Métro de Montréal | Plus de surveillance et de fréquence pour améliorer la sécurité

Plus de trains, plus de constables spéciaux et plus de surveillance : Montréal met le paquet pour reprendre le contrôle du sentiment de sécurité dans le métro, en chute depuis quelques années. L’effet de ces nouvelles mesures ne se fera toutefois pas sentir avant l’année prochaine, au minimum.
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« Le métro, c’est un service essentiel. Et tout le monde devrait pouvoir l’utiliser en toute confiance. […] La sécurité dans le transport collectif, ce n’est pas un luxe, c’est un besoin », a fait valoir mardi la mairesse Soraya Martinez Ferrada, en mêlée de presse à la station Place-des-Arts.
PHOTO PATRICK SANFAÇON, LA PRESSE
La mairesse de Montréal, Soraya Martinez Ferrada, ainsi que le président du conseil d’administration de la STM et vice-président du comité exécutif, Aref Salem, et la directrice générale de la STM, Marie-Claude Léonard (à l’arrière-plan).
Son administration investira 6,4 millions par année pour ajouter 52 constables spéciaux d’ici la fin 2027, portant leur effectif total à 230. En attendant leur arrivée, la police de Montréal déploiera de son côté 12 policiers supplémentaires dans le métro, et ce dès les prochaines semaines.
La Ville veut ainsi « augmenter la fréquence des patrouilles » et réduire les délais d’intervention, en surveillant davantage les stations identifiées comme critiques, comme Papineau, Beaudry, Berri-UQAM, Jean-Talon, Lionel-Groulx, Place d’Armes ou encore Bonaventure, pour ne nommer que celles-là.
Comme promis en campagne, Mme Martinez Ferrada s’engage au passage à hausser le niveau de service du métro de 5 % dès le début 2027, notamment en soirée en dehors des heures de pointe. La mairesse a présenté cette hausse de service comme « la plus grande augmentation de service à la STM depuis 2017 ».
« On veut revenir aux niveaux prépandémiques, donc tendre vers les 5 minutes le soir et les hors-pointe. Plus le métro est fréquent, plus il est fiable », a fait valoir la directrice générale du transporteur, Marie-Claude Léonard. Elle estime que la mesure coûtera au bas mot 8 millions par année, mais rapportera quasiment l’équivalent en retombées.
Plus d’attention aux caméras
Le tout survient alors que le sentiment de sécurité des usagers est en baisse importante en raison de la crise de l’itinérance qui prend de l’ampleur. L’an dernier, Mme Léonard affirmait même qu’un « point de rupture » approchait.
En date d’aujourd’hui, à peine 52 % des usagers montréalais disent se sentir en sécurité dans le métro et les autobus. L’an dernier, c’était 62 %. Bon an mal an, on estime qu’environ 60 % des interruptions de service sont attribuables aux gestes de personnes en situation d’itinérance, souvent sous l’emprise de drogue ou d’alcool, ou souffrant de problèmes de santé mentale.
Pour contrôler le phénomène, le Centre de répartition et de vigie des opérations (CRVO) sera « modernisé » grâce à un investissement de 3 millions. Cela fera passer le nombre de caméras pouvant être surveillées en temps réel par un employé de 72 à 432, afin d’accélérer la détection de méfaits ou d’incivilités. Au total, le métro compte 2500 caméras dans 68 stations.
PHOTO JOSIE DESMARAIS, LA PRESSE
La Ville de Montréal investira 6,4 millions par année pour ajouter 52 constables spéciaux d’ici la fin 2027, portant leur effectif total à 230.
Simultanément, les brigades de l’Équipe métro d’intervention et de concertation (ÉMIC) seront agrandies, faisant passer leur nombre de deux à six. Ces équipes, composées d’un policier, d’un constable et d’un travailleur social, circuleront plus activement en soirée durant la période hivernale.
Un partenariat a par ailleurs été conclu avec Ambulance Saint-Jean pour assurer la présence d’intervenants dans le métro cet automne. Deux équipes de trois personnes y circuleront sept jours sur sept pendant l’hiver. Une seule équipe demeurera en poste le reste de l’année, au coût d’environ un million.
Un nouveau patron, un nouveau PM
La STM a également confirmé mardi l’arrivée de l’ex-patron de la Sûreté du Québec, Martin Prud’homme, au sein de sa haute direction. Tel que révélé par La Presse, le principal intéressé aura pour mandat de s’attaquer à l’insécurité dans le métro, en se rapportant directement à la direction générale.
Son mandat s’amorce alors que le premier ministre désigné, Paul St-Pierre Plamondon, veut réduire l’itinérance de 50 % d’ici 2030. Le chef péquiste a dit vouloir faire de la crise une priorité de son prochain mandat.
La semaine dernière, alors qu’on apprenait le décès d’une femme sans-abri dans un campement, M. St-Pierre Plamondon avait assuré que des « budgets d’urgence » seraient débloqués « à court terme » pour passer l’hiver.
« Ça donne espoir pour des résultats concrets », a dit la mairesse Martinez Ferrada, lorsque questionnée sur la position du nouveau gouvernement, mardi. « Il faut être capables de diriger les gens vers des services », a-t-elle ajouté.
Enfin, l’interdiction de flâner dans le métro de Montréal demeurera en vigueur jusqu’au 30 avril 2027, ce qui donne le droit aux constables de demander aux itinérants de circuler. La mairesse appelle à une approche humaine à l’approche de l’hiver. « S’il fait -30 dehors, on ne va pas mettre quelqu’un dehors », a-t-elle résumé.
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