Budget bruxellois 2027 : emploi, primes, sécurité, propreté, le détail des mesures

"Un week-end chargé dans une ambiance excellente", c’est ainsi que Boris Dilliès (MR), le Ministre-président bruxellois a résumé le conclave au cours duquel lui et ses ministres ont bouclé le budget 2027 de la Région Bruxelles-Capitale. Le résultat de ce conclave ? "Des choix exigeants", a expliqué Boris Dilliès, dans un but, "donner à Bruxelles les moyens d’être à la hauteur de son potentiel". Il fallait, a expliqué le Ministre-président, "poser des choix importants pour poursuivre le redressement de nos finances et préserver notre capacité à agir dans les années qui viennent". "La seule charge d’intérêts représente aujourd’hui plus de 550 millions d’euros par an", a souligné ainsi Boris Dilliès.
C’est dans ce contexte et "pour retrouver cette capacité d’action" que l’accord conclu sur le budget prévoit de réduire le déficit à partir de 2027. "Nous partions d’un déficit de plus de 1,3 milliard d’euros, nous l’avons aujourd’hui divisé par deux, en passant à 719 millions", a mis en avant Boris Dilliès. La trajectoire budgétaire adoptée par le gouvernement prévoit en effet, de limiter le déficit à 719 millions d’euros l’an prochain et d’arriver, in fine, à l’équilibre en 2029. "Chacun a dû consentir à des efforts. Ils étaient nécessaires pour poursuivre le redressement des finances bruxelloises et redonner progressivement à notre Région les moyens de ses ambitions", a expliqué Boris Dilliès. "Huit mois, ce n’est pas assez pour transformer une Région, mais c’est suffisant pour fixer un cap et prendre des décisions", a-t-il ajouté, plaçant sa politique sous le signe du "retour à la raison".
Simplification de l’administration
Dans son accord sur le budget 2027, le gouvernement bruxellois confirme une série de points déjà annoncés dans la DPR, la Déclaration de Politique Régionale présentée à la mise sur pied du gouvernement.
C’est le cas, par exemple, de la simplification de l’administration. "Nous avons engagé une réorganisation autour de quatre piliers", a rappelé le Ministre-président, car "pour le citoyen, comme pour l’entreprise, il est parfois devenu difficile de savoir qui fait quoi". Un premier pilier, Atlas, a été créé en juillet dernier, a rappelé Boris Dilliès. Il prévoit de regrouper une série de services (gestion budgétaire, ressources humaines, informatique, etc. ) pour l’ensemble des administrations. Un deuxième pilier, qui sera créé "d’ici la fin de l’année" s’attaquera à la dispersion des services destinés aux Bruxellois et aux entreprises. "Cette première réforme, associée aux différentes mesures de rationalisation que nous avons décidées, permettra de réaliser 74 millions d’euros d’économies sur les dépenses de personnel et 39 millions d’euros sur les frais de fonctionnement sur l’année. Auxquels s’ajoutent 7 millions d’euros d’économies supplémentaires sur Bruxelles Environnement", a détaillé le Ministre-président bruxellois.
Toujours au rayon rationalisation, Boris Dilliès a confirmé la vente des bâtiments Ducale et Régent qui accueillent aujourd’hui les bureaux du Ministre-président. "Je n’ai pas besoin d’avoir deux bureaux", a-t-il affirmé, précisant que ses bureaux seront désormais Place Royale, au BIP.
Mobilité : un nouveau plan et des rénovations de tunnels en vue
Du côté de la mobilité, le Ministre-président a confirmé que son gouvernement préparait un nouveau Plan régional de mobilité qui sera adopté d’ici la fin 2028. "Il devra mieux tenir compte des réalités du terrain et des spécificités de nos quartiers, tout en répondant concrètement aux besoins de mobilité des Bruxelloises et des Bruxellois et en veillant à l’équilibre", a précisé Boris Dilliès.
D’ici novembre 2026, un plan pluriannuel d’investissement (PPI) pour les ponts, tunnels et viaducs sera déposé. Il portera notamment sur la rénovation "à l’identique" des tunnels Bailli et Vleurgat dont les travaux débuteront d’ici à 2029. Une étude de réaménagement de la surface de l’avenue Louise sera aussi lancée.
Boris Dilliès espère aussi que le projet du tram 15 (Gare du Nord-Belgica) pourra connaître "des avancées majeures d’ici 2027".
Doublement de la prime Be Home et baisse de l’IPP
Comme annoncé en février dernier, le Ministre-président bruxellois a confirmé le doublement de la prime Be Home. Il a aussi annoncé l’approbation en première lecture de la baisse de 1% de l’impôt des personnes physiques.
Sécurité, propreté : des enjeux pour Bruxelles
"Il n’y a pas de qualité de vie sans sécurité" a estimé Boris Dilliès, rappelant le nombre important de fusillades dans la capitale, "92 fusillades en 2024, 102 en 2025 et 69 déjà à la fin de l’été". "Même si la Région bruxelloise ne dispose pas d’une police régionale, même si elle n’exerce pas les compétences des zones de police, de la police fédérale ou de l’autorité judiciaire, cette réalité ne peut pas devenir un prétexte à l’inaction", a estimé le Ministre-président. Il a ainsi rappelé la convocation, le 27 août dernier, du Conseil régional de sécurité et l’arrivée prévue à Bruxelles d’un Commissaire régional aux drogues.
Toujours au rayon sécurité, Boris Dilliès a rappelé la mise en œuvre du "Plan Gares". "Sa première phase, pour 2026, a été adoptée par le Gouvernement le 1er octobre. Et elle se traduira très concrètement sur le terrain", a-t-il expliqué. Le budget dédié à ce plan sera renforcé. "Un budget de 5 millions d’euros sera mobilisé en 2027 afin d’y améliorer concrètement la sécurité, la propreté et la qualité de l’espace public", a-t-il assuré, promettant "des interventions coordonnées et visibles sur le terrain". Les maraudes dans les gares devraient ainsi être renforcées, tout comme les structures d’accueil destinées aux personnes sans-abri, a expliqué Boris Dilliès. "C’est dans cette continuité qu’en juillet dernier, nous avons consacré près de 69 millions d’euros au Plan global de sécurité et de prévention pour 2026", a-t-il déclaré. "Malgré le contexte budgétaire, nous avons fait un choix : maintenir 6,8 millions d’euros pour soutenir les acteurs qui accomplissent quotidiennement un travail crucial sur le terrain", a jouté le Ministre-président.
Il est aussi prévu de renforcer le SIAMU, le Service d’Incendie et d’Aide Médicale Urgente. "Nous avons décidé d’allouer une somme de 10 millions d’euros, notamment pour renforcer l’effectif opérationnel. 35 recrues francophones seront incorporées en décembre 2026, suivies d’une vingtaine de recrues néerlandophones début 2027", a expliqué Boris Dilliès, annonçant aussi la tenue d’un nouvel examen de recrutement pour reconstituer les réserves. "Au total, 92 recrues seront incorporées en 2027", a-t-il annoncé.
Le Ministre-président a aussi confirmé le projet de construction d’un "nouvel Etat-Major du SIAMU". 20 millions d’euros y seront consacrés en 2027. "Bruxelles disposera ainsi d’un véritable quartier général de la sécurité de 65.000 m², réunissant les pompiers, safe.brussels et des infrastructures de formation pouvant accueillir jusqu’à 1000 personnes", a expliqué Boris Dilliès.
Politiques en matière d’emploi : 55 millions en 2027
Au début de son allocution, Boris Dilliès avait épinglé le nombre de demandeurs d’emploi à Bruxelles. "100.000 Bruxellois sont demandeurs d’emploi alors notre Région constitue le premier bassin du pays", avait-il dit.
Pour améliorer la situation de l’emploi dans la capitale, le conclave budgétaire "a fixé un effort sur les politiques d’emploi de 40 millions dès 2026 et de 55 millions en 2027 pour atteindre progressivement 75 millions d’euros à l’horizon 2029", a expliqué Boris Dilliès.
Cet effort budgétaire, alors que le gouvernement bruxellois veut réduire son déficit et atteindre l’équilibre en 2029, devra être accompagné d’un recentrage d’Actiris sur son cœur de métier. "A terme, sept agents sur dix seront sur le terrain, aux côtés des chercheurs d’emploi. Chaque personne qui s’inscrit est désormais reçue dans les quinze jours", a détaillé le Ministre-président bruxellois. L’objectif est clair : "un taux d’emploi de 70% d’ici 2030, soit 50.000 mises à l’emploi supplémentaires".
2 millions d’euros sont aussi prévus en 2027 pour renforcer le bilinguisme français-néerlandais dans les administrations, les pouvoirs locaux et les hôpitaux.
Le gouvernement a aussi acté la fin des aides Activa "qui représentaient 27 millions d’euros et affichaient un taux d’activation bien trop faible, de seulement 10%". Au lieu de cela, le gouvernement a prévu une nouvelle aide pour "les employeurs qui font le pari d’embaucher des Bruxellois éloignés de l’emploi".
66 millions d’euros par an pour des prêts énergie et rénovation
Faire de Bruxelles une Région où il fait bon vivre, est l’un des objectifs du gouvernement.
Du côté de la propreté, 120 espaces-tri verront le jour d’ici la fin de la législature, a confirmé le Ministre-président bruxellois. "Des brigades régionales de propreté seront créées avec les communes et les zones de police, ainsi qu’une unité d’intervention rapide. Les incivilités seront mieux constatées et mieux sanctionnées", a-t-il précisé.
Le chef du gouvernement bruxellois a aussi expliqué que son équipe voulait aussi "rendre la rénovation énergétique accessible à davantage de Bruxellois". "Dès 2027, nous dégagerons 66 millions d’euros par an pour mettre en place des prêts énergie et rénovation à taux zéro pour les ménages bruxellois. Le dispositif sera présenté au Gouvernement cet automne pour une entrée en vigueur au printemps 2027", a expliqué Boris Dilliès. Ce dispositif prendra progressivement le relais des primes Renolution, "avec un système plus soutenable financièrement et mieux ciblé vers les ménages qui ont réellement besoin d’un soutien pour rénover leur logement".
En ce qui concerne la santé, "dès 2027, nous renforcerons notre politique de prévention et de dépistage des cancers, en mobilisant davantage la première ligne, les pharmaciens, les mutualités et les acteurs sociaux et communautaires, notamment dans les quartiers et auprès des publics qui restent encore trop éloignés de ces dispositifs", a expliqué Boris Dilliès.
Face aux problématiques sociales, telles que celle du sans-abrisme, "Bruxelles ne peut cependant pas assumer seule les conséquences de situations qui dépassent largement ses frontières", a estimé le Ministre-président. "Dans le cadre des négociations du Brussels Deal 2.0, nous défendrons donc une contribution fédérale juste, durable et proportionnée aux réalités spécifiques de la capitale, notamment en matière d’accueil et de grande vulnérabilité", a-t-il ajouté.
"Il nous reste un peu moins de 1000 jours"
"Redresser une Région prend du temps", a résumé dans sa conclusion Boris Dilliès. "Il nous reste un peu moins de 1000 jours. C’est peu pour redresser une région", a-t-il ajouté.
On notera cependant que cette déclaration de politique générale du Ministre-président bruxellois a donné peu d’informations sur les mesures précises qui permettront de réduire le déficit à 719 millions d’euros l’an prochain. Sur les antennes de la Première, ce lundi matin, Boris Dilliès en avait dévoilé un peu plus.
Demain, au Parlement, les députés discuteront du contenu de l’accord budgétaire. D’ici-là, les tableaux budgétaires devraient leur avoir été communiqués.
Boris Dilliès, ministre président bruxellois (L'invité de Matin Première - 05/10/2026)
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