Le petit Belge qui a osé titiller les gros : les 5 moments clés de la carrière de David Goffin

Chaque grand joueur se retournera un jour sur sa carrière en se disant : "Voilà, c’est là que tout a vraiment commencé."
Quelque chose nous dit qu’une fois que David Goffin aura pris suffisamment de recul, il repensera, avec un certain sourire, à ce Roland-Garros 2012. A l’époque, le Liégeois a 22 ans et ce n’est que la 2e fois de sa carrière qu’il déboule Porte d’Auteuil.
A la surprise générale, il se hisse jusqu’en 8e de finale où l’un des ténors du circuit l’attend : Roger Federer. Goffin n’a rien à perdre, il le sait, et il se permet donc de jouer particulièrement relâché.
Pendant près de 3h, il malmène le Suisse et se permet même de lui chiper le premier set (5-7). Et s’il doit finalement s’avouer vaincu en quatre manches, il profite de ce duel de gala pour soigner ses présentations avec le public français et le très haut niveau.
"Je ne le connaissais pas bien, maintenant un peu mieux, et après, comme on va se faire la bise, je le connaîtrai encore mieux" sourit Roger Federer à l’interview d’après-match.
Une défaite, certes, mais un acte fondateur pour David Goffin.
2. Le Masters 2017 : Nadal et Federer dans le rétroviseur
Petit à petit, David Goffin commence donc à gravir les échelons. Au point qu’au fil des saisons, on comprenne que le Belge peut, s’il le veut, regarder n’importe qui dans les yeux. Même les meilleurs tennismen de la planète. Le Masters 2017 en sera la plus pure illustration.
A l’époque, le Liégeois est au sommet de son art : il vient de s’offrir deux titres, dont un ATP 500 à Tokyo, et reste sur un quart de finale à l’Open d’Australie.
En pleine bourre, il éclabousse le Masters de son talent et de son culot en battant coup sur coup deux joueurs de légende : Rafael Nadal, d’abord, en poules (7-6, 6-7, 6-4) puis Roger Federer en demi-finale (2-6, 6-3, 6-4).
Le trophée lui tend les bras. Malheureusement – et de façon tristement symbolique – Goffin butte sur le dernier écueil et l’une de ses bêtes noires. Impitoyable, Grigor Dimitrov ramène le Belge sur terre en finale (5-7, 6-4, 3-6). Un cruel dénouement après une semaine de rêve.
3. La Coupe Davis 2017 : au sommet de son art, à un cheveu de la gloire
Galvanisé par ce Masters réussi, David Goffin aborde la fin de saison avec une ambition : effacer la finale perdue face à la Grande-Bretagne en 2015 et enfin offrir la Coupe Davis à la Belgique.
Déchaîné, le Belge climatise le bouillant Stade Pierre-Mauroy d’entrée de jeu en dévorant Lucas Pouille en trois sets : 7-5, 6-3, 6-1. Grâce à son leader, la Belgique vire en tête (1-0) mais retombe vite de son petit nuage : Steve Darcis est expédié par Jo-Wilfried Tsonga, alors que la doublette Bemelmans-De Loore s’incline face à Herbert et Gasquet.
Menés, les Belges sont dos au mur : une défaite et la messe serait définitivement dite. Pression maximale donc pour David Goffin au moment d’affronter le chouchou local, Jo-Wilfried Tsonga.
Le Liégeois se retrouve en terre hostile, mis sous pression par un public français évidemment acquis à la cause de son adversaire. Mais ce Goffin-là, en confiance, est quasiment injouable. Tsonga en fait vite l’amer constat. Défaite nette et sans bavure. Trois sets, quasiment autant de claques : 7-6, 6-3, 6-2.
Deuxième match, deuxième victoire pour Goffin qui porte quasiment à lui seul les espoirs de la Belgique. Malheureusement, les exploits du Goff seront vains puisque Darcis s’inclinera face à Pouille dans le match décisif (3-2). La pire désillusion de la carrière du Belge. Encore ce foutu dernier écueil…
4. Norrie, no fun : la folle épopée de 2022 à Wimbledon
2017, l’année de tous les exploits. Difficile de garder ce niveau-là par la suite pour un David Goffin, qui se maintient parmi l’élite mais qui peine à rééditer ces performances dantesques face aux meilleurs joueurs de la planète. Jusqu’en 2022.
L’année où le Phoenix se réveille et signe l’une des épopées les plus surprenantes de sa carrière. Pas tête de série, Goffin oscille autour de la 50e place ATP au moment de fouler le gazon de Wimbledon.
Loin d’être favori, donc, mais le Liégeois n’en a cure. Il veut retrouver la seconde semaine d’un Grand-Chelem pour la 1e fois depuis deux ans.
Au premier tour, c’est Radu Albot qui en fait les frais, au 2e tour, Sebastian Baez. Deux victoires en patron, sans perdre le moindre set, de quoi mettre en confiance.
Au 3e tour, c’est l’étoile montante du tennis français Ugo Humbert qui cède face à un Goffin retrouvé. La victoire coup de poing, elle, survient en 8e de finale : Frances Tiafoe, en pleine ascension à l’époque, courbe l’échine à la surprise générale. A 32 ans, et alors qu’il n’avait plus atteint ce stade depuis 2017, David Goffin s’ouvre donc les portes des quarts de finale.
Le pire ? C’est que son adversaire, Cameron Norrie, semble prenable. Pour la première fois de sa carrière, Goffin peut donc rêver d’entrevoir le dernier carré d’un Grand-Chelem. Encore davantage quand il se retrouve aux commandes du match en menant 2 sets à 1.
Mais alors qu’il a tout en main, le Liégeois faiblit au pire moment et s’incline finalement au bout du suspense et d’une 5e manche irréspirable (6-3, 5-7, 6-2, 3-6, 5-7). Le train est malheureusement passé, Goffin ne retrouvera plus jamais une 2e semaine de Grand-Chelem à partir de cette année-là.
5. Ce sombre jour de février 2023, le corps commence à lâcher
Pour ce 5e point, on a hésité à évoquer les deux victoires étincelantes de David Goffin face à Carlos Alcaraz, en 2022 et surtout en 2025. Mais, au final, on s’est dit que la carrière du Belge, c’est finalement un grand ascenseur émotionnel et qu’occulter les moments plus difficiles serait oublier une partie du récit.
On a donc décidé d’évoquer le tournoi ATP 250 de Marseille, en 2023. Un tournoi comme un autre, un match comme un autre face à Mickael Ymer en 8e de finale. Mais le corps lâche, une première fois. Avant même de déposer un orteil sur le court, le Belge doit déclarer forfait. Son genou grince et il doit ensuite faire l’impasse sur la tournée américaine, Indian Wells et Miami.
A ce moment-là, on ne le sait pas encore, mais c’est le début des ennuis. Le début d’une période indigeste où le moindre moment d’accalmie est suivi d’une rechute, de doutes et de blessures.
Goffin s’arrache, au mental, mais sa chute au classement ATP devient inexorable. Adieu le Top 50, adieu le Top 100, même par moments. Trahi par son corps, le Belge redevient un joueur comme un autre. Fragile, humain, capable d’exploits irréguliers mais trop souvent limité quand l’enjeu devient plus important.
Après plusieurs saisons de bataille, seul face à lui-même, Goffin décide finalement de jeter l’éponge. Plus tôt que prévu, sans doute. Pour se préserver un maximum, sûrement aussi.
KioskNews shows a cleaned-up reading view extracted from the publisher’s page — the original always lives on their site, not ours.