ESPN Deportes76ers, favoritos en su visita a IndianaESPNRays ace Rasmussen to start World Series Game 5 on short restDaily MaverickSTING OPERATION: SA ‘refugee’ in US faces decades behind bars on child sexual exploitation chargesZDF heuteAktuelle Pressemitteilungen des ZDF東洋経済オンライン「不安がぐるぐる」「ダメなら高卒で働こう」東京藝大目指して3浪…"上手"と評判でも自信喪失せざるを得なかった浪人時代 | ライフ | 東洋経済オンラインNPRTrump administration will allow pharmacies to make popular peptidesDW EnglishFlavio Bolsonaro lands in US, declares himself 'leader' of BrazilRFI 中文美国期中选举倒数6天 特朗普奥巴马分头助选VarietyBangladesh Soccer League, Indonesian Film Venture Drive U.K. Financier Goldfinch’s Asia Push (EXCLUSIVE)Rai NewsF1, GP del Messico: Antonelli a soli due punti dal sogno del trionfo Mondialeایران اینترنشناللیورپول ۶ (۱-۱) ۵ چلسی؛ لیورپول همچنان شکست‌ناپذیری در ضربات پنالتیANSA SportIl Napoli torna a vincere, Monza travolto 1-4
The Daily Newsstand · Free, Always
Wednesday, October 28, 2026

Passer de la méfiance à la confiance

Translate

Mark Carney et Paul St-Pierre Plamondon se livrent un bras de fer stérile à la veille du sommet Canada-Union européenne à Montréal. À moins d’un revirement de la dernière heure, ils auront tous les deux fait de cet événement diplomatique le moment fondateur d’une relation basée sur la méfiance. C’est de très mauvais augure pour les relations entre le Québec et le Canada.

Les camps fédéraliste et souverainiste se perdent en justifications depuis le début de la semaine. Le nouveau gouvernement de Paul St-Pierre Plamondon a accusé Ottawa de vouloir le museler en lui refusant une prise de parole officielle au sommet. Le premier ministre du Canada, Mark Carney, a rétorqué en disant que son homologue québécois avait été invité à accueillir les dignitaires européens et à prendre place à la table d’honneur lors d’une soirée diplomatique, ce qu’il a refusé.

M. St-Pierre Plamondon a pris un ton railleur et inutilement dramatique en affirmant qu’Ottawa cherchait à le cantonner dans un rôle de serveur de crevettes cocktail. Sa référence au brûlot de Pierre Falardeau (Le temps des bouffons) était non seulement sortie d’un autre siècle, elle nous renvoyait à un statut de « porteurs d’eau » qui n’a plus aucune résonance dans la psyché québécoise, si ce n’est dans un sous-segment du mouvement souverainiste québécois trouvant son oxygène dans un ressentiment asphyxiant.

Depuis son élection à la chefferie du Parti québécois (PQ), M. St-Pierre Plamondon a multiplié les dénonciations du colonialisme et du joug de l’oppression fédérale sans vraiment faire bouger l’aiguille de l’appui à la souveraineté. C’est son choix. Son courage et sa transparence quant à sa volonté de tenir un référendum d’ici la fin de son mandat sont louables, mais ils lui ont probablement coûté une majorité aux récentes élections. C’est donc un premier ministre minoritaire, porteur d’une option en perte de vitesse, qui a voulu tenir tête à Mark Carney. En ce sens, il a surévalué la force de son jeu.

Il n’est pas surprenant que le premier ministre fédéral lui ait refusé une prise de parole. Une relation de confiance, ça se bâtit à deux. En affirmant que M. Carney avait fait une erreur et qu’il lui avait manqué de respect, M. St-Pierre Plamondon n’a donné aucune occasion à son homologue de faire marche en arrière sans donner l’impression de perdre la face.

Il n’en demeure pas moins que le chef du PQ a soulevé des questions fondamentales sur la place du Québec dans les négociations en vue d’un rapprochement entre le Canada et l’UE. Le Québec n’est pas une province comme les autres ; c’est une nation qui exerce un rôle distinctif dans le monde depuis 1965. La doctrine Gérin-Lajoie, en vertu de laquelle le Québec mène une action internationale « forte et autonome » dans les domaines relevant de sa compétence, a suscité l’adhésion de tous les premiers ministres du Québec, qu’ils soient fédéralistes ou souverainistes.

La ministre de l’Industrie et du Développement économique pour les régions du Québec, Mélanie Joly, dresse ainsi un portrait bien incomplet de la situation lorsqu’elle affirme que le sommet est une affaire de géopolitique concernant exclusivement le fédéral. Le rapprochement envisagé entre le Canada et l’UE touche autant la mobilité des biens et des personnes que des cadres législatifs et réglementaires relavant tantôt des provinces, tantôt d’Ottawa.

La diplomate de carrière Louise Blais, qui était jusqu’à tout récemment l’émissaire du Québec dans les négociations commerciales entre le Canada et les États-Unis, rappelait à RDI que le premier ministre Carney ne peut pas se passer des provinces dans les discussions avec l’UE. Elles sont autant des parties prenantes que des leviers d’action et d’adhésion. Bien qu’il s’agisse d’un accroc au protocole diplomatique, donner la parole au premier ministre St-Pierre Plamondon aurait pu faciliter la coopération entre le Canada et le Québec. Dans le jeu des remontrances entre MM. Carney et St-Pierre Plamondon, « les deux ont un peu raison », observe-t-elle.

Le rapprochement du Canada avec l’Europe n’est pas acquis. Comme dans toute négociation en vue d’un accord commercial, il viendra avec des discussions exigeantes, des concessions de part et d’autre, une recherche d’arbitrage. Pour le Québec et le Canada, ce serait une grave erreur de présenter un front désuni devant l’UE.

Ottawa ne peut engager la responsabilité et la parole du Québec sans risquer un effet de ressac. Lors de la période de questions aux Communes, M. Carney a indiqué que le Québec sera impliqué dans les discussions à venir. Le sommet de Montréal marque le début et non l’aboutissement du rapprochement entre le Canada et l’UE, a dit le premier ministre. Il faudra bien qu’il cède un peu sur sa propension à gérer les relations diplomatiques et intergouvernementales à la manière du président d’une entreprise privée.

Les deux leaders ne sortent pas grandis de l’épisode. À l’ombre des regards, ils feraient mieux de convenir d’un nouveau départ dans leurs relations.

View the original on Le Devoir →

KioskNews shows a cleaned-up reading view extracted from the publisher’s page — the original always lives on their site, not ours.