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Wednesday, October 28, 2026

Hafsia Herzi va vous bouleverser dans Quelques mots d'amour, petit bijou d'humour et d'émotion

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Hafsia Herzi est la tête d'affiche de "Quelques mots d'amour", très joli film de Rudi Rosenberg, à la fois drôle, touchant et émouvant. Le film a reçu une belle standing ovation à Cannes, où il était présenté à Un certain regard, en mai dernier.

De quoi ça parle ?

Sarcelles, 1995. Erika élève seule ses deux enfants. Sa fille Abigaëlle se persuade que son père, qu’elle n’a jamais connu, l’aime en silence quelque part. Lorsqu’elle se met en tête de le retrouver, Erika se sent obligée de l’aider, tout en cherchant à la protéger. En grandissant, la quête d’Abigaëlle se transforme en obsession, entraînant avec elle sa mère, sa meilleure amie, et tous ceux qui comptent.

Un an après avoir la sortie de La Petite dernière qu'elle a réalisé, Hafsia Herzi est de retour en tant qu'actrice. Après Histoires de la nuit de Léa Mysius, sorti en septembre, la voici tête d'affiche de Quelques mots d'amour, nouveau long métrage de Rudi Rosenberg.

Comédien dans sa jeunesse, le cinéaste réalise avec Quelques mots d’amour son deuxième long métrage, après Le Nouveau en 2015. Une histoire pleine de sensibilité qui devrait vous toucher en plein cœur.

Ce joli film, tendre, drôle et profondément émouvant, a la particularité de reposer presque entièrement sur des comédiens non professionnels. Hafsia Herzi a donc dû composer avec un casting qui avait tout à apprendre, mais dont la fraîcheur contribue pleinement au charme de cette œuvre écrite et réalisée par Rudi Rosenberg.

Nous avons rencontré Rudi Rosenberg et Hafsia Herzi lors de la présentation cannoise du film, en mai dernier. Le film y a reçu un très chaleureux accueil.

AlloCiné : Hafsia, quelles ont été tes premières pensées en posant le pied ici ? Est-ce que tu t'es un peu refait le film de l'année qui venait de s'écouler avec La Petite dernière ?

Hafsia Herzi : Oui. C'est à chaque fois une grande fierté de venir présenter un projet à Cannes. Cette année, j'en ai deux : Quelques mots d'amour et Histoire de la nuit. C'est beaucoup de fierté et d'émotions, mais avec moins de stress que l'année dernière.

J'ai d'ailleurs croisé des personnes qui m'ont dit : « Ah, tu as l'air moins stressée. » Et c'est vrai, c'est moins lourd à porter pour moi. Je suis très contente de revenir en tant qu'actrice, cela m'avait un peu manqué !

Qu'est-ce qui t'a rendue la plus fière dans le parcours de La Petite Dernière ? Qu'est-ce que tu te dis avec le recul ?

H.H. : Déjà, la sélection en compétition officielle à Cannes. Ça a été un immense moment d'émotion. Ensuite, la projection, et bien sûr le prix d'interprétation reçu par Nadia Melliti. C'est inoubliable.

Et le film a fait 400 000 entrées...

H.H. Oui, il y a eu le succès public par la suite. Franchement, ça a été une année incroyable, et c'est grâce à Cannes. La sélection et tout le bruit autour du film là-bas ont permis de le propulser et de le faire rencontrer son public.

"La sélection à Cannes et tout le bruit autour du film là-bas ont permis de le propulser et de le faire rencontrer son public"

De tous tes souvenirs cannois, celui de La Petite Dernière est-il le plus fort ?

H.H. : Il y en a plein... Oui, c'est peut-être celui-ci. Mais Bonne Mère a aussi été une source de grande émotion. C'était l'année du Covid ; j'ai retrouvé des photos de nous, on portait tous des masques. C'était fort.

Tu mérites un amour également, et même tous les films que j'ai présentés en tant qu'actrice. Mais en tant que réalisatrice, c'est très émouvant, c'est une autre dimension. Car ce sont des mois de travail et de solitude. Quand on écrit, on est très seule et habitée par plein de doutes, même si on est très entourée pour la réalisation ensuite.

Tu as déjà repris le travail d'écriture, ou tu t'accordes une pause pour te consacrer à ton métier d'actrice en ce moment ?

H.H. : Oui, j'ai repris l'écriture depuis. Après, j'aime prendre mon temps. J'avais surtout besoin de savourer tout ce qui s'est passé avec La Petite Dernière et d'accompagner le film. Mais j'écris toujours et j'ai hâte de repasser derrière la caméra. (...)

Mais c'est vrai que le jeu m'avait manqué. Parfois, des gens me disent : « Vous devriez jouer plus souvent, vous êtes bien aussi en tant qu'actrice ! » (rires) C'est un autre exercice, ça prend moins de temps, c'est différent, mais j'en ai besoin.

Hafsia Herzi à Cannes Bestimage
Hafsia Herzi à Cannes

"La comédie est un registre que j'aime énormément"

J'ajouterais à cela : « vous êtes bien dans des comédies ». Dans Quelques mots d'amour, tu as de superbes scènes de comédie et je me disais qu'on devrait t'en proposer davantage, car cela te va très bien.

Ah, merci ! C'est vrai qu'on m'offre plus souvent des drames. Pourtant, j'adore rigoler. Après, je suis difficile à faire rire. Sur le tournage, je disais parfois à Rudy [Rosenberg, le réalisateur] : « Non, franchement, là ça ne me fait pas rire... » (rires)

Il me répondait : « Mais il faut rigoler ! » et je répliquais : « Là, je n'y arrive pas, c'est impossible de me forcer. » Mais c'est un registre que j'aime énormément. Ça change, et je trouve ça très bien.

Est-ce que tu trouves que la comédie est un genre plus difficile à jouer ? Est-ce que cela demande un plus grand lâcher-prise ?

Oui, ce n'est vraiment pas évident. On a tendance à croire que la comédie est un genre facile, mais pas du tout. Il faut un sens du rythme.

Comme je le disais, certaines choses ne me faisaient pas rire au départ, mais je me suis dit que j'allais quand même tenter le coup. (rires) C'est un exercice particulier, il faut savoir doser et, surtout, être bien accompagnée. Ce n'est pas donné à tout le monde.

"Chez certains enfants, quand on traverse quelque chose de difficile, il y a ce réflexe de réinventer la réalité pour s'aider à à traverser ces moments, pour se protéger."

Rudi, j'ai lu que c'est un épisode de Strip-Tease qui a été l'étincelle de ce projet ?

Rudi Rosenberg : Oui, mais pas uniquement. Il y a pas mal de choses dont j'avais envie de parler, et c'est vrai que j'ai écrit petit à petit. Toutes les choses se sont superposées, j'ai écrit en tâtonnant.

La première chose qui m'a donné envie d'écrire ce film, ça a été de constater que chez certains enfants, quand on traverse quelque chose de difficile, il y a ce réflexe de réinventer la réalité pour s'aider à à traverser ces moments, pour se protéger.

La jeune fille dans mon film a un père démissionnaire, qui est clairement défaillant. Elle va s'inventer qu'il voudrait la rencontrer mais qu'il n'ose pas, et elle lui trouve tout un tas de prétextes. C'était une idée que je trouvais assez touchante, qui est un peu le point de départ du film. Voilà l'angle d'attaque !

Dans Quelques mots d'amour, tu étais entourée d'un casting particulier, avec beaucoup d'enfants et de non-professionnels qui n'avaient jamais joué...

H.H. : Oui ! Dès le début, quand j'ai rencontré Rudi Rosenberg, il m'a prévenue : « Pour tous les rôles secondaires, ce seront des non-professionnels. » Je me suis dit : d'accord, des non-professionnels, des enfants, des chiens... Allons-y ! (rires) Mais je trouvais le défi artistique super intéressant. J'ai moi-même commencé comme non-professionnelle sur La Graine et le Mulet, on l'était tous. Là, il fallait que je revienne vingt ans en arrière.

Entre-temps, j'ai réalisé et dirigé des non-professionnels, mais je n'étais pas dans le cadre avec eux. Mon objectif était de m'effacer pour qu'ils ne se disent pas « elle, c'est une professionnelle ». Je voulais me mettre à leur niveau pour leur éviter tout stress. Et ça s'est bien passé. Il fallait simplement être très concentrée, vigilante et savoir s'adapter. Parfois, nous les acteurs, il nous arrive d'oublier notre texte ou de regarder la caméra ; pour un non-professionnel, c'est presque constant. C'est une adaptation permanente.

"Je trouvais le défi artistique super intéressant. J'ai moi-même commencé comme non-professionnelle sur La Graine et le Mulet, on l'était tous. Là, il fallait que je revienne vingt ans en arrière."

Rudi, je me souviens qu'à l'époque du Nouveau, tu avais casté des enfants avec une forte personnalité. Ici, il y a à nouveau des enfants très naturels, qui puissent être un peu dans un dans un lâcher-prise !

R.R. : Oui. J'avais pris comme postulat de départ de faire un film dans une ville en particulier. Une fois qu'on a choisi la ville de Sarcelles, on a lancé un grand casting dans cette ville, où on a convoqué les habitants. On ne cherchait pas de gens avec de l'expérience.

La plupart des personnages que vous voyez dans le film sont des gens qui n'ont pas d'expérience au cinéma et qui viennent de la ville de Sarcelles. J'avais envie de cette authenticité.

J'aime quand les gens sont spontanés et naturels. Certains acteurs arrivent à le faire très bien, mais aussi les les amateurs. Les ados et les enfants ont cette spontanéité puisque c'est leur premier tournage, leurs premières expériences. Mais ça m'intéresse aussi chez les adultes. Je pense qu'on le voit à travers toute la galerie de personnages.

Hafsia, cela signifie qu'il fallait faire beaucoup de prises ?

H.H. : Oui, pas mal de prises. On donnait la priorité aux enfants car leur temps de tournage est très réglementé et court. Souvent, quand ils n'étaient plus là, c'était le premier assistant réalisateur qui leur donnait la réplique en prenant une voix d'enfant (rires), ou alors on filmait face à des repères en scotch. C'était de l'adaptation pure.

C'est un film qui parle de la difficulté de dire des mots aussi simples que « je t'aime ». Cinéphiliquement ou professionnellement parlant, à qui aimerais-tu dire « je t'aime » aujourd'hui ?

H.H. : À qui j'aimerais le dire ? Je suis quelqu'est de très pudique. Ce sont des mots difficiles... Même en tant qu'actrice, jouer des scènes où il faut dire « je t'aime », c'est très dur. Je connais plein de comédiens qui me disent la même chose : « J'ai une scène de déclaration, comment je vais faire ? » C'est difficile, même dans la vie de tous les jours. Pour moi, ce ne sont pas les mots qui comptent, ce sont les actes. Ce ne sont pas des mots faciles à prononcer. Après, il y en a qui ont des facilités... bon, il y a aussi les menteurs et les menteuses ! (rires) Mais non, ce n'est pas facile. Je ne sais pas... À beaucoup de monde, finalement.

Propos recueillis à Cannes par Brigitte Baronnet, le 14 mai 2026

Quelques mots d'amour de Rudi Rosenberg est au cinéma ce mercredi 28 octobre 2026.

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