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Thursday, September 17, 2026

France: Sébastien Lecornu présente un budget «offensif» pour 2027, avec 54 milliards d'économies

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Sébastien Lecornu a présenté jeudi 17 septembre les grandes lignes d'un budget pour 2027 qu'il veut « offensif » avec un « effort » d'économies sans guère de précédent de 54 milliards d'euros, laissant au Parlement le soin de trancher certaines mesures comme celles, sensibles, concernant les retraités.

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Si le Parlement « endosse » ce « plan de redressement » qui sera présenté en Conseil des ministres le 1er octobre, la cible d'un déficit à 5 % du PIB sera « atteinte » pour 2027, assure le Premier ministre au Figaro. Cet entretien est diffusé à l'issue d'un séminaire gouvernemental à Matignon. Les grandes lignes du budget étaient particulièrement attendues et un très délicat débat parlementaire doit s'ouvrir dès octobre, en pleine campagne pour l'élection présidentielle.

Le Premier ministre doit construire ses budgets (de l’État et de la Sécurité sociale) pour l'an prochain sous une multitude de contraintes, y compris internationales, comme la flambée des prix des carburants à cause de la guerre au Moyen-Orient ou la hausse des taux d'emprunt sur la dette.

La situation internationale et ses conséquences économiques provoquent une grogne sociale en France. Le président Emmanuel Macron a d'ailleurs convoqué vendredi les chefs de partis pour les informer des derniers développements. Sans mesures d'économies, « le déficit 2027 tutoierait les 6,5 % du PIB », prévient Sébastien Lecornu, alors que la charge de la dette sera alourdie l'an prochain de « 10 milliards d'euros » et que le spectre d'une crise financière venue des États-Unis a ressurgi.

Le vieillissement de la population impacte aussi « les comptes sociaux », pointe-t-il, et « sans mesures correctives, les dépenses de la Sécurité sociale seraient en hausse de 22 milliards d'euros ». L’État doit être « exemplaire » et il « contribuera en premier à l'effort », mais les collectivités locales seront aussi mises à contribution, avec un freinage de leurs dépenses de fonctionnement qui ont augmenté de 7 milliards.

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« Disqualifiant »

Quant aux retraités, qui seront aussi mis à contribution, c'est le Parlement qui décidera en partie de leur sort. Il devra dire si leur apport, qui sera « inférieur » à 6 milliards d'euros, passera par une désindexation des pensions sur l'inflation ou bien par la suppression d'un abattement de 10 % dont ils bénéficient. « Aucune pension ne diminuera. Ensuite, le débat sur le rythme d'augmentation sera tranché au Parlement », affirme Sébastien Lecornu, qui n'exclut pas non plus un « gel » des « retraites les plus importantes » ou des aides personnelles au logement (APL).

Alors qu'à gauche, la France insoumise (LFI) brandit déjà la censure, il propose au mouvement de Jean-Luc Mélenchon de ne pas utiliser le 49.3 ni les ordonnances – qui permettent de faire passer le budget sans vote – s'il n'y a pas d'obstruction parlementaire.

« La France insoumise fait de l'obstruction pour ensuite reprocher au gouvernement d'utiliser un 49.3 afin de surmonter l'obstruction. Je leur fais une proposition : qu'ils ne fassent aucune obstruction parlementaire. Il n'y aura ni 49.3, ni ordonnances, et à la fin, il y aura un vote », détaille M. Lecornu.

Mettant en garde les oppositions, tentées de le renverser, il redit qu'aucun candidat à la présidentielle « ne peut souhaiter hériter d'un désordre absolu et hors de contrôle », « cela reviendrait à gâcher la première année du prochain quinquennat […] C'est disqualifiant ».

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Pas de négociation avec le RN

Clin d’œil au Rassemblement national, dont la candidate Marine Le Pen a fait des ouvertures vers une non-censure, en assurant qu'il fallait un budget même « imparfait », il propose d'instaurer un délai de « carence » pour le versement de certaines allocations aux étrangers, « celles qui ne dépendent pas du travail ».

Pour autant, il assure que la leader d'extrême droite reste son « principal adversaire électoral » et qu'il « n'entre donc pas dans une négociation politique avec son parti ». Défendant la « stabilité fiscale », il précise même que la surtaxe sur les bénéfices des grandes entreprises diminuera pour rapporter 5 milliards d'euros par an, au lieu de près de 8 actuellement, pour « tenir notre croissance ». Mais certaines niches fiscales pourront être « revues », ajoute-t-il, en proposant « la fiscalisation des indemnités liées aux arrêts de travail » pour financer l'Assurance maladie.

Le ministère du Travail devra réaliser « 2,5 milliards d'euros d'effort », y compris avec un « meilleur ciblage » du compte professionnel de formation (CPF) tandis que le point d'indice des fonctionnaires « sera gelé ». Côté Sécurité sociale, il compte sur « des efforts sur les arrêts maladie, pour environ 2 milliards d'euros » et sur la réforme des ruptures conventionnelles qui devrait générer 800 millions d'euros d'économies « à l'avenir en année pleine ».

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