Stelco invoque une chute de 58 % de ses exportations pour justifier ses licenciements

Selon Stelco, les exportations canadiennes d'acier laminé à froid et revêtu vers les États-Unis auraient chuté de 58 % depuis le début de la guerre tarifaire, pendant qu'une hausse des importations de l'étranger continuerait de fragiliser les producteurs locaux.
Dans une lettre de sept pages adressée à la ministre canadienne de l'Industrie, Mélanie Joly, et obtenue par La Presse canadienne, le président de Stelco, Paul Simon, mentionne que les exportations canadiennes de ces produits sidérurgiques vers les États-Unis ont baissé de 226 000 tonnes au deuxième trimestre 2026 par rapport à la moyenne trimestrielle de 2024.
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Il précise aussi que les importations représentaient 45 % de la part de marché canadien de ces produits, malgré les efforts d'Ottawa pour protéger l'industrie en restreignant les importations d'acier.
Selon M. Simon, la chute des exportations vers les États-Unis, le ralentissement de la demande locale et le maintien des importations ont amputé le marché de l'usine de Stelco à Hamilton de plus d'un million de tonnes d'acier par an. Cela représente environ le double de sa production historique habituelle d'acier laminé et revêtu.
La lettre datée du 9 octobre fait suite à la demande de la ministre Joly, qui souhaitait que Stelco explique comment elle comptait honorer les engagements en matière d'emploi pris par son propriétaire américain, Cleveland-Cliffs,lors de l'acquisition de l'entreprise en 2024.
Stelco a annoncé à la fin du mois dernier son intention de licencier jusqu'à 500 salariés à ses usines de Hamilton et du lac Érié, en Ontario.

La ministre de l'Industrie du Canada, Mélanie Joly, a rappelé la semaine dernière à l'entreprise Cleveland-Cliffs, le propriétaire américain de Stelco, ne peut invoquer la guerre commerciale pour supprimer des postes à son aciérie de Hamilton. (Photo d'archives)
Photo : La Presse canadienne / Justin Tang
M. Simon, qui est également directeur juridique de Stelco, souligne que l'entreprise poursuit son projet de mise à l'arrêt de ses activités de finition à Hamilton, malgré l'avertissement de Mme Joly concernant d'éventuelles poursuites judiciaires.
Il estime que ces licenciements ne constituent pas une violation de ses engagements contraignants en matière d'emploi, car les droits de douane américains et la poursuite des importations d'acier étranger ont radicalement modifié les conditions du marché.
Dans une déclaration publiée sur X le 10 octobre, Mme Joly a affirmé que les engagements en matière d'emploi légalement contraignant de Stelco restent en vigueur malgré l'évolution des stratégies commerciales ou de la conjoncture du marché, ajoutant que toutes les options restent sur la table pendant que l'équipe juridique du gouvernement examine la réponse de l'entreprise.
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