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Tuesday, October 13, 2026

Un livre de Marie-Victorin dédicacé à sa confidente mis aux enchères

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Un exemplaire de la première édition des Croquis laurentiens, publiée en 1920 par le frère Marie-Victorin, est actuellement proposé aux enchères par La Maison des Encans. Sa particularité ? Il porte une dédicace manuscrite à Marcelle Gauvreau, la botaniste qui deviendra sa confidente, sa compagne intellectuelle et, en quelque sorte, son amoureuse.

La dédicace donne à ce volume un intérêt qui dépasse largement celui d’une simple première édition. « Hommage à Mademoiselle Marcelle Gauvreau, de ce petit bréviaire des belles choses de notre Laurentie, frère Marie-Victorin », peut-on lire sur la page de faux-titre de cet ouvrage illustré par Edmond-J. Massicotte. Nombre d’intellectuels et de nationalistes utilisaient le mot Laurentie pour désigner autrefois le pays des rives du fleuve Saint-Laurent dont les contours, assez flous, ont fini par rejoindre ceux du Québec tout entier.

La correspondance entre Marcelle Gauvreau et Marie-Victorin, rendue publique bien après leur mort, révèle une intimité amoureuse et intellectuelle longtemps demeurée secrète.

Cette correspondance, qui court des années 1930 à la mort accidentelle du botaniste en 1944, a été publiée en deux temps aux Éditions du Boréal. En 2018 parurent les Lettres biologiques de Marie-Victorin, présentées par l’historien Yves Gingras, puis en 2019 des Lettres au frère Marie-Victorin de Marcelle Gauvreau. Lettres sur la sexualité humaine (2024) rassemble ces documents.

Les échanges entre les deux ont inspiré le film Dis-moi pourquoi ces choses sont si belles, réalisé par Lyne Charlebois en 2024, avec Alexandre Goyette dans le rôle du religieux et Mylène Mackay dans celui de Marcelle Gauvreau.

Kevin Le Myre, adjoint à La Maison des Encans, affirme avoir été sous le choc lorsqu’il a découvert ce qu’il avait entre les mains. « J’étais tellement ému. Je vous jure que des larmes se sont mises à couler. C’est une des plus belles choses que nous ayons eues en vente depuis les dix ans que je travaille ici. » C’est M. Le Myre qui a pour tâche de décrire sommairement le livre relié mis en vente.

Mathieu-Robert Sauvé, biographe du frère Marie-Victorin, estime qu’il s’agit d’une curiosité, tout en ajoutant que les dédicaces du Frère Marie-Victorin ne sont pas rares. «Avant d’être des amants secrets, Marcelle Gauvreau et Marie-Victorien étaient d’abord des collaborateurs», indique-t-il. «Quand elle l’a rencontré, à l’occasion d’une expo-science, elle a tout lâché pour travailler avec lui. Et elle a travaillé avec acharnement, dans l’ombre. Elle a revu et corrigé La Flore Laurentienne. Elle a assisté à tout.»

Même si la signature du frère Mare-Victorin n’est pas rare, comme l’indique Mathieu-Robert Sauvé, il reste que ce livre dédicacé à cette très proche collaboratrice a quelque chose qui sort de l’ordinaire.

Au moment où ces lignes étaient écrites mardi, les enchères en ligne pour cet ouvrage dédicacé s’étaient multipliées. Elles atteignaient 620 $.

Le coup de marteau virtuel de La Maison des encans doit sceller la vente dans la soirée du mercredi 14 octobre.

En mai dernier, une vente aux enchères organisée autour des collections de la Congrégation Notre-Dame a vu un exemplaire de la première édition de La Flore laurentienne, l’ouvrage phare du botaniste, s’envoler à 1 390 $, et un exemplaire de la première édition de ses Récits laurentiens, à 2 060 $. Des prix exceptionnels au regard de ceux habituellement obtenus pour ces ouvrages emblématiques du Frère Marie-Victorin. En août dernier, La Maison des Encans a vendu un exemplaire de la deuxième édition de La Flore laurentienne pour 150 $, auxquels s’ajoutaient les frais.

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