Après le fiasco du Starliner, la Nasa redonne sa chance à Boeing… et lui réserve une surprise !

Dans la nuit de lundi à mardi, la Nasa et Boeing ont fait le point sur l'avenir du vaisseau Starliner, dont le premier vol habité, en 2024, s'était soldé par un retour rocambolesque sans équipage. Le plan présenté marque une rupture de méthode : avant d'envisager de nouveau d'embarquer des astronautes, le véhicule spatial de Boeing devra faire ses preuves lors d'une mission inhabitée de validation.
Une reprise en deux temps
La première étape, baptisée Starliner-1, consistera en un vol cargo sans équipage vers la Station spatiale internationale. Il pourrait avoir lieu en décembre 2026 ou en janvier 2027. Cette mission doit servir d'évaluation technique : vérifier l'amélioration des conditions thermiques, recueillir les données nécessaires à la qualification du système et identifier les risques résiduels.
Le retour d'astronautes à bord est prévu avec Starliner-2 « d'ici 2028 », selon Jared Isaacman, administrateur de la Nasa. L'agence entend par ailleurs exercer ses options pour un cinquième et un sixième vol vers la station, et certifier avec Boeing et United Launch Alliance la fusée Vulcan, appelée à succéder à l'Atlas V une fois celle-ci retirée du service.
Cette commande de vols supplémentaires, plutôt inattendue, semble confirmer ce que l'on pressentait : la désorbitation de la Station spatiale internationale, actuellement fixée à janvier 2031 à l'aide d'un remorqueur spatial, serait repoussée de plusieurs mois, selon les scénarios les plus probables, voire de quelques années selon les hypothèses les plus spéculatives.
— Boeing Space (@BoeingSpace) September 28, 2026The uncrewed Starliner-1 mission is planned for the December 2026/January 2027 timeframe.
Together with @NASA, we're making Starliner hardware enhancements and adding resources for human spaceflight certification. These changes support the spacecraft as a long-term provider of… pic.twitter.com/ZjjZC4vsHo
Les leçons de 2024
Ce calendrier prudent découle des conclusions de l'enquête sur le programme, publiées en février. Le rapport a mis en évidence des problèmes à la fois techniques et programmatiques et formulé 61 recommandations adressées à la Nasa et Boeing.
Sur le plan technique, les propulseurs de contrôle d'attitude du module de service avaient fonctionné en dehors de leur domaine de qualification, ce qui a entraîné la perte de contrôle observée pendant l'essai en vol habité.
Starliner de Boeing : des difficultés techniques repoussent à nouveau son retour sur Terre
Initialement prévus pour un court séjour à bord de la Station spatiale internationale, les astronautes Suni Williams et Butch Wilmore pourraient désormais poursuivre leur mission jusqu'à la mi-août en raison des problèmes techniques rencontrés par le véhicule Starliner de Boeing. Cette prolongation soulève des interrogations quant à la fiabilité du véhicule spatial.... Lire la suite
Après des essais au sol et des analyses approfondies, la Nasa et Boeing ont attribué ces défaillances à une combinaison de facteurs liés à l'environnement thermique et des caractéristiques inhérentes à la conception.
Des correctifs en plusieurs étapes
Boeing a d'ores et déjà modifié le système thermique du module de service, la Nasa devant évaluer son efficacité lors de Starliner-1. Les deux partenaires ont également décidé de revoir la conception des vannes des propulseurs, afin de corriger l'extrusion du joint de clapet, qui dégrade les performances de poussée. Cette dernière modification ne sera toutefois achevée qu'après le vol de qualification. D'autres améliorations sont programmées : nouveaux propulseurs sur le module d'équipage, nouvelles batteries et ajustements mineurs du système de parachutes.
Dana Weigel, responsable du programme d'orbite terrestre basse de la Nasa, a souligné que la sécurité de l'équipage de la station et du public restait la priorité absolue. Elle a précisé que le système de propulsion serait testé au moyen d'objectifs de démonstration ciblés et de contrôles opérationnels rigoureux.
Un calendrier qui reste fragile
Le plan de retour en vol du Starliner reste soumis à plusieurs incertitudes. Outre le déroulement de Starliner-1, la certification du lanceur Vulcan (quatre vols à ce jour), devra aboutir en parallèle. Un retard sur l'un de ces jalons se répercuterait directement sur l'objectif de 2028. Pour Boeing comme pour la Nasa, Starliner-1 constituera donc un test décisif : celui d'un vaisseau, mais aussi d'une méthode de travail plus rigoureuse.
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