Kraken : le film d’horreur français tellement sauvage qu’il fait déjà s’évanouir les spectateurs
Il n’y a rien de plus rentable pour une campagne marketing d’horreur qu’un spectateur qui flanche dans le noir. Lors de sa projection au Grand Rex, le film Kraken a fait évacuer deux personnes en pleine séance. Une aubaine commerciale pour un film de genre français.
Sortir une ambulance devant un cinéma reste le plus vieux truc du monde, mais il continue de fonctionner à merveille. Alors que la sortie nationale de Kraken est calée pour la fin du mois, cette avant-première parisienne vient de donner à la production son meilleur argument de vente.
L’avant-première s’est tenue ce lundi 15 septembre au Grand Rex, en présence de toute l’équipe du film. La sortie nationale, elle, est fixée au 30 septembre 2026.
La promesse initiale du métrage s’affichait déjà sans complexe sur les posters : livrer une pépite d’angoisse ultra-tendue capable de rivaliser avec le succès de Vermines. Mission accomplie sur le plan comptable, puisque l’apnée du public s’est soldée par deux spectateurs pris en charge par la sécurité au milieu des fauteuils rouges au Grand Rex (grand cinéma parisien), selon une publication sur le compte Instagram punchlines_officiel. « Deux spectateurs ont dû être évacués : deux malaises pour une seule projection. On ne pouvait pas rêver meilleure teasing ».
L’intrigue s’inscrit pourtant dans une mécanique de huis clos urbain archi-classique. On suit une poignée de jeunes piégés dans les couloirs glauques d’un immeuble désaffecté au cœur d’une cité, pendant qu’une entité monstrueuse élimine les occupants étage par étage. Rien d’inédit sur le papier, mais l’exécution semble appuyer là où ça fait mal sans s’embarrasser des pudeurs habituelles du cinéma français.
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Du sang, des hurlements et Gazo pour Kraken
La grande curiosité du projet reposait sur les premiers pas de comédien du rappeur Gazo, propulsé au milieu d’un casting composé notamment de Manon Bresch et d’Alassane Diong. La réalisation ne lui fait visiblement aucun cadeau, l’artiste sert de viande fraîche à une créature qui charcute à tour de bras. Ce penchant assumé pour le gore décomplexé et les sursauts brutaux transforme cette tour d’habitation en véritable abattoir.
Gazo n’est pas le seul rappeur à tenter l’aventure : son comparse La Mano 1.9 fait lui aussi ses premiers pas de comédien dans Kraken. Le duo rejoint une petite tradition d’artistes du rap français passés devant la caméra, de Sofiane « Fianso » à Kaaris en passant par Orelsan.
Cette violence frontale rappelle à quel point le cinéma d’épouvante hexagonal cherche désormais à s’affranchir de son étiquette d’élève trop sage. En combinant les codes du slasher américain à la réalité visuelle des grands ensembles, le duo Mohamed Chabane et Théo Jourdain Rhodes vise l’efficacité brute plutôt que la subtilité psychologique.

L’évanouissement comme tampon de validation marketing
Dans l’industrie du frisson, le malaise en salle fait office de médaille de valeur. Depuis des décennies, de L’Exorciste à Grave, voir un spectateur tourner de l’œil constitue le graal absolu pour les distributeurs en manque de budgets publicitaires. Cet incident au Grand Rex offre ainsi à Kraken une couverture médiatique inespérée avant même son arrivée officielle sur les écrans.
Difficile de dire, avant la sortie nationale, si Kraken tiendra sur la longueur ou s’il se résume à une succession de scènes gore pensées pour faire réagir la salle. Une suite dépendra surtout des entrées après la sortie nationale, fixée au 30 septembre.
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