Contestation du secteur de l’enseignement : les débats à la chambre sous haute tension

Tant le président du MR, Georges-Louis Bouchez, que son collègue du PS, Paul Magnette, sont intervenus dans le débat. "Ces jeunes aujourd’hui sont terriblement inquiets et en colère. Comment ne le serait-on pas quand on voit cette pluie de mesures qui s’abat sur la jeunesse ? Ces jeunes ont le sentiment, et on les comprend, que tout est fait pour casser leur avenir", a tancé Paul Magnette. Le socialiste a condamné les violences et les dégradations tout en demandant qu’elles ne détournent pas l’attention du fond des revendications.
Le réformateur a au contraire réclamé la fermeté. "Qu’allez-vous faire pour reprendre le contrôle, sanctionner les parents et interdire Tik Tok qui est un organe de propagande ?" a lancé Georges-Louis Bouchez. "Aucune revendication n’autorise des jeunes de 12, 13, 14 ans à prendre leur ville en otage", a enchéri Victoria Vandenberg. "La violence est un délit qui doit être puni. Le sentiment d’impunité ne peut s’installer à cet âge".
La N-VA a pris à partie le PTB, l’accusant d’attiser les violences. "Ces violences et ces dégradations ne sont pas acceptables, mais elles ne doivent pas être instrumentalisées pour interdire l’ensemble de la mobilisation", a répliqué Nabil Boukili. Le communiste a visé les interdictions de rassemblement à Liège. "D’un côté, vous attaquez la jeunesse et de l’autre, vous l’empêchez de s’exprimer".
"La jeunesse se sent acculée et vous répondez par la répression", a déploré Sarah Schlitz (Ecolo-Groen) tandis qu’au centre, les Engagés appelaient au dialogue. "Nous devons éviter qu’un mouvement légitime de jeunes ne conduise à une escalade de violences. Écoutons la majorité silencieuse des étudiants, soyons fermes avec la minorité des casseurs", a réclamé Isabelle Hansez.
Sur les bancs du gouvernement, les ministres de l’Intérieur, Bernard Quintin (MR) et Annelies Verlinden (CD&V), se sont montrés fermes. Ils entendent faire payer la casse aux auteurs de dégradations. Un appel à la responsabilité visant les familles et les enseignants aussi a été lancé. "La police a pris ses responsabilités mais d’autres doivent aussi le faire, dont les parents qui doivent surveiller leurs enfants", a affirmé Bernard Quintin. "Le corps enseignant et certains de leurs regroupements, comme Mars Attacks, feraient mieux de garder leurs élèves en cours". Des arrestations ont eu lieu ces derniers jours à Liège. Elles sont au nombre actuellement de 194, dont 35 judiciaires.
Le ton est monté à plusieurs reprises. Le député Sam Van Rooy (Vlaams Belang) a suscité un tollé dans l’assemblée quand il a pointé son majeur vers les bancs de la gauche. Le président, Peter De Roover, lui a adressé un blâme, regrettant un acte indigne d’un parlementaire.
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