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Tuesday, September 22, 2026

Accès à un GMF : des milliers de patients inscrits sans être vus

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Pour Tania Lamoureux, qui développait un cancer sans le savoir, le manque d'accès à la première ligne a bien failli lui coûter la vie.

Depuis trois ans, à plusieurs reprises, j'ai tenté d'obtenir un rendez-vous. Je n'en ai jamais été capable, explique celle qui était pourtant prise en charge collectivement par un GMF.

Après avoir tenté sa chance au privé, elle réussit finalement à convaincre un gastro-entérologue au public de la voir, même si elle n’a pas pu obtenir une ordonnance d’un médecin de famille.

Mme Lamoureux n’est pas la seule à avoir erré dans les dédales du système de santé. Selon des données de la RAMQ, 44 % des rendez-vous accordés aux patients inscrits collectivement l’ont été dans une autre clinique que la leur.

C’est sans compter ceux qui n’ont pas du tout eu accès à la première ligne et qui se sont tournés vers d’autres options, comme les urgences ou le privé, comme Tania Lamoureux.

Rendez-vous non honorés

  • Pris en charge par un médecin de famille : 21,24 %

  • Pris en charge collectivement par un GMF : 43,69 %

Source : RAMQ, données du 1er janvier au 31 juillet 2026

L'inscription, ce n'est pas la même chose que l'accès

Ce portrait ne surprend pas Damien Contandriopoulos, professeur à l'école de soins infirmiers de l'Université de Victoria.

Le Québec considère que la priorité, c'est l'inscription : attacher un patient avec un médecin. Mais sur le terrain, si ça ne se concrétise pas par une capacité pour le patient, pour de vrai, de voir le médecin, on est dans la science-fiction, explique-t-il. Ce qu'il faut voir, c'est que l'inscription, ce n'est pas la même chose que l'accès.

Selon lui, le modèle actuel est un cul-de-sac. Il faudrait offrir davantage d’options aux patients, selon leurs besoins.

Il faut avoir des options : il faut avoir du sans rendez-vous, il faut avoir des cliniques qui sont disponibles dans des heures qui sont différentes. Avant, on n'avait pas de médecin de famille, c'était un peu plus long. Maintenant, on n'a pas de médecin de famille et on n'a plus accès aux soins du tout.

Un homme dans son bureau.

Damien Contandriopoulos, professeur à l'école de soins infirmiers de l'Université de Victoria

Photo : Radio-Canada

C’est exactement ce manque d’options que déplore Tania Lamoureux.

C'est une quête, résume-t-elle. Naguère, on se mettait en file d'attente le matin. Ce n'était pas rare de voir une trentaine de personnes sur le bord du trottoir. Ça n'existe plus. On ne peut plus faire ça comme ça. On doit absolument passer par le guichet. Mais le guichet, s’il n'y a pas de rendez-vous disponible, eh bien, il n'y a pas de rendez-vous disponible.

Elle constate cependant qu’une fois la difficulté d'accès passée, elle est maintenant bien prise en charge. Je suis sur le bateau, et le bateau est luxueux, souligne-t-elle.

En plus de revoir les options offertes par le système de santé, certains estiment que les patients pris en charge collectivement devraient pouvoir contacter directement leur GMF, comme c’est le cas pour les patients qui ont un médecin de famille attitré.

Une situation qui risque d’empirer?

Au 22 août dernier, le nombre de nouveaux patients inscrits atteignait les 650 684 personnes, dont 80 % de manière collective. Un succès, sur papier.

Un non-sens pour M. Contandriopoulos, qui rappelle qu’il y a pénurie de médecins et donc que le nombre d'heures disponibles est insuffisant pour répondre aux besoins de tous ces nouveaux venus.

Une population vieillissante, qui a de plus en plus de problèmes chroniques, la post-COVID qui est une réalité… On voit que la capacité qu'on a, selon nos modèles de soins actuels, n'est pas une bonne réponse à la demande. La demande est plus grande que l’offre.

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