Maria Corina Machado, visage et âme de l’opposition, annonce son retour au Venezuela
Surnommée la “libératrice” par ses partisans, Maria Corina Machado, Nobel de la paix 2025 et cheffe de l’opposition, a annoncé dimanche son retour au Venezuela, après près d’un an d’exil.
MB
Source: AFP
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Avec la volonté affichée de mener le pays vers la démocratie et d’en être la première présidente, Mme Machado, 60 ans, est devenue la personnalité politique la plus populaire du Venezuela. Elle est l’âme de l’opposition et suscite une ferveur quasi religieuse parmi ses sympathisants.
Parfois critiquée pour ses idées libérales, proches de mouvements de droite comme Vox en Espagne ou du président argentin Javier Milei, elle s’est montrée constante depuis ses débuts en politique.
Ingénieure de profession et mère de trois enfants, Maria Corina Machado a entamé son parcours politique en 2002 avec la création de l’association Sumate (Rejoins-nous), réclamant un référendum pour révoquer le président Hugo Chavez (1999-2013).
En 2012, alors députée, elle avait apostrophé le chef de l’Etat, déclarant qu’”exproprier, c’est voler”.
Sa notoriété a explosé aux primaires de l’opposition en octobre 2023, lors desquelles elle a recueilli plus de 90 % des voix.
Réputée franche et sans demi-mesure, Mme Machado promet “le changement” et des élections libres au Venezuela.
“La Libertadora”
Celle qui a gagné le surnom de “Libertadora” (“libératrice”) - en référence au “libertador” de l’Amérique latine Simon Bolivar - a été déclarée inélégible par le pouvoir sous Nicolas Maduro (2013-2026).
Elle conduira néanmoins la campagne de l’opposition à la présidentielle de juillet 2024, soutenant Edmundo Gonzalez Urrutia, ambassadeur inconnu, qui accepte de la remplacer au pied levé.
En jean et chemise blanche, l’opposante parcourt alors le pays comme une rock star, ralliant les foules et générant des réactions passionnées : cris, pleurs et bousculades accompagnent ses apparitions.
C’est elle encore qui appelle ses partisans à recueillir les procès-verbaux de chaque bureau de vote lors de la présidentielle de juillet 2024, pour “prouver” la victoire de l’opposition.
Le président Maduro est proclamé vainqueur par une autorité électorale considérée comme étant aux ordres du pouvoir, sans que les résultats complets du scrutin soient publiés.
S’ensuivent des manifestations post-électorales et une intense répression politique.
Mme Machado choisit la clandestinité, quand Edmundo Gonzalez Urrutia est contraint de s’exiler en septembre 2024.
Désillusion
L’opposante a quitté clandestinement le Venezuela, dans des conditions dignes d’un thriller américain, pour recevoir son prix Nobel à Oslo en décembre 2025.
Ceux qui espéraient son retour rapide au pays - une fois Nicolas Maduro capturé par les forces américaines en janvier dernier - ont déchanté : après un bref séjour aux États-Unis, elle s’est installée au Panama.
Bien que Washington le réfute, de nombreux observateurs estiment que le retour de l’opposante s’est heurté à un veto américain.
Elle a eu beau offrir son prix Nobel à Donald Trump, l’occupant de la Maison Blanche s’est plusieurs fois félicité du travail de la présidente par intérim Delcy Rodriguez.
Mme Machado a tenté au moins à sept reprises de retourner dans son pays, en vain, selon des sources de son parti Vente Venezuela.
“Jusqu’au bout !”
L’opposante prône une économie de marché. Elle a proposé la privatisation du géant public pétrolier Petroleos de Venezuela (PDVSA), principale source de revenus du pays dont la production s’est effondrée, en raison de la mauvaise gestion et de la corruption.
Elle a par ailleurs récemment critiqué l’accord pétrolier historique avec les États-Unis signé par Delcy Rodriguez, à la tête selon elle d’un “régime illégitime”, et appelé de ses vœux un “gouvernement élu par le vote populaire”.
Maria Corina Machado n’a pas été invitée à participer au dialogue entre l’opposition et le pouvoir, voulu par Washington. Mais elle a assuré qu’elle n’entravera pas le processus.
En attendant son heure, elle répète ses leitmotivs : remettre le Venezuela sur les rails de la croissance et de la démocratie et “ramener nos enfants à la maison”, alors que selon l’ONU quelque huit millions de Vénézuéliens ont quitté le pays depuis 2014 en raison de la crise.
Elle se veut fidèle à son ancien slogan de campagne : “Aller jusqu’au bout”.
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