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Monday, November 2, 2026

Cyberattaque sur les frigos de supermarchés : après la France, des pirates s’attaquent à d’autres pays d’Europe

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Dans la nuit de dimanche à lundi, des pirates ont pris le contrôle des frigos de dizaines de supermarchés en Belgique. Delhaize, Carrefour et Spar sont notamment touchés par l’offensive. Le mode opératoire des hackers rappelle celui de la cyberattaque qui a frappé des centaines de magasins français le mois dernier.

Dans la nuit du dimanche 1ᵉʳ au lundi 2 novembre 2026, des pirates ont pris le contrôle à distance des installations frigorifiques de plusieurs supermarchés belges, rapporte l’agence Belga. Les attaquants ont activé le mode dégivrage des installations. De facto, la température s’est mise à grimper dans les frigos et les congélateurs, mettant en danger les denrées qui y sont stockées.

Des dizaines de magasins touchés

Dès que le bug a été repéré, Sabcobel, une entreprise spécialisée dans l’installation de systèmes de réfrigération, a mobilisé ses techniciens au beau milieu de la nuit. Stephan Moelans, PDG de Sabcobel, explique avoir « passé toute la nuit et la matinée à déconnecter du réseau les installations touchées ». Dans le sillage de Sabcobel, la chaîne de supermarchés Delhaize a prévenu les gérants de ses magasins de la cyberattaque. Dans certains magasins, la température des frigos et des surgélateurs avait grimpé jusqu’à 15 °C. Pour sauver leurs stocks, certains responsables ont fait appel de toute urgence à des camions frigorifiques.

Selon Delhaize, l’« incident informatique » a touché les réfrigérateurs et les congélateurs de dizaines de ses supermarchés en Belgique et au Luxembourg. D’autres enseignes font aussi partie des victimes. Des magasins Carrefour, cinq supérettes Spar et certains magasins Ikea sont aussi touchés. Sabcobel recense à lui une vingtaine d’installations piratées.

Au sein de nombreux magasins, la chaîne du froid a été rompue. Des produits frais et des aliments surgelés ont donc été jetés, par mesure de précaution. La Belgique n’est pas le seul pays visé par l’attaque. En Suède, les enseignes ICA et Coop ont signalé des incidents similaires. Dans un magasin suédois, la température des frigos a même dépassé les 50 °C.

À lire aussi : « La partie émergée d’un iceberg » : après les frigos, quels appareils risquent aussi de se faire pirater ?

Le même scénario qu’en France

Le scénario rappelle étrangement la cyberattaque qui a frappé la France il y a seulement trois semaines. Dans la nuit du 11 au 12 octobre, des pirates ont en effet pris le contrôle des systèmes de réfrigération de centaines de supermarchés, dont Intermarché, Super U et Leclerc. Les températures étaient montées jusqu’à 50 °C, obligeant les géants de la grande distribution à se débarrasser d’une montagne d’aliments. Les pertes se sont chiffrées en dizaines de millions d’euros.

Comme le souligne le PDG de Sabcobel, les pirates ont utilisé « exactement le même mécanisme » en Belgique, à savoir le dégivrage forcé des installations frigorifiques. Tout porte donc à croire que c’est l’exemple français qui a inspiré les hackers qui ont frappé la Belgique.

« Pour les enseignes, le risque principal est la réplication : la méthode est publique, peu coûteuse, et le parc d’équipements vulnérables ne sera pas remplacé en quelques semaines », prévenait d’ailleurs Samuel Hassine, PDG de Filigran, dans un commentaire transmis à 01net, quelques heures après la cyberattaque en France.

En France, l’ANSSI a établi que l’attaque ne reposait pas sur une faille sophistiquée, mais sur des « défauts de sécurisation élémentaires ». En clair, les équipements étaient exposés directement sur Internet et protégés par des mots de passe faibles, faciles à deviner. C’est pourquoi on estime que la cyberattaque a pu être initiée par des hackers peu aguerris, armés de l’IA. Actuellement, les frigoristes belges tentent de colmater les brèches pour éviter un autre incident. Pour Stephan Moelans, « la solution la plus simple consiste à gérer les réfrigérateurs via une connexion Internet sécurisée ». C’est d’ailleurs la solution adoptée par la plupart des clients du groupe en France dans le sillage de l’attaque nationale du mois dernier.

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