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Thursday, October 15, 2026

Albanie: d'une ampleur inédite, la protestation anti-pouvoir monte d'un cran

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En Albanie, les manifestations contre le pouvoir se durcissent. Des heurts ont opposé forces de l'ordre et manifestants ces trois derniers jours alors que les étudiants ont rejoint le mouvement qui prend de l'ampleur dans le pays. Tout est parti d'un projet immobilier de luxe de la famille Trump, devenu le symbole de la corruption du gouvernement. Le Premier ministre Edi Rama parle de « chaos », mais les protestataires sont déterminés à aller jusqu'au bout et réclament sa démission.

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Le ministère de l'Éducation et d'autres bâtiments du gouvernement pris d'assaut. Des gaz lacrymogènes et des canons à eau pour disperser les manifestants. Tirana a connu des scènes d'émeutes.

La protestation – au départ contre la corruption – est devenue une vague antisystème, ralliée par les étudiants à travers le pays. « Le mouvement qui est en place actuellement est bouleversant parce que, pour la première fois, ce n'est pas un mouvement contrôlé par les partis politiques, mais c'est un mouvement citoyen qui d'ailleurs est contre les partis politiques classiques, mais surtout contre le gouvernement en place », indique Ermal Hasimja, politologue albanais.

Plus de quatre mois de contestation et un Premier ministre inflexible, malgré les appels à la démission. Mais pour Ermal Hasimja, Edi Rama est coincé. « Les gens ne seront pas contents de quelque chose de moins que sa démission », souligne-t-il. « Donc la situation est assez délicate, c'est assez compliqué. Ça peut pas se résoudre avec un dialogue simple ou quelques bonbons que le gouvernement va distribuer à droite et à gauche. »

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Des manifestants déterminés à retourner dans la rue

Les partis d'opposition sont tenus à l'écart de ce mouvement citoyen et apolitique. C'est du jamais vu depuis l'indépendance de l'Albanie et les manifestants que nous avons pu joindre sont déterminés à retourner dans la rue, le temps qu'il faudra. Bislim Lakna est un manifestant de la première heure. Ce professeur de philosophie est militant du « mouvement ensemble » à la pointe de la contestation.

« Nous avons frappé à la porte du pouvoir pendant 134 jours, sans que personne ne l'ouvre », explique Bislim Lakna. « Alors, maintenant, nous sommes en train de la défoncer. Donc personne ne peut se plaindre de la violence, étant donné que nous avons frappé à cette porte à maintes reprises. Puisque personne n'a répondu, nous sommes obligés de passer en force. »

Nous sommes engagés dans une démarche tout à fait exceptionnelle pour un pays comme l'Albanie. Rien de tel ne s'était produit depuis 35 ans...

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Bislim Lakna, manifestant

Julien Chavanne

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