un bout de temps, ainsi qu'une bonne dose d'adrénaline et, encore une fois, ce qui devrait rester comme l'un des sommets de l'action de 2026.

Propos recueillis par Maximilien Pierrette à Cannes le 17 mai 2026

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