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Monday, September 14, 2026

France: le gouvernement avance prudemment vers une proposition de budget pour 2027

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Le Premier ministre Sébastien Lecornu présentera dans 15 jours un budget 2027 ambitieux, avec 30 milliards d'euros d'économies. Il remet notamment sur la table un sujet sensible : la contribution des retraités à l'effort budgétaire. Cette semaine, le gouvernement lance des discussions avec les groupes de l'Assemblée nationale, où aucune majorité ne se dégage. 

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Le gouvernement espère aller au bout du budget 2027. Le gouvernement n'a pas encore fixé officiellement de cible de déficit pour 2027. Mais le ministre des Comptes publics David Amiel a souligné qu'il ne pourrait pas être « pire que celui de 2025 », de 5,1%. « Je rejoins cette ambition » d'un déficit inférieur à 5,1%, a souligné le ministre de l'Economie Roland Lescure. L'équation est compliquée par les mauvais chiffres de la croissance. Le gouvernement prévoit 0,5% cette année et a fixé vendredi un objectif de 1% pour l'an prochain, « acte 1 du budget », selon Roland Lescure.

Conscient des risques de censure, Matignon ne dévoile pour le moment que des pistes de réflexion. L'exécutif envisage de mettre à contribution les retraités. Selon les calcul de Bercy, cela pourrait permettre de faire 6 milliards d'euros d'économie. Pour cela, deux solutions sont envisagées : geler les pensions ou supprimer l'abattement de 10% d'impôts dont bénéficient les retraités, qui représente environ le même montant. Un panachage pourrait aussi être envisagé, selon le ministre des Comptes publics.

Cette dernière option ne concerne que les retraités assujettis à l'impôt sur le revenu, soit la moitié environ. Mais « les retraités ne porteront pas l'effort central de ce budget », a assuré Maud Bregeon, porte-parole du gouvernement. Le Premier ministre Sébastien Lecornu a confié à trois ministres le soin de consulter les groupes politiques du Parlement à ce sujet.

Le RN pose ses conditions

Les formations politiques sont majoritairement frileuses vis-à-vis de cette catégorie de la population qui pèse lourd dans le corps électoral. Les années précédentes, plusieurs groupes parlementaires avaient fait du pouvoir d'achat des retraités une ligne rouge à ne pas dépasser, notamment à droite et à l'extrême droite.

Le gouvernement va notamment scruter la position du Rassemblement national qui, à l'inverse de la gauche, a semblé faire une ouverture. « Un budget imparfait opérationnel avant les élections est préférable cette fois à une loi spéciale », a déclaré Marine le Pen devant les parlementaires de son parti. Elle a toutefois posé des conditions assez vagues : « Nous n'accepterons aucune hausse d'impôt et aucune injustice sociale contre la France du travail » a-t-elle lancé à l'adresse du Premier ministre Sébastien Lecornu, qui doit dévoiler sa copie budgétaire le 30 septembre.

Autres pistes étudiées : David Amiel, le ministre des Comptes publics, a proposé au Premier ministre « des réformes de certaines niches fiscales qui bénéficient uniquement aux plus fortunés », a-t-il dit sans davantage de précision. Des mesures temporaires pour favoriser les donations familiales seront également proposées, afin de « faire circuler l'argent au moment où il est le plus utile ». La principale disposition consistera à relever de 31 865 à 50 000 euros le plafond des sommes exonérées de taxation au titre d'un don familial de sommes d'argent.

Un coup de frein sur les dépenses est également attendu. En 2027, l'effort devra porter en particulier sur les dépenses de l'Etat, qui continueront d'augmenter, mais moins que l'inflation, comme prévu par le projet de dépenses du gouvernement publié mi-juillet. Seront préservés des coupes budgétaires : la Défense (+6,4 milliards d'euros), la Justice (+400 millions), l'Intérieur (+600 millions), mais aussi l'Education (+800 millions), la Recherche (+500 millions), l'Ecologie (+1,1 milliard), ou encore les politiques du logement social et de l'apprentissage. En revanche, seraient en baisse les budgets de la mission « travail », de l'aide publique au développement et des missions « agriculture » et « santé », selon le document de juillet

À lire aussiFrance: sous pression des oppositions, Sébastien Lecornu lance les discussions sur le budget 2027

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