Les lycéens solidaires manifestent pour dénoncer leurs conditions d'étude

Ce mardi 6 octobre est marqué par une nouvelle journée de mobilisation à l'échelle nationale dans la lignée de la contestation initiée par les lycéens. Les syndicats lycéens appellent aujourd'hui à un acte 3 de leur mouvement de protestation. Ils réclament plus de moyens humains et matériels pour leurs établissements, dénoncent l'insalubrité des bâtiments, des classes surchargées et un manque de personnel. À Paris, le cortège doit s'élancer à partir de 14 heures de la place de la République. De nombreux lycéens vont prendre part à cette manifestation.
Lyna est en classe de terminale, mobilisée depuis une semaine devant son établissement. Cette manifestation est l’occasion de partager ses revendications avec d’autres lycéens. « En vrai, j’ai hâte parce que c’est important aussi qu’on se soutienne les uns les autres, qu’on montre qu’on est ensemble, qu’il n’y ait pas de divisions », souligne-t-elle.
Faire cause commune, c’est aussi ce qui motive Neva, 16 ans et pleine d’espoir. « Je ne vais pas vous mentir, je suis surtout excitée. J’ai hâte, admet-elle. En fait, il y a beaucoup de joie dans cette mobilisation et c’est très beau à voir, très touchant et c’est vraiment agréable de voir tous ces jeunes qui se mobilisent pour leur futur et le futur des autres. »
À ses côtés, Eva acquiesce. Scolarisée dans un lycée favorisé, elle ne va pas manifester pour elle, mais en solidarité avec les lycéens des quartiers populaires. « Je ne peux pas me sentir aussi légitime que ceux qui ont des rats, de l’amiante, des plafonds qui tombent, etc. Mais c’est avant tout un mouvement pour les autres, pointe-t-elle, et je trouve ça aussi très beau que les gens se mobilisent avant tout pour les autres, même quand ils sont plus ou moins concernés par ces enjeux. »
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« C’est notre moyen de nous faire entendre, de dire ce qu’on a à dire »
Participer à une manifestation est l’une des seules façons de se faire entendre pour ces jeunes, dont beaucoup n’ont pas encore l’âge de voter. C’est le cas de Lyna. « Moi, par exemple, je vote aux prochaines élections. Du coup, je me dis que c’est un petit peu le moment de commencer à s’intéresser à la politique, à ce qui se passe dans mon pays », s'exclame la lycéenne. Manifester, « c’est notre moyen de nous faire entendre, de dire ce qu’on a à dire, de montrer qu’on est là, poursuit-elle, et de dénoncer d’autres choses qui se passent en France, qui ne nous plaisent pas en tant que jeunes, en tant que la future génération. »
Pour nombre d’élèves comme Neva, cette manifestation sera une première. Alors depuis plusieurs jours, elle suit attentivement les préparatifs. « On est dans des groupes de discussion, on organise des assemblées générales pour se réunir. Les représentants de chaque lycée se retrouvent, on essaie de parler avec les principaux des lycées, etc., liste-t-elle. On fait des pancartes, on fait des banderoles. Oui, il y a une vraie préparation en fait pour ce genre de mobilisation. »
Si la motivation est là, certains redoutent un dérapage de la manifestation, des cas de violences policières. « Je ne vais pas vous dire qu’on n’a pas peur. On a peur. Quand on voit des flics, on est à l’affût, on fait attention », dénonce-t-elle.
Alors, en plus de son mégaphone et de sa pancarte, Lyna aura dans son sac une petite trousse de secours avec tout le nécessaire en cas de besoin. Sa mère lui a aussi donné quelques conseils : « Les règles de base : quand tu vois que ça s’agite trop, tu pars. Il ne faut pas rester en retrait, faut pas rester seule. Tu ne prends pas de risques, mais tu montres que tu es présente, que tu te mobilises. » Des recommandations qui rassurent un peu Lyna. Mais ce qui la motive réellement, dit-elle, c’est de savoir que sa mère la soutient pleinement dans ses revendications.
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