Yémen: à Taëz, une population prise au piège des combats

À Taëz, troisième ville du Yémen, les habitants sont pris au piège d’un siège partiel et de combats qui se poursuivent. Coupée du monde, la ville manque d’eau, de gaz et d’oxygène, et ses hôpitaux doivent choisir quels patients soigner en priorité. Pour l’ONG Mwatana, la situation est « sans précédent ». L’ONU demande désormais l’ouverture de corridors humanitaires.
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La crise humanitaire s’aggrave à Taëz, troisième ville du Yémen, qui vit sous le siège partiel des Houthis depuis 2015, sans que les rebelles aient réussi à en prendre le contrôle. Toutes les routes d’accès sont bloquées depuis le mois d’octobre, alors que les combats se poursuivent aux abords de la ville entre les Houthis et les forces gouvernementales, soutenues par des groupes locaux. Les organisations humanitaires yéménites s’inquiètent d’une situation qui ne cesse de se dégrader.
La ville est devenue une vaste prison, complètement isolée. À l’intérieur, la « situation humanitaire est sans précédent » inquiète Khawalah Alrowaishan, de l’ONG yéménite Mwatana pour les droits humains. « Les prix flambent. La population n’a plus accès au gaz pour cuisiner, ni à l’eau potable. Et il est impossible de retirer de l’argent à la banque. Mais le pire, c’est le système de santé, qui est au bord de l’effondrement. Il manque de l’oxygène et du matériel médical. Dans certains hôpitaux, le personnel doit même choisir quels patients soigner en priorité. »
Les civils subissent aussi les frappes, qu’elles viennent des rebelles ou des forces gouvernementales. « Les civils vivent dans la peur permanente, sous les bombardements qui frappent les zones résidentielles et ne cessent de faire des victimes », déplore Khawalah Alrowaishan.
Un rapport fait état de 130 morts civils lors de cette seule semaine. Khawalah Alrowaishan appelle la communauté internationale à faire pression sur les belligérants « pour qu’ils laissent entrer l’aide humanitaire et permettent de trouver des lieux d’accueil pour les personnes déplacées. » L’ONU a relayé cet appel mardi 20 octobre, en demandant la mise en place de corridors humanitaires.
Ces violences s’inscrivent dans une escalade régionale à la suite de la guerre déclenchée en février par Israël et les États-Unis contre l’Iran. Selon l’AFP, les frappes des Houthis, alliés de Téhéran, sur l’Arabie saoudite ont atteint une ampleur inédite depuis le début du conflit au Yémen, en 2014. Les détroits d’Ormuz et de Bab el-Mandeb sont également au centre des inquiétudes, car la situation dans ces passages paralyse le commerce mondial et fait grimper le prix de l’énergie. Ces sujets figuraient à l’ordre du jour de la réunion d’Istanbul, ce vendredi, entre les chefs de la diplomatie de huit pays européens et moyen-orientaux.
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