Bollywood HungamaSamay Raina, Medha Shankr BREAK silence on December 2026 wedding reports; comedian quips, “Sorry, will have to postpone”CNN TürkRangers, derbide Celtic'i mağlup ettiInquirerCalabarzon cops on full alert for martial law protestsESPNTransfer rumors, news: Liverpool and Man City are interested in Real Sociedad's AramburuPunchEPL: Neville slams Man United’s performance after Fulham drawInquirer EntertainmentWATCH: BINI Mikha stars in Inigo Pascual’s music video for new single한겨레검찰, 중국인 유학생 살해한 정창성 구속기소UOLPrefeitura do Rio vai desapropriar casarão após desabamento no Cosme Velho20 MinutenRussland-Affäre: Neue Untersuchung entlastet NachrichtendienstХабрFinal должен быть finalSouth China Morning PostHong Kong Ballet to move to city’s first dedicated dance venue in 2027سكاي نيوز عربيةالرئيس الصيني يزور أميركا من 23 إلى 25 سبتمبر
The Daily Newsstand · Free, Always
Monday, September 21, 2026

Forbidden Stories: une enquête révèle la mécanique mise en place par les États-Unis pour expulser en masse

Translate

Du Mexique à l’Eswatini en passant par le Panama, plus de 25 000 migrants ont été renvoyés par les États-Unis, non pas vers leurs pays d’origine, mais vers des pays tiers. RFI a participé avec 25 autres médias à une enquête coordonnée par Forbidden Stories intitulée « The Deportation Project : Révélations sur les expulsions de masse de l'administration Trump ».

Publié le :

5 min Temps de lecture

En Iran, Arsaalan Saleh Fard avait senti l’étau de la répression se resserrer autour de lui. Dans la foulée des manifestations qui avaient suivi la mort de Mahsa Amini en 2022 après son arrestation pour un voile non conforme, le jeune homme avait partagé en ligne des slogans, des textes de résistance. Il s’était aussi converti au christianisme.

Depuis peu, il se savait visé par un mandat d’arrêt. Il a donc fui son pays, espérant trouver refuge aux États-Unis. En février 2025, après un long périple depuis le Venezuela, le jeune homme franchit la frontière mexicaine près de San Diego et se livre aux autorités américaines pour demander l’asile. Il est immédiatement placé en détention.

Une dizaine de jours plus tard, Arsaalan Saleh Fard est embarqué sur un vol vers un pays qu’il ne connaît pas. Le jeune homme, 25 ans aujourd’hui, fait partie des 299 migrants expulsés vers le Panama par les États-Unis en trois vols organisés quelques semaines après l’investiture de Donald Trump en janvier 2025. Aucun n’était panaméen et aucun n’avait de lien avec ce petit pays d’Amérique centrale.

Ce témoignage a été recueilli par le Washington Post dans le cadre d’une enquête coordonnée par Forbidden Story et intitulée « The Deportation Project : Révélations sur les expulsions de masse de l'administration Trump », à laquelle RFI a participé.  

Ces transferts vers le Panama vont constituer l’une des premières manifestations massives de la nouvelle stratégie migratoire déployée par le second gouvernement de Donald Trump : expulser des migrants des États-Unis non seulement vers leur pays d’origine, mais aussi vers des pays dits « tiers ». Entre le 20 janvier 2025 et le 31 août 2026, au moins 25 447 ressortissants ont été renvoyés des États-Unis vers 28 pays tiers, selon les données vérifiées par Forbidden Stories.

Pour afficher ce contenu , il est nécessaire d'autoriser les cookies de mesure d'audience et de publicité.

Au moins 105 vols ont pu être identifiés sur cette période. Mais le décompte reste forcément incomplet : plusieurs États, comme l’Équateur par exemple, reçoivent régulièrement des avions d’expulsion de leurs propres ressortissants, ce qui rend difficile l’identification de quelques passagers d’autres nationalités mêlées à ces vols. Par ailleurs, pour le Mexique, qui a accueilli l’essentiel de ces expulsés, les transferts se font surtout par bus, ce qui les rend plus difficile à documenter.

A travers une série de reportages, RFI a enquêté plus spécifiquement sur la façon dont ce système a pu être mis en place jusque sur le continent africain et sur le deal secret signé par les États-Unis avec le Salvador.

Des accords négociés

Au cours de sa seconde campagne présidentielle, Donald Trump avait promis « la plus grande opération d’expulsion de l’histoire américaine ». Son administration s’était fixé l’objectif d’atteindre jusqu’à un million de renvois en un an. Cette stratégie des pays tiers est l’un des instruments dans cette politique d’expulsion massive.

En février 2025, ICE demande à ses agents d’examiner plus systématiquement les possibilités de renvoi vers des pays tiers pour les personnes ne pouvant pas être expulsées vers leur État d’origine, en raison des risques.

En parallèle, le département d’État, auparavant chargé d’aider à l’installation des réfugiés aux États-Unis, se réorganise et se dote d’un « Office of Remigration », qui va notamment s’occuper de négocier des accords - plus ou moins secrets - avec des gouvernements étrangers, à coup d’incitations financières et de pressions politiques. De l’Amérique latine à l’Afrique, en passant par les Caraïbes, l’administration Trump s’est constituée en moins de deux ans un réseau de pays acceptant de recevoir des personnes expulsées non-ressortissantes. Selon des documents internes consultés par le Washington Post, au moins 410 millions de dollars ont été mobilisés pour faciliter ces accords.

Des procédures d'expulsion jugées illégales

Si l’essentiel des transferts s’est concentré sur le Mexique qui en a accueilli environ 20 000, certains migrants se sont retrouvés dans d’autres pays d’Amérique latine, en Afrique, voire dans de toutes petites îles des Caraïbes. Le Guatemala en a reçu 2 981. En Afrique, 34 personnes, dont des Vietnamiens et des Laotiens, se sont retrouvées incarcérées dans la petite monarchie de l’Eswatini par exemple, ou 63 en Guinée équatoriale, dont des Cubains et des Brésiliens. Dans certains États des Caraïbes, les transferts se comptent même sur les doigts des mains : Sainte-Lucie a ainsi accueilli un premier groupe de six personnes de cinq nationalités différentes (Cuba, Kirghizstan, Papouasie-Nouvelle-Guinée, Jordanie et Indonésie). 

Au 31 août dernier, 28 États avaient déjà effectivement accueilli des personnes de pays tiers, mais au moins 35 ont conclu des accords avec les États-Unis. Le réseau continue depuis de s’étendre : le Guyana a ainsi accueilli, le 4 septembre, pour la première fois, six ressortissants cubains et afghans. Dans cet écosystème, le Mexique est un cas à part : aucun accord formel n’a été rendu public, mais une entente fonctionne dans les faits.

Cette politique vient toutefois de subir un sérieux revers judiciaire : le 18 septembre, une cour d'appel a confirmé l'annulation des directives encadrant ces expulsions, estimant qu'elles ne garantissaient pas aux personnes concernées un préavis suffisant ni la possibilité de contester leur transfert si elles craignent d'être persécutées par leur pays de destination. L'administration Trump pourrait encore saisir la Cour suprême. 

En attendant, après 18 mois à survivre tant bien que mal au Panama, sans aides, dans les limbes d’un pays où il n’a pas le droit de travailler, sans parler espagnol, Arsaalan Saleh Fard a fini par repartir, direction cette fois le Mexique.

View the original on RFI

KioskNews shows a cleaned-up reading view extracted from the publisher’s page — the original always lives on their site, not ours.