The Daily Newsstand · Free, Always
Tuesday, October 6, 2026

Voitures électriques à moins de 25 000 € : les ventes vont être multipliées par sept en 2026

Translate

Les ventes de voitures électriques affichées à moins de 25 000 € devraient être multipliées par sept en 2026 par rapport à 2024 dans l’Union européenne, selon un rapport de l’ONG Transport & Environment publié ce lundi 5 octobre. La crise des carburants n’est pas étrangère à ce boom annoncé.

Le bonheur des uns fait le malheur des autres. L’ONG basée à Bruxelles Transport & Environment (T&E) a publié ce lundi 5 octobre 2026 son dernier bilan sur la voiture électrique en Europe. L’organisme y estime que les ventes de modèles électriques affichés à moins de 25 000 euros seront sept fois plus élevées en 2026 qu’en 2024. Alors que les prix des carburants s’envolent bien au-delà des 2€/litre, la voiture électrique arrive enfin au niveau du prix d’une citadine thermique.

Cela se ressent sur les immatriculations. D’après l’Association des constructeurs européens d’automobiles (ACEA), 1,64 million de voitures 100 % électriques ont été immatriculées dans l’UE entre janvier et août 2026, soit 45 % de plus que sur la même période de 2025. Elles pèsent désormais 21,7 % du marché, contre 15,8 % un an plus tôt, et devancent d’environ 6 600 unités les voitures à essence pure.

Et la courbe ne fléchit pas. Après le cap d’une voiture neuve sur quatre franchi en juillet, la part de l’électrique a encore grimpé en août. La France a atteint 38 % ce mois-là, selon T&E, et les chiffres de septembre ont confirmé la bascule du marché français.

Le choc pétrolier, accélérateur inattendu

En France, le litre de gazole a pris 50 centimes entre le 27 février et le 31 mars 2026, a calculé franceinfo. C’est presque deux fois plus que la hausse du SP95-E10 sur la même période.

Avec les sanctions contre la Russie qui ont suivi l’invasion de l’Ukraine, le Moyen-Orient est devenu le premier fournisseur de gazole raffiné de l’Europe. La guerre dans la région touche donc directement ce carburant, le plus consommé en France.

pompe essence station
La flambée des carburants pousse des automobilistes vers l’électrique. // Source : Louis Concorde

À l’échelle de l’Union européenne, T&E chiffre la hausse du diesel à 38 % depuis le début du conflit. Ainsi, un plein de 50 litres coûte 30 euros de plus qu’avant la guerre. Au total, le choc pétrolier a déjà coûté 53 milliards d’euros aux automobilistes européens, dont 40 milliards pour le seul gazole.

En face, une voiture électrique rechargée à domicile coûte deux fois moins cher à l’usage qu’une thermique, d’après les calculs de l’ONG. Un conducteur étant passé à l’électrique au début de la crise aurait déjà économisé environ 350 euros à la mi-septembre.

Des électriques à moins de 25 000 euros qui font mouche

La crise n’aurait pas eu le même effet sans voitures abordables à vendre. Pendant des années, la voiture électrique à 20 000 euros est restée une promesse. Au premier semestre 2026, près de 40 nouveaux modèles électriques sont arrivés sur le marché européen, et T&E en imagine une soixantaine sur l’année. Entre 2021 et 2025, la moyenne tournait plutôt autour de 15 par an.

Les modèles d’entrée de gamme se sont multipliés plus vite que les autres. D’ici fin 2026, 16 modèles électriques seront proposés sous les 25 000 €, le double par rapport à 2025, dont quatre sous les 20 000 €. Toutefois, le thermique garde encore une large avance sur le segment d’entrée de gamme. Entre 20 000 et 25 000 €, les modèles essence ou diesel sont aujourd’hui 4,4 fois plus nombreux que les électriques.

Mais au fur à mesure que les mois passent, les prix d’accès des électriques diminuent également. Dacia Hipster ou encore Citroën 2CV électrique, les voitures électriques à moins de 15 000 € ne seront bientôt plus des mirages non plus. Sous les 20 000 €, l’ONG estime qu’il y aura une dizaine de modèles électriques en 2028, contre 20 thermiques déjà disponibles.

Au-delà de la réalité économique pour le portefeuille des automobilistes à la pompe, pourquoi cet essor maintenant ? Transport et Environnement y voit l’effet des objectifs européens de CO2. La réglementation impose que chaque constructeur doive respecter une moyenne d’émissions sur l’ensemble des voitures neuves qu’il vend sous peine d’amende, la fameuse norme CAFE (Corporate Average Fuel Economy). Entre 2021 et 2024, ce plafond n’a pas bougé, et les marques avaient peu de raisons de lancer des modèles bon marché.

Le nouvel objectif, calculé en moyenne sur 2025-2027, les oblige cette fois à vendre davantage d’électriques, donc à en proposer de moins chères. Selon l’ONG, à mi-parcours, les constructeurs ont déjà comblé 75 % de l’écart qui les séparait de la cible, tandis que les ventes de modèles dont le prix de départ est inférieur à 25 000 € devraient être sept fois plus élevées en 2026 qu’en 2024.

Volkswagen est l’exemple type avec sa nouvelle ID. Polo vendue à partir de 24 995 €. Le constructeur allemand fait un véritable carton avec sa citadine à tel point que les délais de livraison s’allongent jusqu’à 10 mois. Pour Lucien Mathieu, directeur de la thématique automobile chez T&E, les constructeurs qui se plaignaient du manque d’appétit des clients avaient tout faux : « Le problème n’était pas la demande, mais ce qu’ils avaient à offrir. »

Bruxelles peut-elle casser l’élan ?

Le rapport de T&E est aussi un plaidoyer contre les assouplissements des objectifs CO2 pour 2030 et 2035, dont le vote est prévu cet automne. Selon les projections de T&E, ce revirement stratégique ferait plafonner la part de l’électrique à 22 % des ventes en 2030, contre 47 % avec la proposition de la Commission. Les ventes de modèles sous 25 000 euros chuteraient de près des trois quarts.

Toute l'actu tech en un clien d'oeil

Toute l'actu tech en un clin d'œil

Ajoutez Numerama à votre écran d'accueil et restez connectés au futur !

View the original on Numerama →

KioskNews shows a cleaned-up reading view extracted from the publisher’s page — the original always lives on their site, not ours.