Crise du logement en Espagne: des manifestants occupent une place du centre à Madrid

En Espagne, Maricarmen Abascal, 87 ans est devenu un symbole de la crise du logement. Et les mobilisations à la suite de son expulsion de son logement madrilène se succèdent. Depuis samedi 26 septembre dans la soirée, des manifestants occupent une place de la capitale.
Publié le :
2 min Temps de lecture
Avec notre correspondant à Madrid, François Musseau
L’expulsion de Maricarmen de son appartement où elle vivait depuis sept décennies a provoqué un séisme social et politique dans tout le pays. À la Puerta del Sol de Madrid, des centaines de personnes campent pour protester contre l’éviction de cette octogénaire par des spéculateurs immobiliers. Et pas seulement pour se montrer solidaire, mais aussi et surtout pour exiger des autorités des mesures concrètes pour que ce genre d’expulsion soit interdit par la loi.
Plus tôt samedi, des milliers de personnes ont défilé samedi à Madrid pour protester et réclamer une meilleure protection pour les locataires. Les autorités ont estimé à environ 25 000 personnes la participation à la manifestation en journée, tandis que les organisateurs ont avancé le chiffre de 300 000.
Les locations touristiques de courte durée telles qu'Airbnb et les fonds d'investissement sont accusés de faire monter les prix et de réduire l'offre de logements disponibles pour les résidents. Les militants réclament des contrats de location à vie, de fortes restrictions sur les augmentations de loyers et sur les locations d'appartements touristiques, ainsi qu'une augmentation massive des investissements dans le logement public.
À écouter aussiGrand Reportage - Espagne : le logement, enjeu national
« Le gouvernement travaille d'arrache-pied », assure Pedro Sanchez
Le Premier ministre espagnol Pedro Sanchez a assuré dimanche à Maricarmen Abascal que son gouvernement travaillait « d'arrache-pied » pour présenter un texte de protection des locataires lors du prochain conseil des ministres, mardi. « Maricarmen, j'ai un message pour toi. Le gouvernement travaille d'arrache-pied pour présenter mardi prochain le décret-loi royal sur le logement. Et je demande aux groupes parlementaires de faire un dernier effort pour qu'il soit validé au Parlement national », a déclaré le dirigeant lors d'un meeting organisé par le Parti socialiste en vue des prochaines élections municipales et régionales, en 2027.
Les formations plus à gauche voient que leur électorat s’indigne aux côtés de Maricarmen et réclament sans tarder des mesures drastiques comme le plafonnement des loyers, des limitations mises aux fonds d’investissement et l’accélération de la construction de nouveaux logements. Avec le conseil des ministres de ce mardi, on en saura plus.
Un projet de loi similaire avait été rejeté plus tôt cette année, bien que le cas de Maricarmen Abascal ait accru la pression sur les partis politiques pour qu'ils agissent.
À lire aussiEspagne: l'île d'Ibiza face à une crise de logements sans précédent
KioskNews shows a cleaned-up reading view extracted from the publisher’s page — the original always lives on their site, not ours.