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Wednesday, October 7, 2026

Inde: pourquoi les investisseurs étrangers retirent leur argent malgré une croissance solide

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La banque centrale indienne devrait relever ses taux d'intérêt ce mercredi, pour la première fois depuis près de quatre ans. Une décision qui intervient alors que l'inflation remonte, que le pétrole se négocie autour de 100 dollars le baril et que la roupie est proche de son plus bas niveau historique face au dollar. Dans le même temps, les investisseurs étrangers réduisent leur exposition aux actifs indiens.

C'est un tournant pour la Banque centrale indienne. Après avoir baissé ses taux ces derniers mois pour soutenir l'activité, elle devrait relever ce mercredi son principal taux directeur, qui pourrait passer à 5,5%. Une première depuis près de quatre ans. Plusieurs indicateurs se sont en effet dégradés en même temps. L'inflation remonte, le prix du pétrole évolue autour de 100 dollars le baril et surtout, la roupie est proche de son plus bas niveau historique face au dollar. Cette faiblesse de la monnaie indienne constitue un problème important pour le pays, qui importe une grande partie de l'énergie qu'il consomme. Lorsque le prix du pétrole augmente, la facture des importations augmente elle aussi, ce qui accentue la pression sur la roupie et peut alimenter l'inflation.

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Autre sujet suivi de très près par les autorités et la Banque centrale: les investisseurs étrangers commencent à retirer leur argent de l'Inde. Depuis le début de l'année, ils ont vendu près de 29 milliards de dollars d'actions indiennes. Pourquoi partent-ils? Tout simplement parce que d'autres grandes économies, comme les États-Unis, offrent des rendements plus élevés. Pour un investisseur international, il peut donc être plus intéressant de placer son argent sur des marchés développés et considérés comme plus sûrs que sur des marchés émergents comme l'Inde.

La faiblesse de la roupie renforce encore ce phénomène. Lorsqu'un investisseur place son argent en Inde, il prend le risque lié à l'entreprise ou à la Bourse, mais aussi un risque de change. Si la roupie baisse face au dollar, une partie de son rendement peut disparaître au moment de rapatrier son argent. C'est donc un cercle défavorable pour l'Inde: la roupie baisse, les investisseurs étrangers sont moins attirés, ils vendent leurs actions et ces sorties de capitaux ajoutent à leur tour de la pression sur la monnaie.

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Des taux plus élevés pour soutenir la roupie, sans casser la croissance

C'est aussi pour cette raison que la hausse des taux décidée par la Banque centrale est importante. En rémunérant davantage les placements en roupies, elle peut rendre les actifs indiens un peu plus intéressants pour les investisseurs étrangers et contribuer à soutenir la monnaie. Mais cette stratégie comporte un risque pour l'économie indienne. Des taux plus élevés signifient des crédits plus chers pour les ménages et les entreprises, avec à la clé le risque de ralentir la consommation et l'investissement. Or l'économie indienne ne va pas trop mal. La croissance pour cette année devrait être autour de 7%. Le problème est donc moins la santé de l'économie indienne que l'environnement international, devenu beaucoup moins favorable.

Les actions indiennes sont par ailleurs relativement chères. Pendant longtemps, les investisseurs ont accepté de payer cette prime parce qu'ils misaient sur la très forte croissance du pays. Mais lorsque les rendements deviennent plus intéressants ailleurs, ils deviennent aussi plus exigeants. La Banque centrale indienne se retrouve donc face à un exercice d'équilibriste: elle doit défendre la roupie et contenir l'inflation, sans pour autant casser une croissance qui reste très solide.

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