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Sunday, October 25, 2026

Il y a 50 ans, cette scène mythique avec Stallone est née grâce à une invention qui a révolutionné le cinéma

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La course de Stallone sur les marches de Philadelphie est devenue mythique. Mais avant “Rocky”, Garrett Brown y filmait sa compagne pour tester son Steadicam. Comment une démonstration technique a-t-elle inspiré cette scène entrée dans la légende ?

Un survêtement gris, des marches à gravir et, au sommet, deux bras levés vers le ciel : pas besoin d’un ring pour reconnaître Rocky. La course de Sylvester Stallone à travers Philadelphie appartient à ces séquences que l’on connaît parfois avant même d’avoir vu le film.

Mais derrière l’effort du boxeur, un autre homme courait lui aussi. Garrett Brown, opérateur et inventeur du Steadicam, accompagnait les mouvements de Stallone avec un dispositif encore nouveau. Et avant de filmer l’acteur sur les marches du Philadelphia Museum of Art, il y avait suivi une autre personne : sa compagne.

Avant Stallone, une démonstration avec sa future épouse

Pour convaincre les professionnels du potentiel de son invention, Garrett Brown avait réalisé une bobine de démonstration. L’objectif était simple : montrer des mouvements de caméra qui paraissaient jusque-là impossibles à obtenir avec une telle liberté.

Parmi ces essais figurait une course sur les marches du musée de Philadelphie. Brown suivait Ellen, sa compagne et future épouse, dans la descente, puis dans la remontée de l’escalier.

Comme il le raconte dans un entretien accordé à The Credits, le média de la Motion Picture Association, John G. Avildsen avait découvert ces images alors qu’il préparait Rocky. Le réalisateur voulait savoir où se trouvait cet escalier et comment le plan avait été obtenu. La démonstration avait fourni une réponse concrète à un problème de mise en scène.

Quelques mois plus tard, Brown reproduisait le mouvement avec Stallone. Un essai destiné à présenter un outil devenait ainsi le point de départ d’une image que des générations de spectateurs allaient retenir.

Garrett Brown United Artists
Garrett Brown

Une caméra qui pouvait courir avec Rocky

Le principe du Steadicam consiste à stabiliser une caméra portée par un opérateur en mouvement. Celui-ci peut marcher ou courir tout en limitant les secousses qui accompagnent habituellement une prise de vues à l’épaule.

L’intérêt est considérable : la caméra gagne en liberté sans devoir systématiquement emprunter des rails. Un escalier, un terrain irrégulier ou un changement de direction deviennent plus faciles à négocier. Dans son entretien avec The Credits, Brown explique justement avoir cherché à réunir la mobilité de la caméra portée et la fluidité qu’il aimait au cinéma.

Dans Rocky, cette invention ne sert pas seulement à réussir une prouesse technique. Elle permet d’accompagner l’élan du personnage. Nous ne regardons plus simplement un homme gravir un escalier : le mouvement nous entraîne avec lui, jusqu’à cette petite victoire personnelle au sommet.

Une précision s’impose toutefois : comme le rappelle la Cinémathèque française dans sa présentation du Steadicam, Rocky n’est pas le premier long-métrage à avoir utilisé cette invention. En route pour la gloire de Hal Ashby, puis Marathon Man de John Schlesinger, ont également contribué à ses débuts au cinéma. La course de Stallone reste néanmoins l’une de ses démonstrations les plus célèbres.

Philadelphie ne s’arrêtait pas de vivre pour le tournage

Cette liberté de mouvement convenait aussi à une production aux moyens limités. L’équipe tournait dans les rues d’une ville où Stallone n’était pas encore une vedette que chacun reconnaissait au premier regard.

Dans l’histoire orale du film publiée par Philadelphia Magazine, Garrett Brown se souvient de leur discrétion : les passants ne savaient pas toujours qui ils étaient, ni ce qu’ils faisaient.

Il raconte notamment qu’au marché, quelqu’un avait spontanément lancé une pomme à Stallone pendant sa course. L’acteur l’avait attrapée. Ce petit geste participait à la vie du quartier que la caméra enregistrait autour de lui. Il ne faut pas pour autant imaginer un tournage entièrement clandestin : le même article rapporte aussi la participation d’enfants du quartier comme figurants. La séquence mêle donc préparation et imprévus, avec une ville qui devient plus qu’un décor dans le film.

Cinquante ans après la sortie du classique, cette scène conserve toute sa force, même sans connaître la prouesse technique qui l’a rendue possible. Rocky court, la caméra l’accompagne, et quelques marches suffisent à rendre sa détermination contagieuse. Derrière cette évidence se trouvait une invention qui allait ouvrir de nouvelles possibilités à tout le cinéma.

Rocky est actuellement à revoir sur Prime Video.

(Re)découvrez les petits secrets du film dans la vidéo ci-dessous :

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