La communauté universitaire réclame un meilleur financement aux partis politiques

Des syndicats de professeurs et des associations étudiantes de 16 universités québécoises se sont mobilisés mardi à travers la province pour demander aux partis politiques une hausse du financement accordé au réseau.
À l'Université Laval, des organisations syndicales et la Confédération des associations d'étudiants (CADEUL) ont dénoncé que les questions qui touchent les universités n'aient pas retenu l'attention depuis le début de la campagne électorale.
Ils croient que les établissements d’enseignement supérieur souffrent d'un sous-financement chronique
. Plus tôt dans la campagne, la direction de l’Université Laval avait elle aussi exhorté les partis politiques à s’engager envers les universités.
On calcule toujours en fonction du nombre d’étudiants et d’étudiantes que nous avons et on veut que cesse le financement sur le dos de jeunes qui vivent déjà une précarité financière et alimentaire criante
, a affirmé la présidente du Syndicat des chargées et chargés de cours de l’Université Laval, Élisabeth Cyr.
On veut un financement et un investissement pérennisés et prévisibles pour permettre aux universités de s’épanouir et d’accomplir leur mission pour le bien commun : l’éducation supérieure au Québec.

Élisabeth Cyr, présidente du Syndicat des chargées et chargés de cours de l’Université Laval
Photo : Radio-Canada / Gabriel Paré-Asatoory
La recherche universitaire en danger?
Le président du Syndicat des professeurs et professeures de l’Université Laval, Maxime Coulombe, s’inquiète des répercussions de la rareté des fonds publics sur la recherche.
Plus on devient dépendant du financement privé ou extérieur, plus la capacité à mener une recherche neutre, indépendante et capable de faire avancer des champs de la recherche qui ne sont pas dépendants du marché devient remise en question
, estime le professeur d’histoire.

Maxime Coulombe, président du Syndicat des professeurs et professeures de l’Université Laval (Photo d'archives)
Photo : Radio-Canada
Le Québec et le Canada ont la chance d’être un des endroits au monde où il y a le plus d’étudiants postsecondaires qui ont obtenu un diplôme. Je pense qu’il faut être fier de ce statut-là
, affirme-t-il.
C’est un statut qu’il faut préserver et non pas menacer.
La CADEUL exige un gel des frais de scolarité
La CADEUL craint pour sa part que le manque à gagner des universités ne soit refilé aux étudiants.
La loi qui encadre actuellement l’indexation des frais de scolarité arrive à échéance en décembre 2026
, souligne sa présidente, Coralie Duchesneau.
C’est donc maintenant qu’il faut décider de la suite. Pour la CADEUL, la position est claire : nous demandons le gel des frais de scolarité et un financement public adéquat de nos établissements
, martèle l’étudiante en travail social.
Plus tôt mardi, Québec solidaire a promis de s’attaquer à la précarité étudiante et de réduire la facture des frais de scolarité à l’université.
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