Agent de la SQ accusé d’agression sexuelle | « Est-ce que je suis dans ton top 3 ? », aurait dit le policier après l’agression

(Saint-Jérôme) Marie-Ève* est furieuse. Son ami policier vient de l’agresser sexuellement, alors qu’elle a vomi toute la nuit. Et le matin, il lui lance : « Est-ce que je suis dans ton top 3 ? ». « Ça m’a tellement fait… chier qu’il ose poser cette question », lâche-t-elle, la voix cassée par l’émotion.
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Le procès du policier Maxime Denis s’est ouvert mardi au palais de justice de Saint-Jérôme avec le témoignage de la plaignante, dont l’identité est protégée. L’agent de la Sûreté du Québec de 27 ans est accusé d’avoir agressé sexuellement Marie-Ève, en novembre 2022.
C’est le Bureau des enquêtes indépendantes (BEI) qui a mené l’enquête. Un autre policier, le sergent Louis‐Philippe Tessier, est lui aussi accusé d’avoir agressé sexuellement Marie-Ève, à une autre occasion.
En 2022, Maxime Denis est policier au poste de la MRC de Montcalm, à Saint-Lin – Laurentides, dans Lanaudière. Il côtoie Marie-Ève, puisqu’ils ont des amis en commun. Ils développent une relation « purement amicale », selon Marie-Ève. Néanmoins, elle est très claire avec lui qu’il « n’arrivera jamais rien entre nous ».
Mais entre avril et octobre 2022, Maxime Denis tente à deux reprises de l’embrasser. La seconde fois, Marie-Ève éclate. « Tu ne comprends rien ! Ça fait plusieurs fois qu’on a la discussion. Je ne veux pas coucher avec toi ! Qu’est-ce que tu ne comprends pas là-dedans ? », lui lance-t-elle, furieuse.
Le mois suivant, Marie-Ève ne va pas bien. Pour lui « changer les idées », Maxime Denis lui propose d’aller prendre un verre avec des amis. Il s’engage à venir la chercher, à la reconduire et à repartir chez lui. Marie-Ève le fait répéter plusieurs fois pour s’en assurer.
« Ok, il a peut-être vraiment changé », se dit-elle.
PHOTO MARCO CAMPANOZZI, LA PRESSE
Maxime Denis
Un jeu de shooters
Au bar, il n’y a pas de « flirt », assure Marie-Ève. Quand leurs amis arrivent, ils jouent à un jeu alcoolisé. Ça dérape rapidement. Marie-Ève enfile de 7 à 8 shooters d’alcool fort, en plus de deux cocktails.
Marie-Ève se met à vomir sans cesse. Elle se retrouve dans un Uber avec Maxime Denis. À un moment, la voiture doit s’arrêter pour permettre à Marie-Ève de vomir.
Dans son appartement, Marie-Ève vomit dans la toilette et s’effondre sur la céramique. Elle se réveille nue dans la douche. « Ça va ? Viens-tu te coucher ? », lui lance l’accusé.
Marie-Ève n’en revient pas. Maxime Denis veut dormir dans son lit, avec elle.
« Je viens de vomir pendant toute la fin de soirée, je me suis réveillée en black-out total dans la douche, j’ai envie de vomir encore, ça tourne, je suis hyper fatiguée. Et je le vois, j’ai énormément de colère, car ce n’était pas l’entente conclue », raconte-t-elle.
Marie-Ève se réveille. Elle sent qu’on lui flatte les seins et l’intérieur de la cuisse. « Qu’est-ce que tu fais ? », lance-t-elle. « Inquiète-toi pas. Rendors-toi », lui répond Maxime Denis, collé en « cuillère » contre elle.
« J’ai encore très mal au cœur, ça tourne encore énormément. Si je bouge trop vite, j’ai envie de vomir. Je suis fatiguée, je veux juste qu’il me lâche pour me recoucher. […] Je lui répète : “Laisse-moi tranquille, moi je dors” », raconte-t-elle.
Quand Marie-Ève se réveille, Maxime Denis est sur elle, en train de la pénétrer. Elle a très mal. Il tente de la positionner au-dessus de lui. « Je dis : “Max, je vais te vomir dessus” », se souvient-elle.
Le lendemain matin, Maxime Denis lui demande s’il fait partie de son « top 3 ».
Une vraie claque pour Marie-Ève.
« Après toutes les fois que je lui ai dit que je ne voulais pas coucher avec lui, que je n’étais pas intéressée, qu’il avait promis de me ramener chez nous, que c’était une soirée pour moi, parce que je n’allais pas bien, et qu’il me demande ça… », poursuit-elle d’un trait.
Pour que ça « finisse », elle répond à l’affirmative.
Aucun consentement, selon la plaignante
Marie-Ève insiste : elle n’a « absolument pas » consenti à cette relation sexuelle. « C’est impensable qu’il ait pu penser que j’étais en moyen de consentir », affirme-t-elle.
En contre-interrogatoire, l’avocat de la défense, Me Alexande Paradis, a beaucoup interrogé la plaignante sur son attirance envers Maxime Denis.
Oui, elle lui disait parfois qu’il était « beau ». Or, elle n’était pas attirée par lui, car il « couchait avec tout le monde et était plus jeune », résume-t-elle. De plus, elle cherchait une relation « stable », alors que Maxime Denis était réputé pour son « tableau de chasse ».
Me Marc-Antoine Bordeleau représente le ministère public. Le procès se poursuit mercredi devant le juge Frédéric Bénard.
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