Tom Cruise méconnaissable dans Digger : combien de temps fallait-il pour transformer la star ?

Depuis le 30 septembre, Tom Cruise est Digger dans le film du même nom, satire signée Alejandro Gonzalez Inarritu dans laquelle la star se transforme physiquement. Mais combien de temps a-t-il fallu pour lui donner cette apparence ?

La surprise a commencé avec le premier teaser, dévoilé en décembre 2025, dans lequel on ne voyait pas son visage mais qui laissait présager d'un look inattendu. Quelques mois plus tard, la bande-annonce l'a confirmé : Tom Cruise s'est transformé pour les besoins de Digger, le nouveau film d'Alejandro Gonzalez Inarritu.
Vieilli (même si le personnage n'a, en réalité, qu'un an de plus que lui aujourd'hui), grossi, dégarni, il n'est pas loin d'être totalement méconnaissable. Plus que sous les traits de Les Grossman dans Tonnerre sous les tropiques, car il aussi changé sa voix en optant pour un accent du Sud des Etats-Unis au moment de se glisser dans la peau de Digger Rockwell, le plus puissant des magnats du pétrole qui se retrouve à devoir sauver le monde, menacé par un accident de forage dont il est responsable.
Des Mission : Impossible à Eyes Wide Shut, en passant par Vanilla Sky, Minority Report ou, donc, Tonnerre sous les tropiques, les masques se sont souvent invités dans sa filmographie, pour des questions narratives ou de création d'un personnage. Sans trop en révéler sur le récit, qui contient quelques surprises, Digger pousse les curseurs encore plus loin sur ce plan, avec un personnage inspirés des magnats des années 40 et 50 sur lequel le créateur des prothèses Kazu Hiro a ensuite apposé sa patte, ce qui lui a d'abord demandé plusieurs heures de maquillage.
De six heures à... une heure de maquillage !
"Il a d'abord fallu six heures pour me transformer, et à la fin nous avons réduit le temps à une heure avec l'équipe", nous a précisé Tom Cruise à Londres, le soir de l'avant-première mondiale. "Pour faire en sorte d'accélérer les choses, j'ai étudié chacun des aspects du processus que nous avons détaillés sur un tableau, puis nous avons commencé à chronométrer les étapes. Tout le monde était ainsi mieux coordonné, et la communication était meilleure. J'ai d'abord dû avoir l'accord de tout le monde, pour tenter de rendre les choses plus rapides."
"Car il y a une chose que je sais dans la vie : si tu dis que tu ne peux pas le faire, tu ne peux pas. Donc je me suis dit que nous pouvions partir avec l'idée que, peut-être, nous pourrions le faire. Tout le monde a alors commencé à créer ses mouvements et les faire, à s'entraîner, et c'était comme un ballet chaque jour. Tout le monde savait exactement ce qu'il faisait."
"Il nous a fallu environ six mois pour trouver la physicalité du personnage, et ensuite Tom voulait faire les répétitions avec le maquillage", ajoute Alejandro Gonzalez Inarritu le lendemain. "C'était douloureux car cela demandait du temps, mais il y tenait pour commencer à comprendre Digger. A tel point que c'était étrange de le voir sans maquillage, il y a des jours où l'on se demandait pourquoi Tom Cruise était sur le plateau (rires)"
Warner Bros. Pictures
"Nous ne l'avons vu qu'une seule fois sans maquillage, pendant une répétition. Puis, 90% des sept à huit mois qu'ont duré le tournage, c'était en Digger Rockwell", confirme Riz Ahmed. "Dans mon esprit, il EST Digger. Parce qu'il est totalement investi, et pas seulement en ce qui concerne le maquillage ou le costume, car cela allait jusqu'à son langage corporel, ses manières ou son accent. Du coup il venait nous parler en tant que Tom... mais dans le style de Digger." "Je ne savais pas à quoi m'attendre, mais en tout cas pas à ça !", appuie Michael Stuhlbarg. "Mais c'est devenu un personnage fantastique avec lequel interagir, car il a donné le la pour chacun d'entre nous, sur la manière dont nous devions nous investir. C'était merveilleux."
"Il venait nous parler en tant que Tom... mais dans le style de Digger"
"La première fois que je l'ai vu ainsi, je suis restée à le dévisager, et je m'en excuse d'ailleurs", nous dit de son côté Sandra Hüller. "Je cherchais des signes prouvant que c'était bien Tom Cruise dans le costume. Mais sa voix a permis de le reconnaître, heureusement. Ses yeux aussi. Mais si vous ne l'aviez pas rencontré en personne avant, le moment était surréaliste." "Il y a quelque chose de magnétique dans tout cas", ajoute Jesse Plemons. "Il a cette énergie et cette curiosité sans limites, et le résultat te donne envie de te surpasser pour rester à son niveau."
Un niveau qui pourrait le conduire jusqu'à son premier Oscar du Meilleur Acteur en mars prochain, ou au moins à une nomination, tant il impressionne par sa manière à disparaître derrière son personnage de Digger. Peut-être plus qu'en effectuant certaines cascades au péril de sa vie.
Propos recueillis par Sarah Ferrand (Tom Cruise) et Maximilien Pierrette (le reste de l'équipe) à Londres les 22 et 23 septembre 2026
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