Les soupçons d’irrégularités ne remettront pas en cause les résultats des élections en Israël
Les résultats des législatives en Israël, qui ont notamment vu la percée de deux partis arabes, ne seront pas remis en cause par les soupçons d’irrégularités, a affirmé dimanche le président de la commission électorale, tout en confirmant l’existence d’une enquête.
« Les soupçons qui nous ont été présentés sont graves. Nous les examinerons jusqu’au bout », a assuré le juge Noam Sohlberg dans une déclaration filmée, en allusion aux accusations, notamment relayées par le camp du premier ministre Benjamin Nétanyahou, d’achat de voix via des fonds étrangers.
Mais « notre position est que, même si les soupçons venaient à être confirmés, cela ne remettrait pas en cause la régularité du processus électoral ni les résultats des élections dans leur ensemble », a-t-il ajouté.
Le scrutin de mardi dernier, qui n’a donné la majorité à aucun bloc — ni celui de M. Nétanyahou ni celui de son principal rival Gadi Eisenkot —, a notamment été marqué par une percée spectaculaire des deux listes arabes (Raam et la Liste unifiée).
Ces deux formations, qui ont obtenu à elles seules 19 sièges, ont été visées jeudi par des accusations de fraude électorale, relayées par le camp de Benjamin Nétanyahou.
« Surprenant »
Des responsables et des médias ont notamment affirmé que les deux partis arabes étaient soupçonnés d’avoir reçu des fonds du Qatar pour financer l’achat de voix. Doha et les deux formations concernées ont rejeté ces accusations.
La commission électorale a de son côté adressé une lettre aux services du renseignement intérieur (Shin Bet) pour demander l’ouverture d’une enquête sur des soupçons de fraude électorale.
Dimanche, entouré du chef du Shin Bet et de la procureure de l’État, le juge Noam Sohlberg a confirmé que ces soupçons concernaient « des financements provenant de l’étranger, destinés à influencer le processus électoral, et susceptibles de présenter également une dimension sécuritaire ». Il a aussi souligné que l’enquête ne devait « en aucun cas jeter le discrédit sur le vote de la communauté arabe ».
Le Likoud, parti de droite de Benjamin Nétanyahou, a critiqué ces déclarations. Il a jugé « surprenant que le juge Sohlberg fasse état de soupçons particulièrement graves de financement étranger tout en concluant par avance que ceux-ci n’ont aucune incidence sur les résultats ».
Quant au rival centriste de M. Nétanyahou, l’ancien chef de l’armée Gadi Eisenkot, il a réitéré ses attaques en dénonçant sur X « la tentative honteuse et malveillante de nier les résultats des élections, de remettre en question la volonté du peuple, (et) de diffamer toute une communauté ».
Consultations
Dimanche, le tribunal de Beersheva (sud) a de son côté ordonné la libération d’un suspect arrêté le jour des élections dans le cadre des soupçons d’achat de voix, tout en prolongeant la détention provisoire d’un autre suspect et en plaçant un troisième en résidence surveillée, a annoncé la police.
La police avait annoncé mardi l’arrestation dans la nuit de trois personnes en possession d’enveloppes et d’argent liquide, soupçonnées d’avoir tenté d’acheter des voix au profit de la liste Raam, le parti niant toute implication.
Son chef, Mansour Abbas, a accusé Benjamin Nétanyahou de « mentir » en accusant la minorité arabe de fraude électorale.
À l’issue de ces législatives, les premières depuis le 7-Octobre, le camp Nétanyahou est arrivé en tête avec 53 sièges contre 48 pour le bloc Eisenkot. Tous deux vont devoir élargir leur base s’ils veulent obtenir la majorité de 61 sièges nécessaires pour gouverner.
Les résultats officiels doivent être publiés mercredi et transmis au président israélien Isaac Herzog. Celui-ci recevra toutes les formations élues pour des consultations, à la suite desquelles il donnera mandat à un des dirigeants de partis pour tenter de former un gouvernement.
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