Gretzky soutient l’appel de Carney à exclure la Russie du mondial junior
Wayne Gretzky a joué un rôle déterminant dans l’un des plus grands moments de gloire de son pays sur la scène sportive internationale.
Le numéro 99 a servi une passe décisive à son coéquipier Mario Lemieux, qui a inscrit le but décisif permettant de remporter la finale de la Coupe du Canada de 1987 contre l’Union soviétique, alors que la Guerre froide touchait à sa fin.
Près de 40 ans plus tard, il soutient une initiative politique qui a d’importantes répercussions tant sur la glace qu’en dehors.
Vendredi, M. Gretzky a déclaré qu’il soutenait la décision du premier ministre Mark Carney d’exclure la Russie du prochain Championnat du monde junior de hockey en Alberta, en raison de l’invasion de l’Ukraine par Moscou en 2022 et d’une guerre qui entre bientôt dans sa cinquième année.
« Personne n’aime la guerre, n’est-ce pas ? », a déclaré le meilleur marqueur de tous les temps de la LNH, dont les origines d’Europe de l’Est remontent à l’Ukraine, à la Biélorussie et à la Pologne actuels. « Nous ne voulons absolument pas voir cela. Nous espérons que cela prendra fin. Nous aurions préféré que cela ne commence jamais. Je comprends la position adoptée par le premier ministre, et je l’en félicite. »
Mark Carney a annoncé en début de semaine que les athlètes russes et biélorusses ne seraient pas autorisés à représenter leur pays sur le sol canadien tant que la guerre se poursuivra. Les équipes de Russie et de la Biélorussie sont bannies depuis peu après le début de l’invasion.
« La position du Canada est claire : il n’y a pas la possibilité que des athlètes puissent concourir pour la Russie ou la Biélorussie ici au Canada pendant la période où la guerre illégale, injustifiée, horrifique en Ukraine continue », a déclaré M. Carney mardi aux journalistes à Antigua, lors du Sommet du Commonwealth, lorsqu’on lui a demandé si les joueurs russes se verraient refuser des visas.
Cette décision fait suite à la décision du Tribunal arbitral du sport (TAS), en Suisse, qui a statué que la Russie devait être réintégrée dans les compétitions internationales de hockey, à commencer par le Championnat du monde junior, qui se déroulera du 26 décembre au 5 janvier à Edmonton et à Red Deer.
S’exprimant vendredi lors d’une cérémonie organisée par Upper Deck pour rebaptiser le centre de ressources du Temple de la renommée du hockey en l’honneur de son défunt père, Wayne Gretzky a déclaré qu’il comprenait la position adoptée par Mark Carney.
« Il a pris cette position, et il l’a clairement exprimée », a dit le natif de Brantford, en Ontario. « Je pense que beaucoup de joueurs et de Canadiens partagent ce sentiment. »
Le gouvernement fédéral a prévenu qu’il ferait usage de ses pouvoirs en matière d’immigration pour empêcher les athlètes et les officiels russes et biélorusses d’entrer au Canada afin de concourir sous leurs symboles nationaux.
« Cette mesure ne vise pas les peuples russe et biélorusse », a précisé le gouvernement dans une déclaration. « Elle vise plutôt à empêcher les gouvernements russe et biélorusse d’utiliser les événements sportifs internationaux organisés au Canada comme tribunes pour la représentation de l’État, la légitimité politique et la propagande. »
Les demandes de participation seraient évaluées au cas par cas, a ajouté le gouvernement, tandis que les athlètes concourant en tant que neutres pourraient toujours participer aux événements internationaux organisés par le Canada.
Le ministre russe des Sports, Mikhaïl Degtiariov, a déclaré dans un communiqué du 30 octobre que la décision du TAS était définitive.
Il a ajouté que son pays collaborerait avec la Fédération internationale de hockey sur glace afin d’assurer son retour à la compétition, à commencer par le Championnat du monde junior.
Par ailleurs, plusieurs fédérations européennes de hockey, notamment celles de Suède, de Finlande, de République tchèque et de Lettonie, ont annoncé que leurs équipes ne joueraient pas contre la Russie.
Wayne Gretzky et Upper Deck — une société spécialisée dans les cartes à collectionner et les objets de collection — ont également annoncé vendredi une série de partenariats.
On a demandé à l’homme de 65 ans ce qu’il pensait que ces partenariats pourraient apporter pour améliorer sa réputation auprès des Canadiens, qui a pris un coup ces dernières années en raison de ses liens étroits avec le président américain, Donald Trump.
« Je ne peux rien y faire, a répondu M. Gretzky en riant. Les amis, ce sont les amis, n’est-ce pas ? Chacun a le droit d’avoir son opinion. C’est ça, la vie, et il faut simplement prendre ça avec des pincettes. Les gens ont le droit de croire en ce qu’ils veulent et d’avoir leurs propres opinions […] C’est aussi simple que ça ».
« Mon père m’a toujours dit : “Tu traites les gens comme ils te traitent.” Et c’est comme ça que je vis ma vie », a-t-il ajouté.
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