La Chine durcit les restrictions sur les sorties du territoire au nom de la «sécurité nationale»

La Chine a durci, depuis mardi 15 septembre, les conditions de sortie de son territoire. De nouvelles règles permettent désormais aux autorités d’empêcher un citoyen de voyager s’il est soupçonné de menacer la sécurité nationale, mais aussi la sécurité industrielle ou technologique du pays. Un tour de vis qui vise notamment à empêcher la fuite des talents et des savoir-faire stratégiques.
Publié le :
1 min Temps de lecture
Avec notre correspondante à Pékin, Cléa Broadhurst
Ce ne sont plus seulement les secrets d’État que Pékin veut retenir à l’intérieur de ses frontières, mais aussi les cerveaux et les technologies. Les nouvelles règles permettent d’interdire de sortie du territoire toute personne accusée d’avoir enfreint les contrôles sur les exportations technologiques. La durée du blocage n’est pas précisée et la formulation est suffisamment large pour viser des chercheurs, des ingénieurs ou des dirigeants d’entreprises privées.
Les fonctionnaires, cadres du parti, militaires et employés d’entreprises publiques étaient déjà étroitement surveillés : beaucoup doivent remettre leur passeport à leur employeur et obtenir une autorisation avant chaque déplacement. Ces restrictions sont désormais formalisées et les agences d’immigration devront signaler les départs irréguliers de personnels jugés sensibles.
Pékin assure que les voyageurs ordinaires ne sont pas concernés. Mais les juristes redoutent un effet dissuasif : face à des notions aussi floues que la « sécurité technologique », les responsables pourraient refuser les autorisations par précaution. Dans un contexte de rivalité avec Washington, voyager à l’étranger peut ainsi devenir pour un nombre croissant de Chinois non plus un droit mais un privilège révocable.
À lire aussiDan Wang: «La Chine ne dépassera jamais les États-Unis»
KioskNews shows a cleaned-up reading view extracted from the publisher’s page — the original always lives on their site, not ours.