Paolo Falzone devrait être fixé sur son sort ce mercredi : « La Cour de cassation ne prend en compte que le droit, rien que le droit »

C’est une journée décisive qui s’annonce pour toutes les personnes touchées par le drame de Strépy. Ce mercredi 21 octobre, la Cour de cassation devrait se prononcer sur le pourvoi introduit par la défense de Paolo Falzone. Condamné à 27 ans de prison le 17 juin dernier par la cour d’assises du Hainaut pour sept meurtres et 79 tentatives de meurtre, il conteste, par l’intermédiaire de son avocat Me Frank Discepoli, plusieurs éléments de la motivation de l’arrêt.
Monsieur Morandini, concrètement, que va-t-il se passer ce mercredi ?

Le pourvoi en cassation constitue donc le dernier recours de Paolo Falzone pour tenter de faire annuler sa condamnation pour sept meurtres et 79 tentatives de meurtre. Son avocat, Me Frank Discepoli, avait rapidement annoncé son intention de saisir la Cour de cassation. Ce mercredi, il détaillera donc ses arguments à l’audience. Il nous en avait exposé les grandes lignes lors du dépôt de son mémoire.
Le premier concerne la prévisibilité du drame. Depuis le début du dossier, la défense conteste la volonté de tuer retenue à l’encontre de Paolo Falzone. « La cour d’assises considère que M. Falzone avait tout mis en œuvre, en pleine connaissance de cause, pour qu’une chose comme celle-là arrive. Je ne suis évidemment pas d’accord : il ne pouvait pas prévoir qu’il y aurait 150 personnes à 5 heures du matin dans la rue et donc vouloir la mort de toutes ces personnes. »
Le deuxième argument porte sur le freinage d’urgence avant l’impact. L’avocat estime que la motivation de l’arrêt contredit les constatations de l’expert intervenu durant le procès. « La cour d’assises dit que M. Falzone a choisi de ne pas freiner d’urgence avant l’impact et que cela détermine sa volonté de tuer. » Or, selon lui, le rapport de l’expert indique le contraire. « J’ai ressorti les extraits dans lesquels il dit clairement qu’il y en a eu un. »
Enfin, le troisième argument concerne les 79 tentatives de meurtre. Me Discepoli relève ce qu’il considère comme une contradiction dans l’arrêt. Selon lui, la cour d’assises affirme d’abord que les 79 personnes se trouvaient sur la trajectoire du véhicule et que Paolo Falzone avait donc la volonté de les tuer. Mais elle indique ensuite que certaines ont justement échappé au véhicule parce qu’elles ne se trouvaient pas sur sa trajectoire.
« Depuis le premier jour, on clame notre innocence, non pas sur les faits en eux-mêmes, mais sur la volonté de tuer. Ça n’aurait pas eu de sens de ne pas aller jusqu’au bout de la procédure. »
Si cette démarche n’a pas surpris les parties civiles, qui n’ont pas leur mot à dire à ce stade de la procédure, revivre le procès et se replonger dans le drame de Strépy serait pour elles une véritable épreuve. Ce serait également le cas pour certains témoins, qui avaient été submergés par l’émotion lors de leur prise de parole durant le procès. Me Gelay, avocat de Mattia et Marianna Impériale, reste serein : « Nous gardons pleine confiance dans le travail qui a été fait par la Cour et dans l’arrêt particulièrement bien motivé, tout à fait explicite et précis. »
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