« On n’avait pas cette culture de la sécurité », Michel-Édouard Leclerc patauge en direct après le piratage des frigos des supermarchés
Invité de CNews ce 14 octobre, le patron des centres E.Leclerc est revenu sur la cyberattaque qui a visé les systèmes de froid des supermarchés. Et son propos est un poil inquiétant.
Quoi de mieux que d’aller sur le plateau de CNews quand on s’emmêle les pinceaux ?
Ce 14 octobre, Michel-Édouard Leclerc, président du comité stratégique des centres E.Leclerc, était l’invité de la matinale de Laurence Ferrari pour revenir, entre autres, sur la cyberattaque qui a frappé la grande distribution en début de semaine.
Dans la nuit du dimanche 11 au lundi 12 octobre, des hackers ont pris la main à distance sur les boîtiers de régulation du froid de centaines de magasins U, Intermarché, Monoprix, Carrefour et E.Leclerc.

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Un piratage de ces équipements, fabriqués notamment par Danfoss et Dixell, qui a permis de faire grimper les températures jusqu’à 50 °C dans certains cas, provoquant la perte de tonnes de marchandises.
Pendant près de deux minutes, le dirigeant est revenu sur cette affaire sans trop sembler savoir où il allait, en dressant un constat encore plus inquiétant que prévu.
— CNEWS (@CNEWS) October 14, 2026
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Un aveu en direct
Si Michel-Édouard Leclerc a commencé par remercier ses équipes qui ont retiré très vite la marchandise avariée, en assurant que les chambres froides et les rayons frais fonctionnaient de nouveau, la suite de son propos s’est révélée nettement plus confuse.
Relancé sur le fait que les logiciels attaqués n’avaient pas été mis à jour, un point sur lequel l’ANSSI a publié une alerte la veille, il s’est lancé dans un aveu difficile à entendre. « C’est le fait d’être connecté. On travaille beaucoup sur la sécurité des fichiers clients, de la relation client, des comptes bancaires […] la gestion des frigos, ça nous semblait pas… je le dis tout simplement […]. On n’avait pas cette culture de la sécurité », a-t-il reconnu, dans une réponse où se sont entremêlés une remarque sur « les jeunes » qui, « eux, sont connectés » et l’idée que ce type d’attaque peut « déstabiliser, déstructurer » la société civile.

Le dirigeant a pourtant lui-même mis le doigt sur le problème en rappelant que la gestion des frigos comme celle des éclairages était « déléguée ». Ce qui a sûrement péché ici, c’est justement la vérification de toute la chaîne de sécurité des prestataires et sous-traitants à qui sont confiés ces équipements connectés, et dont les failles deviennent mécaniquement celles des enseignes. Un point déjà soulevé la veille par Dominique Schelcher, PDG de Coopérative U.
« Salopards » et puissances étrangères
Après avoir qualifié les hackers de « salopards », des « racketteurs , Michel-Édouard Leclerc a avancé une hypothèse plus discutable. « On ne sait pas s’ils interviennent pour eux-mêmes, pour racketter ou pour des puissances étrangères », a-t-il lancé. Une piste étatique pour le moins prématurée, alors que l’attaque a visé des boîtiers pilotés depuis une simple interface web, dont les logiciels n’avaient pas été mis à jour, une faille qui ne nécessite pas forcément des moyens hors normes pour être exploitée.
Pour l’heure, aucune information n’a été communiquée sur l’identité des attaquants ni sur d’éventuelles revendications, et c’est la section cybercriminalité du parquet de Paris, saisie de l’enquête, qui devra faire la lumière sur cette attaque.
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