Parkinson : après des années de tremblements incontrôlables, ce patient de 72 ans voit tout disparaître en quelques minutes

Ce patient américain, suivi dans un centre hospitalier universitaire du Texas, avait dû renoncer à sa passion pour la réparation de postes de radio anciens, le tremblement de sa main dominante rendant impossible tout geste de précision. Après la procédure, il a pu reprendre cette activité, et le résultat se maintenait lors de son dernier contrôle.
Ce cas illustre ce que permettent les ultrasons focalisés de haute intensité guidés par imagerie par résonance magnétique, technique qui s'installe progressivement dans l'arsenal thérapeutique des troubles du mouvement. Son principe tranche avec celui de la chirurgie classique, sans pour autant constituer un traitement de la maladie de Parkinson elle-même.
Comment cela fonctionne
Le patient, immobilisé, porte un casque équipé d'un millier d'émetteurs environ. Chaque faisceau traverse la boîte crânienne sans dommage, car son intensité reste faible individuellement. C'est leur convergence en un point unique, profondément situé dans le cerveau, qui produit l'effet recherché : une élévation locale de température suffisante pour détruire quelques millimètres cubes de tissu.
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L'ensemble se déroule dans un appareil d'imagerie par résonance magnétique, ce qui permet deux choses essentielles : visualiser la cible avec précision et surveiller en temps réel la température atteinte. Aucune incision, aucun implant, aucune anesthésie générale. Le patient reste éveillé et peut dialoguer avec l'équipe, ce qui joue un rôle dans la procédure.
L'étape qui change tout
La caractéristique la plus intéressante de cette technique est qu'elle n'a pas d'équivalent en neurochirurgie classique. Avant de produire la lésion définitive, l'équipe effectue des tirs à basse énergie qui échauffent la zone sans la détruire. L'effet est temporaire et réversible.
Le patient exécute alors des gestes simples, écrire, dessiner une spirale, tendre la main. Si le tremblement diminue, la cible est la bonne. S'il persiste ou si des effets indésirables apparaissent, le point de convergence est ajusté. Cette vérification compte d'autant plus que la cible optimale varie d'un patient à l'autre.
Quelle zone pour quel symptôme
Le choix de la cible dépend du symptôme dominant, et il conditionne le résultat. Pour le tremblement, la cible retenue est le noyau ventral intermédiaire du thalamus, structure relais des circuits moteurs. Pour la raideur, la lenteur et les mouvements involontaires induits par les médicaments, d'autres cibles sont visées, notamment le globus pallidus interne ou le noyau sous-thalamique, selon les cas.
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Le geste porte un nom différent selon la zone : thalamotomie, pallidotomie, sous-thalamotomie.
Un déploiement par étapes
L'autorisation américaine s'est construite progressivement, indication par indication. Elle a d'abord concerné le tremblement essentiel, en 2016. Elle s'est étendue en 2018 au tremblement de la maladie de Parkinson, puis aux autres symptômes moteurs par l'intermédiaire d'autres cibles. Une extension supplémentaire a été annoncée en janvier 2026.
Chaque étape correspond à une cible et à une indication distinctes, ce qui explique que la technique soit tantôt présentée comme ancienne, tantôt comme nouvelle.
La procédure supprime ou atténue une des manifestations de la maladie de Parkinson. Elle ne guérit donc pas cette maladie neurodégénérative et ne ralentit pas son évolution. © seb_ra, iStock
Ce que la technique ne fait pas
Une précision s'impose car les présentations enthousiastes l'escamotent systématiquement. Il s'agit d'un traitement symptomatique. La procédure supprime ou atténue une manifestation de la maladie, elle n'agit en rien sur le processus neurodégénératif sous-jacent, qui se poursuit.
Elle ne guérit donc pas la maladie de Parkinson et ne ralentit pas son évolution. D'autres symptômes peuvent apparaître ou s'aggraver ultérieurement, troubles de l'équilibre, de la parole ou cognitifs, qui échappent à ce traitement.
Les risques et l'irréversibilité
Deux points doivent être posés clairement. Les effets indésirables rapportés comprennent des engourdissements et fourmillements autour de la bouche et aux extrémités, des troubles de la marche, de la parole ou de la déglutition, une faiblesse d'un membre, des troubles de l'équilibre et des difficultés de mémoire. Ils surviennent dans une proportion notable des cas et s'atténuent généralement avec le temps, sans toujours disparaître.
Certaines cibles comportent des risques spécifiques. La sous-thalamotomie expose par exemple à des mouvements involontaires de l'hémicorps opposé chez une minorité de patients. Le second point est le plus déterminant. La lésion est définitive. Rien ne peut être ajusté après coup.
La comparaison avec la stimulation cérébrale profonde
C'est l'alternative à laquelle cette technique se mesure, et les deux approches relèvent de logiques opposées. La stimulation cérébrale profonde suppose l'implantation d'électrodes dans le cerveau, reliées à un boîtier placé sous la peau. Elle exige donc une intervention chirurgicale, avec les risques d'infection et d'hémorragie associés, ainsi qu'un remplacement périodique de la pile.
Elle offre en revanche deux avantages que les ultrasons n'ont pas. Les réglages peuvent être modifiés à tout moment, en fonction de l'évolution de la maladie. Le dispositif peut être éteint ou retiré si les effets indésirables deviennent gênants.
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Les ultrasons focalisés présentent à l'inverse l'absence de matériel implanté, de cicatrice et d'anesthésie générale, ce qui les rend accessibles à des patients que leur âge ou leur état de santé écarte d'une chirurgie.
Un troisième élément pèse dans la décision. La plupart des indications validées concernent un seul côté du cerveau, donc un seul côté du corps. Le traitement bilatéral, qui augmente les risques, reste d'un accès plus restreint.
En France
La technique est pratiquée dans un nombre limité de centres européens équipés du matériel nécessaire, qui suppose un appareil d'imagerie dédié et une équipe formée. Son déploiement en France demeure restreint et dépend de l'évaluation des autorités sanitaires, qui conditionne les modalités de prise en charge.
Pour une personne concernée, la démarche passe par un neurologue spécialisé dans les troubles du mouvement. C'est lui qui évalue l'éligibilité, en fonction du symptôme dominant, de la réponse aux traitements médicamenteux et de la densité osseuse du crâne, ce dernier paramètre conditionnant le passage des ultrasons et écartant une partie des candidats.
L'arbitrage entre les options disponibles se discute au cas par cas. Le cas évoqué en ouverture correspond d'ailleurs à une configuration favorable : un tremblement dominant répondant fortement dès les tirs de vérification à basse énergie. Un résultat individuel, si spectaculaire soit-il, ne permet pas d'anticiper ce qu'une autre personne obtiendra.
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