Le Commissaire à la langue française souligne un manque d’intérêt envers la musique québécoise
Les Québécois se démarquent des autres nations par leur manque d’intérêt envers leurs artistes nationaux, selon un rapport du Commissaire à la langue française publié mardi.
Dans un rapport intitulé « L’exception québécoise », le Commissaire à la langue française, Benoît Dubreuil, souligne que le Québec fait partie des marchés où les artistes nationaux sont le moins écoutés, avec une part de 6 % à 12 %.
De plus, dans les marchés non anglophones, le Québec est la société où la langue nationale représente la plus faible part des écoutes. Selon les données du rapport, les chansons françaises représentent seulement 12 % de celles-ci.
Ses artistes peinent également à se hisser dans les palmarès : « Aucun artiste canadien chantant en français ne figure parmi les dix artistes les plus écoutés en 2022, en 2024 et en 2025 », peut-on lire dans le rapport.
En 2023, année du décès du chanteur des Cowboys Fringants, Karl Tremblay, le groupe était toutefois parvenu à se classer dans les dix premiers rangs.
Par ailleurs, à l’exception des pays anglophones, c’est au Québec où l’on écoute le plus les artistes américains, avec plus de 40 % des écoutes, comparativement à 18 % pour l’Espagne et 25 % pour l’Allemagne – d’autres grands marchés non anglophones.
Pour arriver à ces constats, le commissaire a comparé le Québec au reste du Canada et à 24 autres pays d’Europe. Il s’est fié aux données de l’entreprise Luminate Data, qui permettent d’analyser les principales plateformes d’écoute.
« Il ne faut pas se laisser abattre »
Cette situation « nettement défavorable au français et aux artistes nationaux au Québec » s’explique par plusieurs facteurs, selon le commissaire, dont les algorithmes, la forte connaissance de l’anglais et la diversité culturelle élevée.
Il recommande ainsi de mettre en œuvre la Loi sur la découvrabilité des contenus culturels francophones dans l’environnement numérique, adoptée par le gouvernement caquiste en décembre dernier, qui permettrait de « s’assurer, au minimum, que les algorithmes ne nuisent pas » à la diffusion de contenu francophone.
Benoît Dubreuil prône également un renforcement des liens du Québec avec la francophonie internationale et une plus grande exposition de la musique québécoise et francophone dans les espaces publics.
« Pour les amateurs de musique québécoise et francophone, la comparaison avec les différents pays européens peut sembler démoralisante. Mais il ne faut pas se laisser abattre », a soutenu le commissaire dans son rapport.
« L’exemple de la Belgique francophone ou de pays comme la Finlande et le Portugal nous indiquent qu’il n’existe pas de fatalité. Même à l’heure de la mondialisation et du numérique, les musiques nationales parviennent à trouver leur public. »
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