Fusillade du Collège Dawson | Les survivants et les familles des victimes de l’attaque se souviennent

(Montréal) Une foule s’est rassemblée vendredi dans le Jardin de la Paix du Collège Dawson, à Montréal, pour se souvenir de l’attaque d’il y a 20 ans qui avait coûté la vie à une étudiante, Anastasia De Sousa, et blessé 16 autres personnes, selon le rapport du coroner de 2008.
Publié à
Erika Morris La Presse Canadienne
Le tireur, lui, s’est suicidé après avoir été blessé lors d’une fusillade avec la police.
L’endroit où s’est déroulée la cérémonie a été baptisé « Jardin de la paix » au lendemain de l’attaque, raconte Toby Harper-Merrett, directeur du Collège Dawson.
M. Harper-Merrett a indiqué que les étudiants, le corps enseignant et les membres de la communauté montréalaise déposaient régulièrement des bouquets devant les grilles de l’établissement. Un poteau blanc portant l’inscription en lettres noires « Que la paix règne sur Terre » a été installé dans le jardin.
Après la cérémonie, Louise De Sousa, la mère d’Anastasia, a participé à la plantation de trois bruyères roses en l’honneur de sa fille. Des étudiants, des responsables politiques et des enseignants ont également pris des poignées de graines de fleurs sauvages pour les semer dans le jardin.
Mme De Sousa portait une robe en dentelle rose en hommage à sa fille.
PHOTO CHRISTINNE MUSCHI, LA PRESSE CANADIENNE
Louise et Nelson De Sousa
« Le rose était sa couleur préférée. Ses amis de l’école secondaire la surnommaient Malibu Barbie, a-t-elle confié aux journalistes après la cérémonie. Même sa chambre était rose bonbon. »
Mme De Sousa a dit qu’elle pensait encore à sa fille tous les jours, se demandant quel genre de femme Anastasia serait devenue. « Serait-elle mariée ? Aurait-elle des enfants ? », s’est-elle interrogée.
Mme De Sousa a expliqué que le 13 septembre est toujours rempli d’émotion, mais qu’il était réconfortant de passer du temps à commémorer cette tragédie avec les autres victimes et leurs familles.
Mais ce dimanche sera différent.
« Ce jour-là m’appartient », a-t-elle souligné.
Chaque année, Mme De Sousa et sa famille se rendent sur la tombe d’Anastasia à l’heure de sa mort. Ils partagent ensuite des souvenirs de la jeune femme autour d’un repas. Mme De Sousa explique que ses petits-enfants apprennent à connaître leur tante, même s’ils ne l’ont jamais rencontrée.
« C’était une adolescente comme les autres, a-t-elle déclaré. Elle avait un beau sourire, elle était drôle et affectueuse, mais c’était aussi une petite chipie. Nous nous souvenons de tout ce qu’elle a fait. C’est ainsi que nous allons de l’avant. »
Mme De Sousa incite le gouvernement fédéral à renforcer la législation sur le contrôle des armes à feu. Elle figurait parmi les signataires d’une lettre adressée au premier ministre Mark Carney en début de semaine, exigeant que le gouvernement mette en œuvre l’interdiction des armes d’assaut et renforce la réglementation concernant les chargeurs de grande capacité et les armes de poing.
PHOTO CHRISTINNE MUSCHI, LA PRESSE CANADIENNE
Vendredi, à Montréal, des participants ont semé des graines de fleurs sauvages dans le « Jardin de la Paix » à l’occasion d’une cérémonie commémorant les 20 ans de la fusillade survenue au Collège Dawson.
Au cours de la cérémonie, la mairesse de Montréal, Soraya Martinez Ferrada, et le chef de la police, Fady Dagher, ont établi un parallèle entre la tragédie de Dawson et une fusillade survenue en juin, qui avait coûté la vie à un policier, à un passant et au tireur.
« Ce type d’armes qui circule, les armes d’assaut, nous ne pouvons pas nous le permettre au Canada, pas dans cette collectivité où nous vivons », a déclaré M. Dagher.
Ian Lafrenière, ministre de la Sécurité intérieure du Québec, était porte-parole de la police de Montréal en 2006. Il se souvient que son partenaire, son frère et son meilleur ami – tous policiers – avaient été dépêchés sur les lieux de la fusillade de Dawson.
Il a confié avoir été ému de voir, lors de la cérémonie, les visages de jeunes étudiants qui n’étaient peut-être même pas nés à l’époque.
« Voir les nouvelles générations ici et continuer à entretenir ce souvenir me rassure », a-t-il déclaré. « Nous n’oublierons jamais ce qui s’est passé, car c’est la seule façon d’empêcher que cela ne se reproduise à l’avenir. »
Parmi les orateurs de la cérémonie, Hayder Kadhim, qui se demande encore pourquoi il a survécu aux coups de feu, et non son amie Anastasia. Ce 13 septembre 2006, M. Kadhim, alors âgé de 17 ans, avait été touché à la tête, au cou et au mollet.
Aujourd’hui, il estime qu’il est essentiel que les gens prennent soin les uns des autres.
« Peut-être que ces petits gestes suffiraient à empêcher une tragédie de se produire et à éviter qu’une personne seule et déprimée ne se réveille avec des pensées folles, simplement parce que l’un d’entre nous a fait un petit geste d’attention. »
KioskNews shows a cleaned-up reading view extracted from the publisher’s page — the original always lives on their site, not ours.