Une mobilisation à travers le monde contre Syngenta, le roi des pesticides

De la Normandie au Kenya, en passant par la Suisse, le Pakistan ou l'Indonésie, des mobilisations contre les pesticides sont prévues ce samedi sur quatre continents avec une cible en particulier : le géant Syngenta. Paysans, malades, riverains appellent à se rassembler contre le numéro un mondial des pesticides.
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En France, le principal rassemblement doit partir d'un village de Normandie, à quelques kilomètres d’une usine du géant de l’agrochimie Syngenta, le géant suisse des pesticides passé sous pavillon chinois. La Confédération paysanne (troisième syndicat agricole) et les ONG Soulèvements de la Terre, Cancer Colère et le Collectif de soutien aux victimes des pesticides de l'ouest (CSVPO), aux côtés des paysans, victimes des pesticides, riverains et salariés de la chimie, réclament notamment l’arrêt des productions les plus toxiques et de l’exportation vers d’autres continents de pesticides interdits en Europe. Une pratique dénoncée par les organisateurs comme une forme de « colonialisme chimique ».
Analyse partagée à des milliers de kilomètres de là, au Kenya. « Celui qui te nourrit, il te contrôle, lâche Susan Owiti, une agricultrice kényane. La souveraineté alimentaire, c’est une question de contrôle sur ce que tu cultives. Tout ce que le Nord développe et déverse vers le Sud signifie qu’il veut contrôler nos systèmes alimentaires. C'est ce que nous devons continuer de refuser. »
Pour Syngenta, l'innovation technologique avant tout
Pour les mouvements paysans mobilisés sur plusieurs continents, l’enjeu dépasse donc celui de l’usage des pesticides et de leurs conséquences sanitaires et environnementales. Il s'agit de dénoncer également la dépendance aux multinationales afin de redonner le contrôle des semences aux agriculteurs eux-mêmes. Pour ce faire, l'appel à se mobiliser a été soutenu par une cinquantaine d'organisations au total. D'autres rassemblements ont eu lieu un peu partout dans le monde, comme en Suisse, au siège de Syngenta.
Joint par RFI, Syngenta affirme de son côté que « pour produire une alimentation sûre, accessible et en quantité suffisante, pas seulement pour la France, mais aussi pour le reste du monde, tout en protégeant les ressources naturelles et la biodiversité, les agriculteurs doivent pouvoir s’appuyer sur une diversité de solutions et de technologies. »
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