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Saturday, September 19, 2026

Dans une Syrie encore marquée par la guerre, un cinéma itinérant pour les petits… et les plus grands

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Des ruines antiques vieilles de 3 000 ans, un décor de cinéma balafré par plus d’une décennie de guerre et, au milieu des cicatrices, un écran de toile pour les enfants. C’est le pari d’Omar Malas, photographe et cinéaste syrien. Avec son cinéma itinérant, il sillonne les routes d’une Syrie encore marquée par la guerre pour ramener un peu de culture et de vie dans les villages. C'est le cas à Palmyre, où quelques milliers d’habitants seulement ont fait le choix de revenir vivre. 

De notre envoyé spécial à Palmyre,

La nuit tombe sur Palmyre. Omar Malas installe son cinéma de fortune : un vidéoprojecteur, des enceintes et quelques chaises en plastique. Pas d’écran ce soir : les images sont projetées directement sur un vieux mur de pierre. Au début, ils ne sont que cinq enfants devant la projection. Puis, au fur et à mesure que le film commence, un deuxième rang de chaises se forme. Ils sont bientôt une dizaine.

Parmi les enfants installés devant le mur, Abdel, 12 ans, découvre pour la première fois ce type de cinéma en plein air. « J'étais en train de jouer avec mes amis et Omar est venu nous voir pour nous proposer de venir assister à une projection comme au cinéma et on n’a pas hésité une seconde, s'enthousiasme le garçon. Moi, c’est la première fois de ma vie que je vois un film sur grand écran. »

Pour Omar, ce n’est pas vraiment le film qui compte. Ce qu’il veut, c’est leur faire découvrir autre chose que la guerre, leur offrir un moment de culture et simplement passer du temps avec eux. « Les gens reviennent tout doucement ici, en famille, avec leurs enfants, après 15 ans de guerre. Les enfants qui ont aujourd’hui 10 ans n’ont rien connu d’autre que la guerre, regrette Omar. L’essentiel pour moi, c’est qu’ils oublient les traumatismes qu’ils ont vécus. »

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Quelques heures suspendues

Ce soir, Omar projette Tom et Jerry, des films de Charlie Chaplin et des séries syriennes. Des femmes sortent de chez elles et viennent s’installer sur des tapis, près de l’écran, certaines avec leur narguilé.

Dans cette ville encore largement silencieuse, la musique, les rires et les voix de l’écran créent pendant quelques heures une petite animation. Mais pour faire fonctionner ce cinéma itinérant, Omar doit aussi transporter sa propre source d’électricité. Et parfois, une simple batterie peut devenir indispensable. « Ça, c’est ma batterie externe pour avoir de l’électricité, montre-t-il. Même si ce soir on a tout ce qu’il faut, parfois cette batterie devient vitale car dans des villages, il n’y a aucun jus. »

À Palmyre, ces quelques heures de projection prennent une dimension particulière pour les familles qui viennent tout juste de revenir. Mohamed est venu ce soir avec les siens. Pour lui, pouvoir simplement les amener ici aurait été inimaginable il y a encore quelques années. « Pendant la guerre, c’était impossible qu’une telle initiative voie le jour à cause des milices iraniennes, ou du Hezbollah, souligne ce père de famille. Mais aujourd’hui, grâce à Dieu, on peut amener nos enfants pour qu’ils découvrent et se divertissent. »

La projection terminée, Omar replie son écran, range ses enceintes et reprend la route. Son cinéma itinérant continuera de sillonner la Syrie, village après village, à la rencontre de ceux qui tentent, eux aussi, de reprendre le chemin d’une vie normale.

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