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Monday, October 5, 2026

«L'union de la gauche est un impératif», alerte la députée écologiste Cyrielle Chatelain

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Cyrielle Chatelain, députée de l'Isère et présidente du groupe Écologiste et social à l'Assemblée nationale, l'assure : le budget 2027 « ne répond en rien à toutes les urgences du moment » – qu'elles soient sociales ou écologiques – en plus d'être « incompatible avec toute volonté d'améliorer les conditions des services publics ». Face à l'extrême droite, la députée, unioniste de la première heure, défend aussi l'alliance de la gauche pour faire réellement avancer l'écologie, « sinon, nous risquons 5 ans de recul écologiste extrêmement violent », alerte-t-elle.

RFI : Le ministère de l'Éducation craint un embrasement national. Qu'est-ce que vous dites aux lycéens qui bloquent leur lycée aujourd'hui ?

Cyrielle Chatelain : Alors moi, j'étais ce matin à Échirolles, au lycée Marie Curie, avec un certain nombre d'élèves et de professeurs pour échanger sur leurs revendications. Ce qu'ils m'ont dit, c'est vouloir pouvoir manifester pacifiquement, pouvoir effectivement faire entendre leur voix. Parce qu'ils ont des demandes qu'ils portent depuis maintenant des mois, des années, qu'ils ne sont pas entendus. Ce qu'ils veulent, c'est être respectés. En tant qu'élus, le groupe Écologiste et Social sera présent à la manifestation en soutien de la revendication des lycéens. Et aussi parce que plus le mouvement sera d'ampleur, plus finalement il sera pacifiste.

Quand le gouvernement répond « dialogue et fermeté », quand Sébastien Lecornu adresse à ses ministres une feuille de route de cinq chantiers prioritaires, est-ce que c'est une réponse adaptée ?

On a un gouvernement qui ne respecte pas sa parole, et c'est un problème fondamental. On l'a vu avec les gilets jaunes : après les mobilisations, il y a eu les cahiers de doléances, cahiers de doléances auxquels nous n'avons toujours pas accès plusieurs années après. Nous avons rencontré sur les mouvements lycéens des représentants lycéens, qui nous expliquent par exemple une demande assez simple : vous savez, le mouvement lycéen demande de supprimer Parcoursup, mais avant cela, ils avaient fait remonter des demandes qui sont a minima que dans Parcoursup, il puisse y avoir des informations qui remontent si un élève a connu des difficultés, par exemple s'il a été hospitalisé. Ils le demandent depuis février, et depuis février, il n'y a aucune réponse.

Donc en fait, on sait très bien que là, le gouvernement fait semblant d'écouter, mais que malheureusement ça ne bouge pas. Et la preuve est la copie budgétaire qu'ils ont posée le 1ᵉʳ octobre qui continue de couper dans le nombre de postes alloués à l'éducation nationale.

C'est là où je voulais en venir. Est-ce que le budget 2027 est compatible avec les revendications des lycéens ?

Le budget 2027 est incompatible avec toute volonté d'améliorer les conditions des services publics. Que ce soit la prise en charge des élèves et les conditions d'enseignement à l'école, la prise en charge des patients à l'hôpital ou même, globalement, le soutien à la médecine de ville. C'est un budget qui coupe dans toutes les dépenses qui permettent finalement à l'État de fonctionner, aux services publics de fonctionner.

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Ce budget, vous en avez annoncé la censure. Mais précisément, quelle est la mesure qui, pour vous, le rend inacceptable ?

C'est une compilation de mesures. Ce sont des mesures qui, par exemple, gèlent les APL, gèlent les allocations familiales, qui mettent à contribution les retraités à partir d'un peu plus de 1 200 euros par mois en ne réindexant pas totalement sur l'inflation. Donc on voit bien que c'est demandé à tout le monde, et surtout à ceux qui n'ont pas beaucoup, et que de l'autre côté, on épargne les très grandes fortunes.

Cette injustice au cœur de ce budget fait qu'il est inacceptable. La deuxième chose, ce sont les coupes dans les politiques environnementales. On a connu un été caniculaire et on a un budget qui tourne le dos à toute la politique de lutte contre le réchauffement climatique, qui enlève des moyens à tous ceux qui, finalement, font vivre au quotidien ces politiques, que ce soit l'ONF [l'Office national des forêts, NDLR] ou même Météo-France. En fait, on a un budget qui ne répond en rien à toutes les urgences du moment.

Vous le dites, il faut investir massivement pour cette transition écologique. Mais combien ça coûte ? Et surtout, vous trouvez l'argent où ?

Alors, l'une des propositions du groupe Écologiste et Social, par exemple, est de taxer les très gros héritages, les méga-héritages, on parle de millions d'euros. C'est-à-dire de mettre un peu plus à contribution ceux qui aujourd'hui savent optimiser et payer très peu quand ils transmettent leur patrimoine. Et ça pourrait aller directement sur la transition écologique. On peut trouver 10 milliards d'euros en mettant à contribution finalement ces méga-héritages, c'est-à-dire des personnes qui ont accumulé énormément de biens tout au cours de leur vie et donc qui vont contribuer au moment de la transition en payant un peu pour participer au budget de l'État. Et ça, c'est de l'argent qu'on peut remettre dans la transition pour permettre finalement de garantir un futur à tout le monde.

Mais ça, c'est réaliste ? Ça peut passer ?

Alors, c'est réaliste, c'est réalisable. La condition pour passer, c'est que le gouvernement sorte de son dogmatisme. C'est ce dogmatisme-là qui fait qu'en 10 ans, le déficit a explosé sans aucun investissement dans aucune politique publique, ni l'éducation, ni la santé, ni même la politique industrielle. Ce gouvernement a dépensé l'argent des Français sans rien construire. Et donc oui, c'est réaliste de demander à ceux qui ont profité de ces politiques de contribuer un peu à ce qu'on puisse reconstruire ce que le gouvernement a cassé.

Cyrielle Chatelain, le dernier débat de la primaire du Parti socialiste et de Place publique a eu lieu hier soir, le 4 octobre. Vous avez défendu une primaire commune pendant des mois, elle n'aura pas lieu. Est-ce que les Écologistes ont perdu du temps ?

Écoutez, nous, les Écologistes, défendons, avons défendu l'union de la gauche. Pour nous, c'est un impératif. Je suis élue de la Nupes, du Nouveau Front populaire. J'étais avant ça, déjà dès la présidentielle de 2021, derrière un candidat qui parlait d'unité. Donc je crois profondément à cette unité. C'est pour ça que nous avons proposé cette primaire de la gauche. Le Parti socialiste a décidé le 9 juillet, c'est ses militants qui ont décidé de ne pas y participer. Ils ont fait un autre choix. Nous en avons pris acte et nous avançons maintenant. 

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Mais s'il y a une candidature autonome des Écologistes, est-ce que c'est parce que tout le parti n'arrive pas à se mettre d'accord pour cette alliance, dans un sens ou dans un autre ?

Alors les écologistes ont aujourd'hui une candidature, Marine Tondelier, qui porte nos idées, mais nous sommes également en réflexion. Vous savez, le 13 décembre, nous aurons un vote pour savoir quel est le choix des militants écologistes dans la période. Il est extrêmement important de porter les idées écologistes, mais nous ne pouvons pas négliger le risque que représente l'extrême droite.

Et donc la question, ça sera, dans cette présidentielle particulière, comment est-ce qu'on porte le mieux les idées écologistes ? Est-ce que c'est en ayant une candidature autonome ou est-ce que c'est en rejoignant une dynamique beaucoup plus large, une dynamique qui est capable d'accéder au second tour et puis de gagner ? Parce que l'enjeu, c'est bien sûr de porter ces idées, puis après de les mettre en œuvre.

Mais est-ce que votre priorité aujourd'hui, c'est de construire l'union ou de préserver l'autonomie des Écologistes ? Parce que certains disent que l'absence de candidature pourrait même marginaliser le parti.

Alors pour moi, la priorité, mais je crois que c'est dans l'ADN des Écologistes, c'est de penser qu'une idée, il faut se battre pour qu'elle existe et il faut se battre pour qu'elle soit mise en œuvre. Et donc pour moi, la priorité, c'est de créer les conditions. Non seulement qu'on fasse exister la question environnementale pendant 5 mois, mais surtout qu'on puisse la faire avancer dans les 5 ans qui viennent.

Nous avons des reculs fondamentaux partout et pour ça, je pense que oui, nous devons travailler à construire une unité la plus large à gauche. Ça, moi, c'est ma conviction, c'est que l'écologie, ce n'est pas seulement témoigner pendant une élection, c'est surtout mettre des choses en œuvre pendant 5 ans. Sinon, nous risquons 5 ans de recul écologiste extrêmement violent.

À écouter dans C'est pas du ventRéchauffement climatique : on aurait pu tout arrêter

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