Léon XIV attendu dans la ferveur en France, entre sécurité XXL et défis pour l'Église

De la lutte contre les violences sexuelles à l'IA en passant par la crise migratoire, la défense de la vie et la paix en Europe, la visite du pape américain brassera un large éventail de thèmes, à sept mois de l'élection présidentielle française, pour laquelle l'extrême droite apparaît en position de force.
La visite pontificale - la première de cette ampleur depuis celle de Benoît XVI en 2008 - suscite un fort intérêt populaire et médiatique, à l'image du budget titanesque de 27 millions d'euros et des milliers de forces de l'ordre déployées sur les trois étapes à Paris, Lourdes (sud-ouest) et Metz (nord-est).
Regain de visibilité
Alors que les débats sur la laïcité restent vifs, l'Église catholique, affaiblie par des décennies de sécularisation qui ont réduit à trois millions le nombre de pratiquants réguliers, bénéficie néanmoins d'un regain de visibilité. En témoignent la hausse du nombre de baptêmes d'adultes depuis cinq ans (+28% en 2026), un dynamisme indéniable dans certains quartiers populaires et un engouement nouveau pour les pèlerinages et grands rassemblements.
Dans l'Hexagone, auquel il est lié par ses racines - sa grand-mère paternelle est née au Havre - le pape de 71 ans, au style plus sobre que son charismatique prédécesseur argentin François, sera accueilli avec les honneurs : les cloches des églises de tout le pays sonneront pendant sept minutes vendredi à 10H00, lors de son arrivée à l'aéroport de Paris-Orly.
Un rythme effréné l'attend ensuite : rencontre avec Emmanuel Macron au palais présidentiel de l'Elysée, discours à l'Unesco, déambulation en papamobile en plein coeur de la capitale, vêpres à Notre-Dame et grande veillée avec 80.000 jeunes au stade de France, pour laquelle les billets se sont arrachés en une demi-heure.
600.000 fidèles attendues sur la place de la Concorde
Place de la Concorde, un immense autel a déjà été dressé pour la messe de samedi qui devrait rassembler plus de 600.000 fidèles, massés également sur les Champs-Elysées, dans la lignée des gigantesques rassemblements ayant marqué les huit visites de Jean-Paul II entre 1980 et 2004.
La lutte contre les violences sexuelles devrait dominer l'étape à Lourdes, deuxième lieu de dévotion catholique au monde après Rome, et la rencontre privée avec sept victimes est déjà particulièrement scrutée, sur fond de critiques des collectifs non reçus.
Pour la venue du pape, qui célèbrera une messe géante sur la prairie du Sanctuaire, la basilique aura recouvert toutes les mosaïques du prêtre slovène Marko Rupnik, accusé d'agressions sexuelles.
La dernière étape lundi à Metz, où le concordat signé par Napoléon Ier en 1801 reste en vigueur, aura une tonalité plus diplomatique : les chefs d'Etat et de gouvernement des 26 autres pays de l'Union européenne ont été invités à assister au discours du pape sur l'Europe et la paix, dans un contexte de dégradation des relations transatlantiques et de guerre en Ukraine.
Des Belges attendus
Si aucun politique belge n'est annoncé, sur le plan religieux, Mgr Fabien Lejeusne, évêque de Namur et Mgr Jean-Pierre Delville, évêque de Liège, ont confirmé leur présence lors de la messe célébrée à Metz. Mgr Luc Terlinden s'y rendra également, en tant que président de la Conférence épiscopale belge.
De nombreux belges sont aussi attendus pour cette journée proche de la frontière, selon le site Cathobel.
Contrairement à Marseille en 2023, le président français n'assistera à aucune messe, mais sera représenté par le Premier ministre Sébastien Lecornu, ainsi que par son épouse Brigitte Macron à Paris, a précisé la présidence mardi à la presse.
Enfin, le voyage papal aura également un petit accent belge puisque les 200 chasubles et mitres que porteront les évêques lors des célébrations de Paris et Metz ont été confectionnées à Bruges.
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