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Wednesday, October 28, 2026

Cinéma: «Lucy Lost», ce conte de guerre qui fait grandir

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Avec « Le Mystère Lucy Lost », qui sort ce mercredi 28 octobre dans les salles françaises, le réalisateur français Olivier Clert signe un premier long métrage d’animation qui bouleverse les enfants et les adultes. Adapté du roman de Michael Morpurgo, le film suit une fillette amnésique retrouvée en pleine Première Guerre mondiale sur une île isolée, rejetée par des villageois qui la prennent pour une sorcière. Une quête d’identité qui parle autant de la guerre que de la difficulté de grandir.

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Nous sommes en 1915, sur les îles Scilly, au large de l’Angleterre. Lucy, petite fille aux cheveux d’un blanc immaculé, rêve d’aller à l’école comme son frère Alfie. Ses parents lui répètent qu’elle est « malade » et n’ira qu’une fois « guérie ». Mais Lucy ne se souvient de rien : ni de son passé, ni de la façon dont elle a échoué sur cet îlot battu par les vents. Elle fait des rêves prémonitoires, voit des personnes invisibles aux autres et devient l’objet de toutes les rumeurs. Dans le village, la méfiance se mue en peur, puis en accusation de sorcellerie.

Habitué des grandes productions, de Klaus au Petit Prince, Olivier Clert a longtemps œuvré dans l’ombre. « Je travaillais surtout sur les histoires, sur la partie écriture, storyboard », raconte-t-il. La réalisation lui offre une autre responsabilité : « La différence avec le métier de réalisateur, c'était de pouvoir suivre toutes les étapes de la fabrication du film. Composer, structurer, fabriquer un récit est une chose, mais là, on accompagne chaque image. »

Ce qui le séduit dans le texte de Michael Morpurgo, figure majeure de la littérature jeunesse britannique, c’est sa tonalité. « C'était très différent de tous les projets sur lesquels j'avais pu travailler, qui étaient plutôt des comédies ou des longs métrages d'action. Il y avait l'opportunité de faire quelque chose de très poétique, de trouver une sensibilité qui me correspondait plus », avance-t-il. « Je voyais l'opportunité de faire un film classique dans le sens universel, qui ne vieillit pas. »

« La question de la recherche d'identité »

L’enjeu du film est la reconstruction de Lucy après un traumatisme dont elle ne souvient plus. « La question de la recherche d'identité est quelque chose qui m'intéressait beaucoup », explique Clert. L’histoire de Lucy fait écho à la biographie de Morpurgo, car l’écrivain a également découvert très tard l’identité de son père. « Il y a ce moment de l'enfance où on commence à grandir, continue Olivier Clert, on cherche qui on est, on cherche sa place, on essaie de se situer par rapport aux autres, on subit parfois leur rejet. »

Dans le travail de scénario, l’écrivain britannique n’intervient qu’après que le projet a pris forme. « C’est vraiment mon film à partir de cette histoire », insiste Clert. En effet, Morpurgo avait, en vain, tenté une adaptation en série, mais la structure de l’histoire s’est avérée trop complexe, trop éclatée. Le réalisateur propose alors une nouvelle version, entièrement storyboardée, déjà montée avec voix et musique. « Ça se regardait comme un film. Il a découvert l'histoire à ce moment-là », se souvient-il. « Il a été très enthousiaste, très ému et il a eu cette phrase incroyable : il nous a dit qu'il aurait aimé avoir vu le film avant d'écrire le livre. »

La première au Festival international du film d’animation d’Annecy et la présentation en sélection officielle au Festival de Cannes confirment le choc émotionnel provoqué aux cinéphiles par Lucy Lost. « C'est au-delà de tout ce que j'imaginais », confie Clert. Les spectateurs sortent en larmes, comme ce jeune étudiant qui avoue avoir « pensé à tout, sauf aux mouchoirs ».

« Faire un film que j'aurais aimé voir enfant »

Le choix esthétique joue un rôle majeur pour transmettre la gravité et la beauté de l’histoire. Pour cela, le cinéaste a décidé de réaliser le film entièrement en 2D. « On ne l'a jamais envisagé en 3D, parce qu'on n'avait pas envie d'un rendu trop réaliste », précise-t-il. « J'aime le dessin. J'ai grandi avec des films 2D, il y a un charme incomparable. Il y a une espèce de fragilité de la ligne qui correspondait bien au sujet. J'ai eu envie de faire un film que j'aurais aimé voir enfant. »

Situé à l’époque de la Première Guerre mondiale, le film fait écho à notre monde actuel, de nouveau entouré de conflits. « Plus j'avançais dans l'écriture, plus le monde changeait. On ne dit pas qui sont les méchants et qui sont les gentils. Je pense que cette guerre, ça pourrait être toutes les guerres. » Avec son film, il souhaite montrer « l'escalade de la violence qui touche tout le monde », jusqu’aux enfants. « Les enfants ont besoin qu’on leur parle du monde qui existe réellement. Il faut aussi leur donner des clés pour appréhender ce qui se passe. »

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