Android dit non à l’Union européenne : Google refuse d’ouvrir l’OS à ChatGPT et Claude

Votre prochain téléphone Android devait vous laisser convoquer ChatGPT ou Claude à la voix, comme Gemini aujourd’hui. Google a saisi la justice européenne pour que ce jour n’arrive pas de sitôt.
Depuis le 16 juillet, deux décisions de la Commission européenne imposent à Google d’ouvrir Android aux assistants IA concurrents et de partager ses données de recherche, au titre du DMA, le règlement européen sur les marchés numériques. Ce mardi 29 septembre, l’entreprise a annoncé contester les deux textes devant le Tribunal de l’Union européenne, à Luxembourg. Le recours décidera de votre liberté de remplacer Gemini par l’assistant de votre choix.
ChatGPT au bouton, Claude à la voix : l’Android que Bruxelles exige
La décision Android, adoptée après six mois d’instruction, contraint Google à ouvrir onze fonctions du système aux assistants concurrents. Un appui long sur le bouton d’accueil pourra réveiller un autre service que Gemini, et chaque éditeur pourra définir son propre mot d’activation, l’équivalent du « Hey Google » maison. Les assistants tiers obtiendront aussi l’accès au contexte de vos applications, à l’automatisation d’actions à l’écran, aux modèles embarqués comme Gemini Nano et à l’exécution en arrière-plan. L’essentiel doit arriver avec Android 18, au plus tard le 1er août 2027 ; l’écoute simultanée de plusieurs mots d’activation attendra Android 19, à l’été 2028. Les accès les plus sensibles passeront par un programme de certification, dont les conditions définitives sont attendues pour le 1er mai 2027.
Google refuse d’ouvrir ces portes et met la sécurité en avant. Confier à des applications tierces un micro toujours actif, la lecture de l’écran et des automatisations système reviendrait, d’après ses équipes, à « saper le modèle de sécurité fondamental d’Android ». La firme brandit aussi le risque d’injection de commandes : des instructions cachées dans une page ou un document, qui détournent un agent IA sans que son propriétaire ne s’aperçoive de rien.
Vos recherches, l’autre trésor que Google ne veut pas céder
La seconde décision touche à plus intime encore : vos requêtes. À partir de janvier 2027, Google devra fournir aux moteurs concurrents, chatbots IA compris, ses données de recherche anonymisées (requêtes, clics, classements), à prix encadré, dès lors que le demandeur dépasse 50 000 utilisateurs européens par mois. L’entreprise plaide que ces données racontent nos vies, « des préoccupations de santé à l’intimité », et qu’un partage mal protégé causerait un « préjudice irréparable » à la vie privée des utilisateurs.
Bruxelles oppose ses garde-fous : anonymisation des données, consentement explicite de l’utilisateur pour les accès sensibles, conservation limitée à treize mois et audits indépendants imposés aux bénéficiaires. Le 23 juillet, la Commission a déjà infligé 890 millions d’euros d’amende à Google pour deux manquements distincts au même règlement. Ignorer les décisions de juillet exposerait cette fois l’entreprise à des sanctions pouvant atteindre 10 % de son chiffre d’affaires mondial.
En attendant les juges, rien ne bouge sur votre écran : Gemini reste seul à décrocher quand vous pressez le bouton, et le calendrier fixé par Bruxelles n’a pas varié à ce stade. Si la Commission tient bon, votre Android devra faire de la place aux assistants rivaux d’ici à l’été 2027. Si Google l’emporte, l’assistant de votre fidèle téléphone restera ce qu’il est aujourd’hui : préinstallé, exclusif et non négociable.
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