Duhaime se défend de museler ses députés
Les médias n’ont pu s’entretenir avec aucun des nouveaux députés conservateurs à l’occasion du premier caucus du parti à Québec, jeudi, à l’exception d’Éric Duhaime et Maïté Blanchette Vézina.
« On ne veut pas faire une conférence de presse à 20. On veut commencer à préparer le travail. […] On veut bien les outiller, puis tout le monde va vous parler au fur et à mesure », s’est défendu le chef Éric Duhaime.
Les 19 élus du PCQ étaient tous réunis pour la première fois jeudi matin dans une salle de l’hôtel Hilton à Québec. Avisés du lieu à la dernière minute, les journalistes n’ont pas pu leur parler à l’entrée de la rencontre, ni à la fin.
Aux médias qui lui demandaient s’il muselait ses députés, M. Duhaime a souligné qu’ils avaient été amplement accessibles durant la campagne électorale et le soir des élections.
« Je suis le chef, pendant toute la campagne, qui a le plus donné la parole à ces candidats. Je veux juste rappeler ça », a-t-il déclaré. « Lundi soir, ils étaient tous disponibles pour vous parler. »
Lorsqu’on lui a demandé s’ils allaient pouvoir parler aux médias au Parlement sans avoir l’autorisation de l’équipe du chef, il n’a pas voulu le dire. « L’objectif, c’est vraiment de s’assurer qu’on fasse les choses en équipe, qu’on travaille en équipe, qu’on ait une cohésion d’équipe », a-t-il mentionné.
La tâche de former les nouveaux élus a été confiée à Maïté Blanchette Vézina qui agira aussi comme leader de la formation. À l’exception de cette dernière, seule la nouvelle députée de Charlevoix–Côte-de-Beaupré, Caroline Simard, a déjà siégé au Parlement (sous la bannière libérale entre 2014 et 2018).
Pas de blocage prévu en lien avec le tramway et le troisième lien
À cette occasion, le chef du Parti conservateur du Québec (PCQ) a indiqué qu’il n’avait pas l’intention de bloquer l’agenda législatif du gouvernement s’il ne se ralliait pas à ses positions sur le tramway et le troisième lien.
« Non. Notre objectif, c’est de faire fonctionner ce Parlement, puis de répondre à l’appel de la population. La population a choisi d’élire un gouvernement minoritaire. Elle veut que le gouvernement travaille en collaboration avec les oppositions et c’est exactement ce qu’on a l’intention de faire. »
Avec 19 élus sur 127, le PCQ ne pourrait pas techniquement forcer le gouvernement à abandonner quelque projet que ce soit. Par contre, dans une situation hypothétique où le gouvernement aurait besoin de son appui, il pourrait imposer certaines conditions.
Après avoir dit qu’il pourrait réclamer un « moratoire » dans le dossier du tramway, le chef conservateur avance maintenant qu’il pourrait exiger l’abandon du projet lorsque la facture atteindra un certain coût.
Les dernières estimations évaluaient la facture à 7,6 milliards $, mais le chef conservateur avance qu’elle « ne tient plus la route ». « Il faut qu’on connaisse les coûts du tramway. C’est inacceptable de continuer dans un projet alors qu’on ne sait pas combien ce qu’il va coûter. »
Propos de Marchand « inacceptables »
Depuis l’élection, Éric Duhaime et le maire de Québec Bruno Marchand se livrent à une guerre de mots dans le dossier du tramway et du troisième lien. Le maire n’a pas apprécié qu’Éric Duhaime ait dit vouloir lutter contre le projet de tramway à partir de l’Assemblée nationale. Le ton a monté d’un cran de plus mercredi quand M. Marchand a qualifié les partisans d’Éric Duhaime de « tribu ».
« Moi je suis capable d’en prendre des qualificatifs péjoratifs […] c’est mon job, mais il y a près de 900 000 Québécois qui ont voté pour nous, puis ce ne sont pas des gens qui sont tribaux. […] C’est inacceptable. »
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