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Monday, October 19, 2026

Taxes locales à Montréal | Un bond de près de 9 % en 2027

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Les arrondissements de Montréal augmenteront leurs taxes locales de près de 8,75 % en moyenne pour l’année 2027, un bond important qui laisse entrevoir un budget municipal difficile pour l’administration de Soraya Martinez Ferrada, le mois prochain.

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La hausse est particulièrement salée dans Rosemont–La Petite-Patrie (+14 %), à Verdun et à Outremont (+12 % chacun) ainsi que sur Le Plateau-Mont-Royal (+11,5 %), selon les données compilées par La Presse.

Au cabinet de la mairesse de Montréal, on a refusé de rendre ces données disponibles à l’approche de la présentation du budget pour la ville-centre. La Presse a dû consulter les prévisions budgétaires de chacun des 19 arrondissements individuellement afin de dresser ce portrait.

« Les finances publiques sont à mal au Québec. On nous demande plus de services […] mais en même temps, le coût de la vie est plus cher pour tout le monde », a expliqué le maire de Rosemont–La Petite-Patrie, début octobre, en présentant son budget. François Limoges a présenté la hausse de taxe qu’il mettait de l’avant comme « un rattrapage », alors que le taux de taxe à Rosemont est au-dessous de la moyenne des arrondissements.

La hausse, « on le fait parce qu’on veut agir de manière responsable et se redonner des marges de manœuvre », a-t-il plaidé.

Règle générale, la taxe locale ne représente que 13 % de l’avis d’imposition des propriétaires montréalais. Le Montréalais moyen a payé 658 $ en taxes locales sur son compte global de taxes municipales de 4939 $ en 2026, pour une maison unifamiliale. Pour un condo, c’était 440 $ de taxes locales, pour 3301 $ de taxes municipales.

Ces hausses – même importantes – ont donc un effet limité sur le portefeuille, mais donnent tout de même un aperçu des pressions sur les finances publiques. Les administrations montréalaises, de Denis Coderre à Soraya Martinez Ferrada en passant par Valérie Plante, promettent chaque année de plafonner les hausses de taxes à l’inflation. La hausse des taxes locales fait toutefois régulièrement dépasser ce seuil.

Depuis 10 ans, les taxes des Montréalais ont ainsi augmenté de 44 % en moyenne. La part attribuable aux arrondissements a toutefois gonflé de 52 % durant cette période.

« Quand les Montréalais font leur budget à la maison, ils font des choix et donnent la priorité à l’essentiel. C’est la même approche qu’on adopte à la Ville », a déclaré le cabinet de la mairesse de Montréal. « On a des infrastructures à réparer et notre marge de manœuvre est épuisée. » Projet Montréal, de son côté, n’a pas fait de commentaire.

« Prendre les bouchées doubles », dit la mairesse

Plus tôt cet automne, Soraya Martinez Ferrada avait annoncé une hausse de la taxe locale de 10 % dans Ville-Marie, l’arrondissement qui couvre le centre-ville de Montréal et qu’elle contrôle directement.

« C’est un ajustement que l’on considère comme raisonnable pour mieux remplir nos responsabilités », a dit Mme Martinez Ferrada. « Au cours des dernières années, les revenus issus de la taxe locale n’ont pas suivi au même rythme que le nombre de ménages dans Ville-Marie. On se retrouve donc avec plus de résidants qui ont plus de besoins, mais avec moins de ressources. »

Le même jour, elle tenait un discours sombre sur l’état des finances municipales. « Il est bien évident que nous avons énormément de travail à faire sur le maintien de nos infrastructures », a-t-elle affirmé. « Le message que j’ai pour les Montréalais aujourd’hui, c’est que nous devons collectivement travailler fort et prendre les bouchées doubles pour les années à venir si on veut maintenir nos infrastructures. »

Seule exception parmi les arrondissements : Anjou offrira en 2027 un gel effectif (-0,1 %) de ses taxes locales. Il faut toutefois souligner que les résidants de ce secteur paient déjà des taxes locales élevées (près de 12 cents par tranche de 100 $ d’évaluation), deux fois plus élevées que dans Le Plateau-Mont-Royal ou Le Sud-Ouest, par exemple. Seul l’arrondissement de Montréal-Nord impose un taux de taxe locale plus élevé.

Des besoins grandissants

Selon Danielle Pilette, professeure spécialisée dans les affaires municipales à l’Université du Québec à Montréal (UQAM), il est normal que les taxes locales prennent de plus en plus de place. « Ça montre surtout que certains arrondissements ont d’énormes besoins, notamment en infrastructures, et qu’ils ne peuvent en faire fi », évoque-t-elle.

À l’échelle de la ville, l’experte s’attend néanmoins à ce que la mairesse Martinez Ferrada soit « à peu près capable de respecter son engagement » de ne pas taxer au-delà du niveau de l’inflation.

« S’il y a un dépassement, il sera minime, mais ça ne veut pas dire pour autant que ça sera minime dans tous les arrondissements. Plusieurs d’entre eux vont peut-être se dire qu’il faut donner un coup maintenant, en attendant de voir ce que leur offrira le prochain gouvernement », poursuit Mme Pilette.

À l’École d’urbanisme et d’architecture de paysage de l’Université de Montréal, le professeur Jean-Philippe Meloche abonde en ce sens. « C’est dur pour les citoyens, mais si tout coûte plus cher, les villes et les arrondissements doivent aussi faire des choix. Et dans les faits, ce sont eux qui ont le moins augmenté les taxes, quand on compare avec le provincial et le fédéral », résume-t-il.

Selon lui, le débat revient à l’importance que l’on accorde collectivement aux services rendus à la population. « Sans hausse d’impôts, la réalité, c’est qu’on va tomber dans des dilemmes moraux importants comme : est-ce qu’on veut que la police arrive rapidement en appelant au 911 », conclut M. Meloche.

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