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Tuesday, October 6, 2026

Égypte : ces crânes vieux de 5 000 ans pourraient enfin confirmer un terrible soupçon autour des premiers pharaons

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Au début du XXe siècle, l'archéologue britannique Flinders Petrie mettait au jour plusieurs sépultures sur le site d'Abydos, dans le sud de l'Égypte. Cette vaste nécropole royale abrite notamment le cimetière d'Umm el-Qaab, où reposaient des souverains de la Première Dynastie, il y a environ 5 000 ans.

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Autour de certaines tombes royales se trouvent de nombreuses sépultures secondaires, probablement destinées à des fonctionnaires, artisans et autres membres de la suite du souverain. Plusieurs semblent avoir été remplies et scellées au même moment, un détail qui avait déjà conduit Petrie à défendre l'hypothèse de sacrifices humains destinés à accompagner le pharaon dans l'au-delà.

Mais les preuves directes manquaient. Les fouilles anciennes ont souvent été menées selon des méthodes très différentes de celles utilisées aujourd'hui, et une partie des restes humains a été réinhumée. Seuls certains crânes, conservés notamment à l'Université de Cambridge, peuvent encore être étudiés.

Plan des tombes royales et de leurs sépultures annexes (à gauche), ainsi que des enclos funéraires associés (à droite), à Umm el-Qaab, où plusieurs sépultures ont alimenté le débat sur de possibles sacrifices de serviteurs. © Roselyn A. Campbell, Frontiers in Environmental Archaeology, 2026.

Des fractures présentes sur 39 % des crânes

La bioarchéologue Roselyn Campbell, de l'Université Purdue, a donc réexaminé 46 de ces crânes à l'aide des connaissances médico-légales actuelles. Son analyse, publiée dans Frontiers in Environmental Archaeology, révèle un élément qui avait échappé aux chercheurs du début du XXe siècle.

Dix-huit crânes, soit environ 39 % de l'échantillon, présentent des fractures linéaires compatibles avec de violents traumatismes contondants. D'après la chercheuse, ces coups auraient pu provoquer une perte de connaissance, une hémorragie interne et, dans certains cas, la mort.

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Quelques individus présentent également des traces compatibles avec des blessures provoquées par une arme tranchante, notamment autour de l'œil. D'autres modes de mise à mort, comme la strangulation, l'asphyxie ou l'empoisonnement, ne peuvent toutefois pas être exclus, car ils ne laissent pas nécessairement de marques sur les os.

Une pratique spectaculaire, mais probablement brève

La forme des fractures fournit aussi quelques indices sur les armes utilisées. Les masses d'armes représentées dans l'iconographie égyptienne auraient plutôt produit des fractures enfoncées. Ici, les lésions pourraient davantage correspondre à un objet plat et relativement léger, comme une massue en bois ou même une simple planche.

Ces résultats ne permettent pas de prouver que les 18 individus ont tous été exécutés dans le cadre d'un sacrifice rituel. Mais associés à l'organisation inhabituelle des tombes d'Abydos et à leur fermeture apparemment simultanée, ils renforcent l'hypothèse selon laquelle certains membres de l'entourage royal auraient été mis à mort pour accompagner leur souverain.

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Cette pratique semble toutefois avoir été de courte durée. Les immenses ensembles funéraires de la Première Dynastie disparaissent rapidement par la suite. Une évolution qui pourrait aussi s'expliquer très concrètement. Sacrifier des dizaines, voire des centaines de personnes à chaque décès royal représentait un coût humain et économique considérable, difficilement soutenable sur le long terme.

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